écriture - voix/scène

"Ceux qui ont de l'oreille" peut vouloir signifier "ceux qui ont le sens de la langue où ils sont nés à eux-mêmes avant toute signification".
Pascal Quignard – Lycophron et Zétès


continuer mes notes sur ce que je découvre. et de ce qui est pour moi nouvelle dimension, nouveau champ.

pour quelle raison je fais cela ? parce que cela dit ce que je suis
(réponse librement inspirée par Philip Glass)
c'est effectivement histoire d'existence.

je sais que je vais prendre liberté plus grande encore. que c'est là qu'elle se joue pour moi désormais.
que tout cela c'est aussi histoire du déploiement de cette liberté et résistance. et, plus qu'affirmation, chose vécue là, pleinement, simplement, de plus en plus intensément et nécessairement. et tant pis pour le reste.

quelque chose qui va se faire. oui. étape par étape.

peu à peu me dégage de tout autre boulot, pour centrer l'énergie enfin uniquement vers ce travail de lang, écrite, parlée.

tiens d'ailleurs, note retrouvée du 15 juillet 2008 (vers lyon). m'étonne toujours que les choses soient déjà là :
et c'est maintenant
je sais que ma vie n'est plus qu'à écrire. c'est ainsi. plus qu'avant.
c'est maintenant.
écrire et scène
scène mettra le temps qu'il faut mais route irréversible maintenant. j'ai chemin là dedans.
c'est de l'ordre de l'appel physique, sensation d'une poussée. bourrée à craquer de liberté. du potentiel tout là qui ne demande qu'à s'étoffer, se préciser, exploser.
je ne l'explique pas. c'est là. juste là. impérieux

peut-être évolution de la criture vers le live, le son, le rythme ?…
ne serait-ce pas un hasard d'aller vers ça ? vers ce qui est toujours travail de lang, mais langue sonore, parlée, passée au corps…

je bosse, bosse, me nourris, "cannibalise" : une moyenne de 7 à 8 concerts par semaines ces temps-ci (live, vidéos)

à écouter mon petit mp3 pendant voyage, et que pays défilent derrière les fenêtres des trains... ou, ce que j'aime par dessous tout, à écouter en me concentrant avant scène... m'imprégner de la musique des autres, avant de tenter de partager la sienne propre.

toujours cette sorte de peur, et de doute, entre les périodes de travail scénique, dans les périodes où nous ne sommes pas en répèt, et que j'accumule juste comme une sorte de "savoir" instinctif en regardant, écoutant, intégrant, s'exerçant à reproduire, comprendre et sentir ce que produisent les autres.
et puis dès que rentrés dans les répèt ou journée précédant la scène, la peur et le doute disparaissent, car l'énergie est enfin utilisée, engagée, dépensée, investie.
reste alors juste cette angoisse au début du jour de scène. lorsque absolument tous les actes et gestes de la journée sont dirigés, centrés vers le moment de jouer. cette peur non pas juste avant d'entrer sur le plateau, mais 5, 6 heures avant… puis qui s'estompe peu à peu pour laisser place à un étrange calme et concentration. où l'énergie, ce qui est su vraiment, ce qui est véritablement rentré dans les gestes et le corps de ce que nous avons travaillé, est ce qui reste. et c'est avec ce reste-là que nous allons jouer.