<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
  xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
  <title>Refonder</title>
  <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?</link>
  <atom:link href="http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?feed/rss2" rel="self" type="application/rss+xml"/>
  <description>blog notes d'écriture</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 20 May 2013 18:39:23 +0200</pubDate>
  <copyright>© fred griot</copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>sur Sonalitté - Poésie à l'écoute : Fred Griot</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/05/20/sur-Sonalitte-Poesie-a-l-%C3%A9coute-Fred-Griot</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:58c2034111072ef4dc528e6645636d7a</guid>
    <pubDate>Mon, 20 May 2013 20:36:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>plateau</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.sonalitte.be/index38.html&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/.sonalitte_logo9_s.jpg&quot; alt=&quot;sonalitte_logo9.jpg&quot; title=&quot;sonalitte_logo9.jpg, mai 2013&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
c'est à &lt;a href=&quot;http://www.sonalitte.be/index38.html&quot;&gt;écouter ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>sans titre, pas besoin</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/05/17/sans-titre-pas-besoin</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7becc32a6822c32b0c3a50f9f39e39bb</guid>
    <pubDate>Sat, 18 May 2013 12:40:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;04.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
beau temps tiède, le ciel voilé passe peu à peu du blanc au bleu.&lt;br /&gt;
fatigué profondément, mais pas de cette fatigue saine, délassée, que l’on peut avoir comme après une longue marche. plutôt une fatigue d’usure, de celle qui génère l’énervement vis à vis de toutes choses «&amp;nbsp;à faire&amp;nbsp;», de tout ce qui demande effort non consenti, de tout ce qui ne roule pas sans petits accrocs, même mineurs, fluidement, accompagnée d’une fébrilité sensible, légère mais toujours suffisamment lourde à porter… difficile alors de laisser couler, même en ayant conscience que ce serait l’attitude à adopter…&lt;br /&gt;
après m’être débarrassé des tâches triviales, récurrentes, nécessaires, domestiques, aller courir puis se poser dans l’herbe du parc, assouplissements, relaxation, rêvasser.&lt;br /&gt;
au soir, le calme arrive enfin, prendre une soirée pour soi, de confort, de soin de soi, se poser, se reposer, long bain, lecture, bon repas… sans se faire emmerder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;05.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
le soleil perce au travers de gros cumulus sombres.&lt;br /&gt;
méditation torse nu pour la première fois de l’année.&lt;br /&gt;
c’est l’un des toutes premières fois également où j’arrive à me détacher, me décrocher d’une pensée fixe, par décision, et à passer à autre chose, à méditer, en laissant couler.&lt;br /&gt;
c’est sans doute important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fatigue, et pourtant je n’arrête pas de la journée, alors que je voulais ne rien faire aujourd’hui, m’abandonner un peu, et c’est tout le contraire qui se passe. 3 h sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, puis l’entretien de la baraque, et du jardin…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la génétique et la personnalité dont on a héritées&amp;nbsp;: si l’on en n’est pas satisfait, il faut alors s’adresser à ses ancêtres. et c’est peut-être par là, par la reconnaissance d’où l’on vient, préalablement, que l’on peut, ensuite seulement, agir dessus, en bonne partie, en moduler les traits, les effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au soir, fatigue puissante, mais j’ai dû en dépasser le seuil, puisque je n’arrive plus à me reposer, la cervelle étant dans une sorte d’usure énervée, une excitation abrasive. le sommeil ne vient pas, je me relève aux alentours d’une heure du mat, les yeux pochés, écris un peu, fait même quelques corrections encore dans &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;… et je sais que je vais souffrir demain matin au réveil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;06.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
matinée de repérage sur les toits&amp;nbsp;: la ville autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je ressens, de plus en plus, peu à peu, un très léger décalage, léger mais bien présent, ancré, pugnace même, avec la plupart de ce que je lis d’écrit aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en fin d’aprem aller continuer à bosser au café, sur la dernière terrasse du quartier qui prend le soleil parce que, exposée à l’ouest et devant une large place, il a tout le temps de descendre longuement sans être trop tôt occulté par le bâti, les immeubles. à 19 h il «&amp;nbsp;tape&amp;nbsp;» encore, et éblouit largement, violemment (on garde les paupières plissées), il doit conserver ici pas loin de 10 degrés supplémentaires par rapport aux zones d’ombres, et l’on est amené à tomber la veste. écrire cela en même temps que je le vis… je ne suis pas venu me poser ici pour écrire, mais c’est comme si, dans vivre, écrire était une des «&amp;nbsp;(pré)occupations&amp;nbsp;» premières. &lt;br /&gt;
mais basta, laisser faire aussi, laisser tomber, laisser être, soi, les choses, sans noter, et fermer le texte un moment. juste regarder passer, soi, les choses, les gens, le temps… le soleil lentement…&lt;br /&gt;
—&amp;nbsp;écrire serait-ce alors, a contrario, ne rien laisser passer&amp;nbsp;?&amp;nbsp;—&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;07.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: l’énergie énorme, folle, que demande la construction d’un livre, d’un propos, d’un discours qui tourne rond, et clair.&lt;br /&gt;
ai fini la relecture, l’une des relectures seulement, de la partie 2&amp;nbsp;: 4 jours pour cette partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;07.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
longue méditation (pratique quotidienne,&amp;nbsp; sans exception aucune, depuis 6 ou 7 ans) dans la tiédeur après la pluie du matin. les oiseaux. &lt;br /&gt;
puis le ciel à nouveau s’obscurcit. la lumière s’estompe sur le bureau. les ombres disparaissent. il subsiste juste une lueur grise d’éclipse. la pluie arrive, une onde, une ondée, une nappe de froissements dans les feuillages, brève.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: j’avance à un rythme de croisière et puis parfois ma moyenne chute d’un coup, je me traîne alors soudain à 2 à l’heure, lorsque j’achoppe sur un mot, une phrase, un paragraphe, que je tombe sur un os, et le ronge alors désespérément. &lt;br /&gt;
après 5 h de travail continu, j’ai fini, enfin, de relire la partie 3 puis l’épilogue, et donc par conséquence l’ensemble du volume. &lt;br /&gt;
8 jours pour cette relecture-là. et 60 jours de travail sur l’ensemble quasi quotidiennement, après la phase de murissage et de nourrissage débutée en mai 2012 (les premiers mots posés, juste deux ou trois, sont du 13 mai), il y a donc quasiment 1 an jour pour jour. &lt;br /&gt;
lessivé, je me suis peut-être rarement autant cravaché, arraché, sauf peut-être pour &lt;em&gt;la plui&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
et comme souvent, je finis la séance de travail vers 16 ou 17h, sans avoir encore à peine mangé…&lt;br /&gt;
maintenant laisser reposer… le manuscrit, comme le bonhomme… quelques temps, pas mal de temps.&lt;br /&gt;
ensuite, plus tard, tenter de lire, relire cela, comme si c’était la toute première fois, que je découvrais alors le ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;je continue à recevoir des retours, écrits, sur ce journal, comme sur d’autres volumes… des lecteurs qui prennent cette peine, touchante, de prendre la plume…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;09.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;presque comme un appel d’air, un vide étrange de ne pas écrire aujourd’hui, de ne pas travailler. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commencé à écrire, plus vieux textes retrouvés, j’avais huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;départ demain pour Bruxelles, retrouver les copains, jouer avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’ai abandonné la pauvre nécessité de vivre. Je vis sans elle.&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
Ta vie s'achèvera par ta mort, mais pour toi elle s'est achevée par ta vie.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Antonio Porchia - Voix&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Bruxelles.&lt;br /&gt;
lever après nuit ivre. méditation devant la fenêtre ouverte au moment où la pluie s’en va et qu’un léger soleil s’en vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avec les copains, festival donc.&lt;br /&gt;
et puis les autres larges rencontres. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;répète hier avec les amis (Eric Groleau, Laurence Vielle, Vincent Granger), pour tenter ce soir un petit moment ensemble sur scène avec ceux qui seront venus jusque là écouter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;plus tard&lt;br /&gt;
loges&lt;br /&gt;
les nuages passent&lt;br /&gt;
passent&lt;br /&gt;
assis en bord &lt;br /&gt;
de fenêtre &lt;br /&gt;
ouverte&lt;br /&gt;
fumer&lt;br /&gt;
musique&lt;br /&gt;
chauffer la voix&lt;br /&gt;
discuter&lt;br /&gt;
un peu&lt;br /&gt;
avant que de jouer avec Laulau Eric Vincent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Bruxelles. Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;chanter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
bosser. trop fumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;imaginer les projets futurs&amp;nbsp;: livres, disque, rencontres sur scène…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mon hyper-activité est centrée depuis quelques années, mais peut-être qu’enfin, au-delà de cette centration, je sais aussi désormais la doser, gérer une économie de la dépense et de l’énergie pour tenir des longueurs de fond, et que cela par conséquence sert l’axe, la cheville, le pivot, et les sert mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je me refuse quelque part à agir en termes de stratégie. je pense à tout cela, essaie de ma pas agir trop bêtement, mais ma stratégie est plutôt celle d’une absence, si possible, de calcul froid.&lt;br /&gt;
pourtant &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - je sais avoir quelques possibilités énergétiques, verbales, conceptuelles, analytiques pour&lt;em&gt; em-mener&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
parce que&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - j’aime mener, je sais le faire, mais je ne tiens pas au pouvoir. j’ai déjà trop de connaissance de la nature humaine pour être suffisamment optimiste sur ses capacités, saines, claires, à l’exercer assez souvent, avec d’autres, en intelligence, à égalité, collégialement, en respect. je ne connais que trop peu de personnes capables de cela.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - je n’aime ni suivre ni fondamentalement être suivi. j’aime bien d’avantage être accompagné. je n’ai aucune velléité de papisme. je suis viscéralement indépendant.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - je déteste intriguer. j’ai une incapacité fondamentale, involontaire, congénitale, culturelle, à la malhonnêteté et à la manipulation. je ne sais mentir, ou tout du moins «&amp;nbsp;m’arranger&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je préfère de loin, à l’action purement d’éclat, que la visibilité soit le fruit d’une travail de fond, sain, simple, acharné, exigeant, légèrement en retrait et qui ne se jetât pas dans l’agitation&amp;nbsp;; attitude qui, de plus, me semble bien plus garant d’une pérennité possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;alors évidemment comme tout un chacun, et peut-être plus que chacun je fais ma «&amp;nbsp;comm&amp;nbsp;» et j’ai une politique éditoriale de ce que je balance en public. mais si l’on peut arguer qu’il y a là une stratégie elle est bien plus celle du retrait de tout calcul tendant au brillant, à l’éclat, pour rester, discret, dans le travail de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je retrouve des notes dans le projet &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/town_town/town1_argt.php&quot;&gt;town town&lt;/a&gt; que j’avais mené en 2005 et 2006, lors de ma découverte ébouriffante du son et la poursuite de l’exploration des possibilités web. pas grand chose de nouveau peut-être, et ce n’est peut-être pas forcément mauvais signe d’ainsi &lt;em&gt;poursuivre&lt;/em&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;oui ce qu'il faut que je fasse c'est, depuis ce que je fais ces temps-ci, continuer aller plus loin descendre plus. c'est-à-dire de ce stade, déjà exploré, pousser la chose encore plus loin. une lang encore plus ramassée, synthétique, économique, basique. une langue, dans sa mélopée vertigineuse infinissable, encore plus proche du silence. tout contre le silence. toute prête de s'éteindre, toute prête de passer à travers sa voix, de crever.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;tout comme le passage du mur du son, cette déchirure de la frontière, là où l'objet - l'avion - va plus vite que son son, progresse devant son son, la lang va plus vite que sa voix, la dépasse, passe au silence… en pointe, flèche tendue, déchirante&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;la lang ne peut plus être suivie par la parole, la lang est nue, avant sa parole, avant d'être dite, avant avant sa naissance dans la bouche, avant son cri, nue, dénuée…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;fulgurante toute seule devant devant le bruit&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;cette chose-là je vais la creuser&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;il faut que quelque chose s'y déroule ou s'y enroule, même si c'est le rien, le silence qui s'y enroule… juste le son, la voix sortie du silence, du rien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;eh bien même ce silence, ce rien, cette lang sortie du rien, doit s'enrouler, doit se dérouler, se faire… parce que réellement elle s'enroule se fait &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pas la tête au journal, et, pourtant, le dire ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;journée dans les arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
temps blanc. et pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la crise que je ne sentais jusque là qu’en décalage par rapport à la majorité des domaines professionnels, étant soumis à des variables de demandes autres que l’économique stricto sensu (la météo par exemple, ou les projets artistiques perso) est bien crûment désormais là&amp;nbsp;: demandes très faibles, nombres de confirmations et de projets fermes en conséquence. à bosser pour attraper des miettes là où c’était parfois de gros morceaux. &lt;br /&gt;
mais ne pas se laisser abattre, ce serait rajouter de la peine à l’ouvrage à tenir quand même. garder un léger recul de sauvegarde.&lt;br /&gt;
côté artistique je vois que l’on fait tous le queue devant les demandes de financements. le nombre de demandeurs s’accroît énormément. queue&amp;nbsp;: signe bien réelle de temps de crise.&lt;br /&gt;
alors sale journée de relances tout azimut. je déteste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;plus tard, revenir à la ligne centrale, et à la lecture.&lt;br /&gt;
respirer, se reposer, reprendre de l’oxygène pour s’aérer l’esprit, voir clair.&amp;nbsp;
&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Plutôt la modestie. On ne peut tout saisir en quelques mots. Dire seulement: un instant, j’aurai vu cela – le monde pur, ouvert, léger; un autre, le monde empourpré; un autre encore, quand il pourrit et que l’horreur vous gagne. Rien de plus.&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
Je me retire devant l’ampleur de l’air qui occupe tout l’espace, du fond de la mer à la cime des montagnes sèches comme de la paille.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Philippe Jaccottet&lt;br /&gt;
Taches de soleil, ou d’ombre (éd. Le Bruit du temps)&lt;br /&gt;
note de 1964&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;balade la nuit. ces jours où je cherche les rues vides, comme un animal farouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
ciel bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;être, se savoir être, se sentir tout proche de&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Parvenir à une musique pauvre, presque plus une musique, presque seulement du son fermé – et tenir là, comme imprenable. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Antoine Emaz&lt;br /&gt;
Cambouis&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je fume trop, de tout.&lt;br /&gt;
fatigue de fond.&lt;br /&gt;
dans l'évidement c’est là aussi que ça peut recharger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de ces moments où tout foire… sauf l’écriture, au fond —&amp;nbsp;mais elle travaille à sa foirade depuis si longtemps déjà —.&lt;br /&gt;
travailler quand (bien) même…&lt;br /&gt;
étrange année.&lt;br /&gt;
se bagarrer dans un en partie vide, et, à la fois, laisser couler…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;après une courte sieste, le moral a changé. je reprends le journal, c’est-à-dire le continuum de pensée, intérieur, dans lequel j’étais quasi muet ces derniers jours. c’est un grand plaisir paisible de retrouver ce rythme de fond.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>regarder vivre, être, faire, passer, ça n’a jamais été être dehors.</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/05/04/regarder-vivre-etre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ac02a3fba8be5b7544df70cda1491396</guid>
    <pubDate>Sat, 04 May 2013 14:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&amp;nbsp;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
levé aux aurores.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: travail de sens, de musique, au microscope. jusqu’à la page 100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je continue mes rencontres de hasard concernant cette pratique, plus qu’une notion, de la parole claire&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
j’apprend que «&amp;nbsp;la parole claire&amp;nbsp;» chez les Dogons représente le niveau le plus profond de connaissance secrète.&lt;br /&gt;
tout comme j’avais appris il y a quelques temps qu’à la Mecque, dans la période tout juste pré-islamique, aux 5, 6ème siècles, se déroulaient des concours de poètes&amp;nbsp;: la langue du gagnant était alors dite «&amp;nbsp;parole claire&amp;nbsp;» (&lt;em&gt;fusha&lt;/em&gt; en arabe / claire&amp;nbsp;: &lt;em&gt;fasîh&lt;/em&gt;, parole&amp;nbsp;: &lt;em&gt;kalâm&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;
ils entendaient «&amp;nbsp;claire&amp;nbsp;»&amp;nbsp;au sens de limpidité, précision, concision, mais aussi comme devant être dite dans une langue commune à tous, compréhensible par tous, c’est-à-dire la langue la plus proche des sources, la plus «&amp;nbsp;pure&amp;nbsp;», la moins&amp;nbsp;«&amp;nbsp;mélangée&amp;nbsp;» possible, au sein des nombreuses variantes dialectales présentes dans la péninsule arabique à cette époque. cet&amp;nbsp; arabe épuré prenait sa source chez les bédouins du centre (les kays, tamîm, assad), qui, isolés, avait donc la langue la moins soumise au divers brassages linguistiques.&lt;br /&gt;
Muhammad, le prophète, reçoit d’ailleurs également la révélation en parole dite claire (celle de ces bédouins décrit ci-dessus) alors que ça n’était pas habituellement la sienne. (on trouve&amp;nbsp;d’ailleurs dans le Coran&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;il ne t’incombe que la communication claire&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», «&amp;nbsp;&lt;em&gt;en une langue arabe très claire&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le Livre évident&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le Livre clair&amp;nbsp;&lt;/em&gt;»…). &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;On pourra résumer en quelque sorte tout le sens du livre en ces termes : tout ce qui peut être dit peut être dit clairement, et sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Ludwig Wittgenstein &lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://fr.wikiquote.org/wiki/Tractatus_logico-philosophicus&quot;&gt;Tractatus logico-philosophicus&lt;/a&gt; (trad. Gilles Gaston Granger), éd. Gallimard Tel, 1993, p. 31&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Etre nouveau sans être obscur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Max Jacob, Conseils à un jeune poète
Œuvres, Gallimard, collection Quarto, pp. 1697
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;soirée avec le bon ami Manon.
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau toujours. nous sommes gâtés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;insomnie le soir, presque pleine lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de ce fait étonnant, quoique peut-être pas tant, de ne dire, redire, dans sa vie, que quelques préoccupations majeures, deux ou trois, guère plus le plus souvent, et de les ressasser dans son travail, ses écrits… fait que nous rencontrons chez presque tous les auteurs, chanteurs, peintres, etc… sans doute ces préoccupations sont-elles celles qui, charpentières, comme l'on parle des branches charpentières d'un arbres pour désigner les plus importantes, nous ont construit, et donc subsistent comme les nervures centrales d'une feuille et irriguent le reste du corps vivant.&lt;br /&gt;
en définitive on ne porte, suit, poursuit, qu'un nombre très limité d'approche, d'appréhension, de conception du monde, et de manière d'agir au monde. peut-être même n'en suit-on et n'en exprime-t-on qu'une seule, et toute sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;24.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
4 heures à peine de sommeil, la journée va être rude. lors de la méditation le jardin est étrangement calme, les oiseaux étonnement discrets. la fraîcheur d’un début de journée qui va peu à peu être largement ensoleillée. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: j’ai passé près de 4 h 30 dessus ce matin, dans le travail de texte, de pâte, et je n’ai guère dépassé la correction de 3&amp;nbsp;000 ou 4&amp;nbsp;000 signes dans ce laps de temps. et puis il y a une basse continue, un parler bas, celui d’un calme, qui ne me semble pas pleinement juste, et qu’il faut que je cherche à trouver, à moins que le premier jet étant posé il ne soit déjà trop tard, et que le texte ne garde désormais une certaine rigidité. peut-être cette sensation est-elle due au fait de travailler en ce moment chaussé d’un microscope, et que je ne peux alors ressentir l’atmosphère d’&lt;em&gt;ensemble&lt;/em&gt; qui s’en dégage. mais il y aussi sans doute cet autre fait que ce calme n’est bien souvent toujours qu’une recherche, une quête, et bien rarement un achèvement, une présence réelle, légère, évidente, et qu’en conséquence, tenter de le dire ne peut que rendre compte de cette tension, et bien plus difficilement, bien moins fréquemment de son apparition, de son existence effective.&lt;br /&gt;
à la fin de cette séance à batailler, je chausse mon nez rouge, que je garde toujours par devers moi dans mon tiroir de bureau, pour me rappeler de l’importance réelle de l’entreprise, de sa véritable gravité, de son dérisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fin d’après-midi dans la fureur de l’heure de pointe à Saint-Michel, mais longue pause méditative, calme, légère, heureuse, le corps aérien, à regarder le monde passer, vivre, au jardin du Luxembourg&amp;nbsp;; passage rapide chez Corti, puis soirée au café…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;25.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
mon chat a une vie très animée, mais je sais (nous en avons longuement parlé ensemble) que parfois, le plus souvent lors de ses siestes au soleil, sa vie consiste seulement à attendre qu’une envie se manifeste. c’est un grand sage chat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: passé trois heures sur un paragraphe de quelques lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le monde est tout ce qui a lieu.&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
Ce qui a lieu, le fait, est la subsistance d'états de chose. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Ludwig Wittgenstein &lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://fr.wikiquote.org/wiki/Tractatus_logico-philosophicus&quot;&gt;Tractatus logico-philosophicus&lt;/a&gt; (trad. Gilles Gaston Granger), éd. Gallimard Tel, 1993, p. 33&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si un signe n'a pas d'usage, il n'a pas de signification. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;ibidem, p. 47&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La langue déguise la pensée. Et de telle manière que l'on ne peut, d'après la forme extérieure du vêtement, découvrir la forme de la pensée qu'il habille&amp;nbsp;; car la forme extérieure du vêtement est modelée à de tout autres fins qu'à celle de faire connaître la forme du corps. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;ibidem, p. 50&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le sens du monde doit être en dehors de lui. Dans le monde, tout est comme il est, et tout arrive comme il arrive&amp;nbsp;; il n'y a en lui aucune valeur - et s'il y en avait une elle serait sans valeur. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;ibidem, p. 109&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;pulsion de parler&amp;nbsp;: &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;(…) Comme un écho de «&amp;nbsp;cette cause obscure qui fait que je parle à ce moment-là, plutôt qu’à un autre. Cette limite avait été relevée par Novalis, qui parlait de Sprachtrieb, «&amp;nbsp;pulsion de parler&amp;nbsp;», interrogeant ce qui me fait parler - rien d’autre que le langage, répondait-il. Ce qui est à l’origine même de l’acte de parole reste inarticulable dans le langage, car lié à la structure même de la langue, à cette discordance secrète qui la travaille.&amp;nbsp;» (Alain Vanier, contribution à La pensée interdite, op. cit. pp. 135-136&amp;nbsp;; je souligne.). Claude Favre donne à la revue L’étrangère une contribution significative&amp;nbsp;: une vingtaine de pages (116-136) au titre programmatique, et bien dans la manière de l’auteure&amp;nbsp;: Scories, scolies &amp;amp; scalps _ ou comment Laocoon. Elle est «&amp;nbsp;feuilletable&amp;nbsp;» &lt;a href=&quot;http://www.lettrevolee.com/spip.php?article1593&quot;&gt;à cette adresse&lt;/a&gt; :&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; parler m’impossible me taire périlleux le saut&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; grand inspir expédier les affaires courantes &lt;br /&gt;
autopsier la langue que je sais pas&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; parler viendra que la vie vaille il m’en de vous et &lt;br /&gt;
envie d’une poussée la langue de questions &lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; enfin il me semble si je ne sais si je n’en peux&lt;br /&gt;
mais&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Ronal Klapka&lt;br /&gt;
in &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article87&quot;&gt;&lt;em&gt;Lettre de la Magdelaine&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Rien au centre&amp;nbsp;» du 23/12/09&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;ins&gt;&amp;nbsp;&lt;/ins&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La pulsion de parler traverse le duel (culturel) stérile de la séparation matière-esprit. Elle donne de façon inattendue « du corps » à l’esprit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Gérard Lucas, &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://m1p.fr/rRY&quot;&gt;&lt;em&gt;formation au toucher-parler et lecture du corps&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le dessein des Méditations suivantes est d'abattre l'orgueil de l'esprit, et de le disposer à l'humilité. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Malebranche&lt;br /&gt;
Méditations sur l'humilité et la pénitence, avertissement, 1677&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;26.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
le ciel, voilé tout d’abord, s’obscurcit considérablement en début d’après-midi. on a déjà perdu dix degrés en moyenne depuis hier, et il est annoncé que la chute va se poursuivre dans les jours à venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: ai fini la première couche de révisions, corrections, modifications, augmentations, réductions, triturage de mots, pignochages de détails de la partie 1… 7 jours pour cela. et il faudra encore de très nombreuses étapes, couches de travail toutes différentes. la prochaine ce sera de procéder à une lecture, rapide, comme parlée, «&amp;nbsp;parcourue&amp;nbsp;», dans le flux, le flow, le jet, pour écarter les éléments faiblards, lourds, ceux freinant le parcours de lecture, choisir tous les éléments encore en balance, éliminer les innombrables versions que j’ai encore pour nombre de mots, de phrases, d’expressions, parfois de séquences entières, expurger les ratures… en un mot pour éclaircir la parole.&lt;br /&gt;
ensuite il en faudra une autre encore d’étape, au grand minimum, à haute voix&amp;nbsp;: pour affiner le son, le rythme, le tempo, la respiration, pour sentir et retrancher, exclure sans faiblesse ce qui ne passe pas. ce qui ne se respire pas, ce qui est par trop accidenté et produirait comme un point de côté dans la langue. obtenir le flot fluide, continu, et dans la durée…&lt;br /&gt;
tout cela, ces heures passées, sans garantie de résultat probant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Maintenant je parle sans porte-voix. Sans ravin dans la poitrine. Sans éclisses dans le cœur. Je parle comme je respire. Je respire comme une pierre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Jacques Dupin&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour parler simplement, je n'ai pas de réponse à vos questions. Ou d'exécrables réponses à une mauvaise question. À une question incongrue, inadéquate à la mesure et au sens de la poésie. De la poésie qui n'existe, ne s'absente, ne surgit, que pour refuser la réponse. Et pour s'approcher de la question. De l'autre question. De la question de l'être dans le monde, et de l'autre dans la langue. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Jacques Dupin &lt;br /&gt;
M'introduire dans ton histoire - Éclisse &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l’inquiétude de la crise économique se fait sentir un peu plus crûment&amp;nbsp;: le boulot ne rentre pas (et le politique se désagrège dangereusement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore quelques citations prise dans les sites frères&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour faire ce que tu fais, il te faut marcher. Marcher, c’est ce qui attire les mots à toi, ce qui te permet d’entendre les rythmes des mots à mesure que tu les écris dans ta tête. Un pied en avant puis l’autre, le double battement de tambour de ton cœur. Deux yeux, deux oreilles, deux bras, deux jambes, deux pieds. Ceci, puis cela. Cela, puis ceci. Écrire commence dans le corps, et même si les mots ont un sens, s’ils peuvent parfois en avoir un, c’est dans la musique des mots que commence ce sens. Tu t’assieds à ton bureau pour noter les mots, mais dans ta tête tu es encore en train de marcher, toujours en train de marcher, et ce que tu entends, c’est le rythme de ton cœur. Mandelstam : “Je me demande combien de paires de sandales Empédocle a usées en travaillant sur la Commedia.”. L’écriture comme forme inférieure de danse.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Paul Auster&lt;br /&gt;
Chronique d’hiver,Actes Sud, 2013, p 246&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;On écrit à la pulsion, on coupe à l'oreille.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
Un poète, c'est une oreille, des poumons, un pas.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Jean-Paul Michel, Bonté seconde, «&amp;nbsp;Coup de dés&amp;nbsp;», &lt;br /&gt;
cahier dirigé par Tristan Hordé, Joseph K., 2002, p. 31-32.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fête&amp;nbsp;: quand les gens, ivres, que l’on roule le tapis, pour danser, quasi abandon, en partie, presque lâché…&lt;br /&gt;
on se pose toujours la question de savoir si l’on aime les choses parce qu’on les reconnaît, ou parce que on les découvre nouvelles. or, lorsque l’on voit des gens danser, rallier la piste dans un élan, on peut se dire que c’est plutôt une re-connaissance. la danse étant à mon sens une véritable et profonde radiographie de ce que sont les individualités ainsi exposées.&lt;br /&gt;
fête (suite)&amp;nbsp;: à l’heure où les gens, défoncés, deviennent clairs à regarder. des années que je vois ça, mais je ne l’ai jamais vraiment écrit, exprimé, retenu… clairs non seulement par leur désinhibition croissante, la soirée et l’alcoolémie avançant, mais aussi par la mienne croissante. les gestes, les mouvements, les élans, les affections, les désirs se freinent moins, s’émancipent avec le surmoi s’abandonnant un peu. et moi là, j’ai ma place aussi en quelque sorte en regardant, constatant, prenant note du théâtre qui se joue là, depuis mon fauteuil au bord de l’arène de danse, de cris, de mouvements, de vagues d’excitations, d’affects ouverts, même si, moi aussi, j’ai dansé, participé à cette scène. soudain l’une me capte, écrivant, depuis mon fauteuil, sur le bord de la piste. je ne vais pas m’arrêter pour autant, mais, repéré, cela a moins de pertinence d’ainsi noter, les actes en étant affectés d’être ainsi regardés, et puis je veux, moi aussi, participer, nom de dieu et me lancer&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je me rends compte soudain que, hormis les moments de méditation «&amp;nbsp;dédiés&amp;nbsp;», l’état méditatif de recul, de regarder passer, est devenu quasi&amp;nbsp; permanent. reste plus que parfois savoir se taire…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;28.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
jour à ne presque pas travailler, je m’accorde cela bien rarement.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous ne sommes pas des bêtes. Quoique d'une certaine façon nous ne soyons pas encore parfaitement des hommes. Nous le serons. Il ne faut pas désespérer.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Henri Michaux. En route vers l'homme&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
temps frais.&lt;br /&gt;
boulot sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, dès tôt le matin. puis journée sans relief, si ce n’est la balade du soir.&lt;br /&gt;
il est de ces périodes creuses, pour moi cycliques tous les 6, 7 ans, et je suis dedans. celle-ci n’est pas due à un quelconque événement ou changement intime d’importance (bascule ou rupture familiale, enfermement ou épuisement psychique…) mais essentiellement ce coup-ci à une large baisse de régime dans le travail alimentaire, dépression économique probablement, ce qui, lorsque l’on est indépendant, menant sa propre barque, n’est pas vraiment réjouissant et génère une inquiétude en «&amp;nbsp;tâche de fond&amp;nbsp;». à cela ajouté le fait que depuis plus de trois ans maintenant j’ai pris le risque de consacrer la moitié de mon temps de travail à des activités d’écriture, et là aussi, si j’écris beaucoup, les interventions qui en découlent et les retombées financières sont bien rares cette année. (je me suis d’ailleurs mis une date butoir pour, éventuellement, chercher un autre emploi). en attendant je me rassure en menant intensément, avec acharnement quelques boulots de fond.&lt;br /&gt;
j’essaie alors d’en faire quelque chose de cette période de basses eaux, et d’en profiter pour écrire abondamment, plus, lors de séances plus longues, plus fréquentes… et cet hiver, de ce point de vue a déjà été largement bénéfique&amp;nbsp;: publication de &lt;em&gt;book 0&lt;/em&gt;, avancées de fond dans le journal ici, écriture de &lt;em&gt;cabane d’hiver&lt;/em&gt; qui est en cours d’édition, écriture en ce moment-même de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;…&lt;br /&gt;
le seul côté probablement positif, mais il encore trop tôt pour en jurer tout à fait, c’est la façon de vivre cela&amp;nbsp;: bien plus posé, moins affecté, gardant recul et lucidité, gardant une vision avec une petite distance conservée de la situation, qui me la fait regarder sans doute avec plus de justesse, et donc la mettre à sa place exacte, bien plus que lors des précédentes périodes de crise. plus qu’une rupture c’est beaucoup plus vécu comme un virage, une transition un peu rugueuse, avant que de relancer la machine, d’y remettre une énergie neuve, renouvelée. le fait est tout de même que, ce coup-ci, il y a de nombreux éléments dont je ne suis pas le producteur, ni n’en ai la maitrise ou le pouvoir de les changer… mais je sais aussi que lorsque l’on retrouve une énergie neuve, alors, elle arrive à agir même sur ces éléments sur lesquels nous n’avons normalement pas prise, et à générer à nouveau une cercle vertueux, un élan, une lancée, à réactiver toute une activité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;30.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
taire le politique explicite dans ses écrits ne signifie pas être apolitique. décrire les hommes relève au contraire d’une haute conscience de ce type, quand bien même cela n’est pas expressément exposé, d’un haut souci de notre vivre ensemble, d’une attention (d’une bienveillance critique, a priori) qui, en soi, est acte politique. nous dire c’est dire et agir sur nos organisations, nos manières d’être, nos possibilités d’hommes.&lt;br /&gt;
regarder vivre, être, faire, passer, ça n’a jamais été être dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: ouf… séance longue, cinq heures trente continues, épuisantes tout autant que fascinantes, addictives, malgré une difficulté à se tenir à la tâche, s’astreindre, pour parvenir à finir de relire, niveler un peu moins grossièrement l’ensemble du volume jusqu’à son épilogue. la fin, heureusement, me convainc, me touche un peu plus. j'ai donc toute la matière. je ferme le fichier, heureux d’en avoir fini. &lt;br /&gt;
d’en avoir fini avec cette étape seulement, qui aura duré 11 jours.&lt;br /&gt;
j’aimerai faire un livre d'enfants pour adultes&amp;nbsp;: tout simple, un peu brut, plein de vérités premières, peut-être naïves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ce soir encore, je vais voir un spectacle de clown&amp;nbsp;(Bonaventure Gacon – &lt;em&gt;Par le Boudu&lt;/em&gt;,dont le propos est étonnement proche de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;)&amp;nbsp;: notre humanité criante, là. &lt;br /&gt;
dérisoire, touchante, acharnée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;01.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
méditation dans la grande fraîcheur du matin, fenêtre ouverte. depuis quelques jours je ne sens pas la méditation «&amp;nbsp;se passer&amp;nbsp;», et ce n’est pas mauvais signe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aux aurores, &lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: début d’une nouvelle relecture, rapide, dans le flux. capter et corriger la fluidité, en partie à l’oreille. nettoyer le fichier, le manuscrit&amp;nbsp;: se dégager de tout l’appareil de notes, de citations, virer la plupart des ratures, pour recentrer sur le texte présent. écouter le texte seul, la voix seule, qui parle, dedans. &lt;br /&gt;
si cela est joué un jour, je voudrais que ce le soit par des clowns grotesquement sérieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;longue marche dans Paris.&lt;br /&gt;
puis gris, pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
temps plus clair qu’hier, frais. le prunier est entièrement en feuilles. dans la journée un peu de tiédeur revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aux aurores de nouveau sur &lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: passé encore 4 ou 5 heures à travailler 9 toutes petites pages seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;journée sans fin, débutée donc à 5h30 et à 23h18 je suis à travailler encore (mais quand est-ce que je ne travaille pas&amp;nbsp;?), tout de même émaillé de quelques larges pauses, car sinon il me serait impossible de tenir ainsi le rythme. de toute façon les coups de barre, le corps, se chargent de me ralentir, me couper les pattes à intervalles réguliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;03.05.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
ciel blanc mais clair, très frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: fin de la énième relecture de la partie 1. j’ai réussi à en arriver au bout ce matin, à l’arrachée. je finis exténué.&lt;br /&gt;
je souhaitais faire une lecture rapide, dans le flux, mais je peine, j’en chie même à avancer de quelques phrases, de quelques mots par heure, mais le texte qui sort de la «&amp;nbsp;niveleuse&amp;nbsp;» se rapproche d’un texte définitif, si ce n’est achevé, achevable, potable…&lt;br /&gt;
presque 55 jours que je suis dessus tous les matins. ça me paraît dingue lorsque je compte. sans doute faut-il avoir bien à dire, ou être bien loquace, bavard, être un peu atteint de verbomanie, de logorrhée sévère, pour ainsi se coller à une telle tâche avec consentement, pour se mettre ainsi un telle punition. une espèce d’acharnement qui m’étonne presque, celui-ci est d’ailleurs aussi, en partie, l’histoire de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;prochain livre&amp;nbsp;: &lt;em&gt;ça&amp;nbsp;&lt;/em&gt;?&lt;br /&gt;
penser à un autre livre, possible, alors que j’ai encore les mains jusqu’aux coudes dans le cambouis de celui en cours. comme s’il y avait encore à dire…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en fin d’après-midi je n’arrive plus à travailler, lessivé&amp;nbsp;: sortir alors, marcher, puis prendre un verre avec mes filles et discuter avec le libraire dans l’un des cafés du quartier. recul.&lt;br /&gt;
le soir je reviens à la besogne, mais passant à d’autres projets, comme pour m’aérer…&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>ma tombe</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/04/22/ma-tombe</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:439df472e2b525975361c030f6d821cf</guid>
    <pubDate>Mon, 22 Apr 2013 17:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris. Isère.&lt;br /&gt;
levé à 5 h du mat pour écrire. nuit noire. l’heure de plus grande froidure. léger vent. les oiseaux chantent à tue-tête. des étoiles dans les trouées des nuages blancs qui glissent. un silence d’hommes.&lt;br /&gt;
et sous l’ombre de ma lampe, au bord de la fenêtre, je regarde le jour se lever bleu.&lt;br /&gt;
comme à chaque fois, plusieurs heures de chauffe, puis arrive enfin de l’écriture «&amp;nbsp;effective&amp;nbsp;» et je peux alors rajouter de la chair au livre. en fin de séance, la partie 2 de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; est quasiment complètement écrite. enfin, la structure plus le premier jet. restera encore après beaucoup de boulot&amp;nbsp;: nourrir encore, mettre en cohérence, affiner, réduire, polir.&lt;br /&gt;
à ce jour&amp;nbsp;: partie 1 : env. 130 p aérées, partie 2 : env. 30 p resserrées, partie 3 : env. 25 p, plus éléments épars et notes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;En ce moment même, j’ai mal. Cet événement, crucial pour moi, est inexistant, voire inconcevable pour le reste des êtres, pour tous les êtres.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Emil Cioran &lt;br /&gt;
De l'inconvénient d'être né&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il faut peut-être parfois être bien inconscient pour se lancer dans un livre, sans rien en savoir auparavant. c’est certes le lot commun de la plupart des minutes de la vie, mais dans notre cas, un livre c’est tout de même une affaire longue et couteuse en énergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;voyage en TGV, pour rejoindre l’Isère, les presque terres froides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lectures et relectures ces jours-ci de Pessoa, Khayyâm, Cioran, Bergounioux, Emaz…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Isère.&lt;br /&gt;
méditation dans les herbes hautes, parmi les pissenlits jaunes, les véroniques violettes, pleines de rosée, les bourdons, et le plein soleil encore doux du matin sur le visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;exceptionnel beau temps. le chant des tondeuses crie le printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;repas joyeux chez les cousins à la ferme, franches rigolades. puis «&amp;nbsp;au bois&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: bûcheronnage avec le paternel dans les premières chaleurs, sur les parcelles qui étaient celles du grand-père.&lt;br /&gt;
passage au cimetière et au monument au mort&amp;nbsp;: cette impression un peu étrange, même préparé puisque je le souhaitais, d’y lire son propre nom&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Frédéric Griot, 1917&amp;nbsp;», celui du grand oncle mort aux tranchées. &lt;em&gt;vulnerant omnes ultima necat&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;
et l’occasion de se rappeler la phrase de Valéry&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;La guerre ce sont des gens qui ne se connaissent pas qui se massacrent, au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;. quelle nécessité réelle, sensée, y avait-il vraiment d’aller chercher ainsi un paysan de vingt ans, de l’arracher de sa terre pour le jeter, en pièces, dans une autre, froide, boueuse, labourée au soc des obus et des shrapnels, et fumée à la chair humaine&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
voir ainsi son propre nom inscrit sur un monument est, déjà, chose assez rare, mais quand il s’agit d’y graver une mémoire, d’y marquer et d’y commémorer une disparition, cela laisse, même sans&amp;nbsp;«&amp;nbsp;traumatiser&amp;nbsp;», une petite pensée qui s’installe récurrente quelque temps. &lt;br /&gt;
et puis, peut-être aussi que de se remémorer la fin de ce jeune gars de vingt ans, qui plus est portait mon nom, fait partager avec lui un peu plus qu’un nom, une tendresse, une presque complicité, et fait revivre un peu ce qu’il a été.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;à écrire dans l’atelier paternel, sur l’établi, là où l’on peut fumer, et où je mène moi aussi mon petit artisanat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cette histoire d’écrire en parole claire, probablement l’une de mes plus importantes bascules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Isère.&lt;br /&gt;
même méditation qu’hier, le petit vent sur la peau en plus. dans les herbes je suis accompagné par les sphinx-bourdons, mi-papillon mi-bourdon, poilus, jaunes et noirs, aux longues trompes, vibrionnant des ailes à une vertigineuse vitesse dans un vol stationnaire comme celui des oiseaux du paradis, et qui pompent tout autour de moi les fleurs avec une application sérieuse, systématique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pas assez de temps seul, isolé, pour me pencher sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. je préfère alors repousser, plutôt que de tenter de trop brèves séances de travail fractionnées, alors qu’il faudrait le temps d’avoir le temps, trois, quatre bonnes heures en général au moins, pour pouvoir se chauffer puis y plonger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Isère.&lt;br /&gt;
grand beau encore.&lt;br /&gt;
méditation dans l’herbe haute, grasse, fraîche, verte et tendre, et l’odeur de lessive qui sèche. une brise assez forte parcourt le pré.&lt;br /&gt;
à écrire dans l’atelier. &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: étonné parfois des cohérences qui naissent entre les éléments, sans pourtant les avoir calculées. à avancer à tâtons, presque à l’aveugle, dans l’espace vierge, inexploré des éléments bruts, jetés, de la partie 3. à essayer d’avancer au maximum le matin, ensuite, l’après-midi, ce n’est le plus souvent plus possible&amp;nbsp;: manque de fraîcheur&amp;nbsp;? trop réveillé, moins dans les brumes du matin propices à la concentration sur un unique objet&amp;nbsp;? sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau, chaud.&lt;br /&gt;
plus de 3h30 sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; avant de partir bosser dans les arbres. la fatigue se fait sentir crue d’ainsi se lever tôt, et de cumuler les deux activités.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;On n’est qu’une fois et ça consiste à devenir.&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
On n’est pas. On devient. On n’arrivera pas. On meurt en chemin.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Bergounioux&lt;br /&gt;
carnet 2011-2010, p. 336 et p. 399&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quand suis-je né&amp;nbsp;? Quand mourrai-je&amp;nbsp;? Aucun homme ne peut évoquer le jour de sa naissance et désigner celui de sa mort.&lt;br /&gt;
Tu ne sais pas d'où tu viens. Tu ne sais pas où tu vas.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Omar khayyâm – Rubayat XXI et XXVIII&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau, doux. le prunier a définitivement quitté ses fleurs pour ses feuilles, définitivement jusqu’à la prochaine saison… les grands cycles. mais âgé, il est malade et les champignons l’attaquent, même s’il n’en paraît encore presque rien.&lt;br /&gt;
43 ans aujourd’hui. c’est donc mon 15 695ème matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: voilà que je suis arrivé au bout d’une des étapes de travail, j’ai désormais toute la forme générale, modelé grossièrement l’ensemble du volume global. j’ai placé la totalité des éléments que j’avais, jusqu’à la toute fin, l’épilogue… &lt;br /&gt;
le 13 mai de l’année dernière j’avais posé deux-trois mots seulement dans un nouveau fichier que j’avais nommé, comme souvent, &lt;em&gt;bloc&lt;/em&gt;, sans aucune idée préconçue, préalable, de ce qui pouvait se jouer là, de ce que ça allait, peut-être, «&amp;nbsp;donner&amp;nbsp;», former comme volume. par ajouts successifs, peu aisés, en aveugle quasiment, j’avais nourri ce fichier de bouts épars, de fragments, de débris de phrases, de notes, lors de séances de travail peu fréquentes, rarement fluides.&lt;br /&gt;
puis, progressivement, j’ai vu de cette boule originelle de matière, sans forme, émerger une silhouette, un relief, une tournure, une structure possible, sans que j’en sois véritablement l’initiateur. ensuite, j’ai pu donner et impulser, volontairement pour le coup, un premier tempo d’ensemble, un rythme, une composition rythmique de séquences (récurrentes) à cette première forme encore floue, pour plus tard encore, la structurer, en dégager les lignes, les courbes, les inflexions, les parties, en fonction de quelques grandes directions et thématiques et narratives… &lt;br /&gt;
organiser donc l’ensemble du matériau, disponible à ce moment-là, et c’est l’étape qui vient de se finir maintenant, comme un tas de briques au pied de la bâtisse à construire, un tas de pièces (dont il m’en manquait, et m’en manque encore, une grande partie) au sein du puzzle gigantesque à agencer… après avoir laissé reposé le manuscrit quelques temps, j’avais commencé ce travail de structuration systématique le 10 mars, il y a plus d’un mois (et près d’un an après les tout débuts, ce qui a constitué en définitive la période de murissage). 40 jours donc grosso modo que je me lève pour travailler la structure avant les journées de boulot «&amp;nbsp;habituel&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
maintenant, la majeure partie du gros œuvre fait, il va me falloirenlever les échafaudages, et ce sera la prochaine étape, nettoyer le tapuscrit de la quantité de notes annexes, «&amp;nbsp;didascaliques&amp;nbsp;», techniques, pour ne garder que le (cœur du) texte. le texte seul. et le travailler, avec tendresse presque, mais avec fermeté, avec une exigence serrée, dans un contact direct, physique, &lt;em&gt;au corps&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en soirée, suis allé voir la copine Laurence Vielle jouer &lt;em&gt;Sainte dans l’incendie&lt;/em&gt; au théâtre du Rond-Point, que j’avais déjà vu il y a un an… très forte, très touchante, ce soir, &lt;em&gt;habitée&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau temps, frais, léger, aérien…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je ne veux plus du vieux langage poétique elliptique, illisible, mais d’une parole simple, claire. elle peut dire et prendre en charge tout autant, et en particulier toujours cette impossibilité de la langue à être parfaitement adéquate à nous dire, mais elle a l’avantage hénaurme de pouvoir être compréhensible, autant que faire se peut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;soirée clown (Ludor Citrik, clown sale, presque méchant, demi-goujat, créature très sommairement évoluée, humanité fruste, grossièrement équarrie)&amp;nbsp;: toujours ce grand plaisir de voir notre humanité fragile, acharnée, dérisoire, se prendre les pieds dans le tapis, et ainsi crûment mise à poil. le clown porte, se charge de notre peur, en particulier notre peur de la gêne, de la perte de dignité, de la situation où nous dégringolerions de notre petit piédestal de tenue, de décence, de retenue sociale&amp;nbsp;; et c’est, en endossant ainsi pour nous cette trouille, du ridicule, du risible, qu’il nous fait rire. un rire qui est soulagement, évacuation grinçante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21.04.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
dimanche de grand beau.&lt;br /&gt;
ai travaillé sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; encore aujourd’hui, deuxième journée déjà à enlever les échafaudages, à travailler la chair du texte, mais ce n’est pas un bon jour&amp;nbsp;: je trouve le texte fade, et se répétant énormément. j’avance très peu. basta, on verra mieux demain, plus positif, je l’espère, à moins que ce soit aujourd’hui en fait un jour de lucidité… à un moment, probablement, il me faudra à nouveau le laisser reposer, refroidir, pour, ensuite, y voir un peu plus clair, bénéficier d’un petit recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;voilà que c’est la seconde fois en peu de temps que des amis me disent que ma démarche d’écriture est radicale. j’en suis légèrement surpris, mais pas forcément mécontent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on me demande&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;si tu ne crois pas politiquement à un grand mouvement de refondation, alors à quoi crois-tu, à pas grand chose&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». je crois à la responsabilité individuelle, en sachant qu’elle n’est quasi pas possible globalement. c’est-à-dire 1- que je reste optimiste en certaines qualités de l’homme, et que, par a priori, je lui fais confiance, d’abord, mais que 2- je reste lucide sur ses réelles capacités à les mettre en œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>bref</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/04/11/bref</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1f8066794097a5c7551a3159b6ef606e</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Apr 2013 22:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;29.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; avance. les agencements, les articulations se font. content que cela progresse. sans doute ce rythme très matinal qui y mène. mais je sais aussi que j’ai probablement les parties les plus difficiles devant moi, celles où j’ai le moins d’éléments en stock, et surtout le moins de facilité pour ce que je veux y dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;30.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
trop peu de temps pour moi, c’est-à-dire pour travailler mes petits bricolages, trop peu de plages où s’y engouffrer, et cela finit toujours pas m’excéder au bout d’un moment.&lt;br /&gt;
fatigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;31.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
content&amp;nbsp;: &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; avance. sans doute le fait d’avoir, en amont, laissé mûrir, lentement, longuement, et d’avoir su très peu de temps après que de s’engager tout à fait —&amp;nbsp;si ce n’est déjà être dans l’engagement&amp;nbsp;— ce que je souhaitais y dire, très précisément, fermement&amp;nbsp;: deux, trois grands axes cardinaux, suffisants.&lt;br /&gt;
après-midi au Louvre en famille. &lt;br /&gt;
soirée à écrire et à travailler la maquette de &lt;em&gt;cabane d’hiver&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
fatigué encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;01.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau, et froid (entre 0 et 5), comme depuis une bonne semaine.&lt;br /&gt;
épuisé. sans doute est-ce dû au fait, contre nature chez moi, de me lever très tôt pour plusieurs heures d’écriture, avant de faire sa journée de travail «&amp;nbsp;habituel&amp;nbsp;», trivial. les nuits n’épongent plus la fatigue depuis plusieurs jours, et cela me devient toxique lorsque ça se prolonge&amp;nbsp;: renforcement paradoxal de la difficulté à savoir s’arrêter, difficulté à penser posément, énervements, atteinte du moral… toutes les caractéristiques de l’engrainement maniaque, vétilleux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
longue marche dans Paris, plusieurs heures, sous un soleil large, clair. &lt;br /&gt;
j’espère que la marche me lavera des petites tensions que je n’arrive pas à essorer à cause de la trop grande fatigue. et puis, il me faut être frais pour demain, c’est que je passe la journée sur les toits dominant le jardin du Luxembourg pour une descente en rappel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
un mail me fait part d’une belle réaction à mes travaux, portée dans le journal d’une auteure il y a plusieurs années. un petit frétillement évidemment de l'ego bien content.&amp;nbsp; mais surtout il est agréable de savoir que ce que l'on essaie de saisir, de ce qui nous paraît important, diffuse, discrètement, sans que l'on ne le sache forcément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;02.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau, ciel immaculé, frais. 2 degrés à 7 h 30.&lt;br /&gt;
écrire quelques heures avant de partir (chaque matin sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; ces temps-ci). mes énormes sacs, pleins de cordes, sont prêts.&lt;br /&gt;
journée sur les toits sous un beau soleil.&lt;br /&gt;
au retour, premier arrosage du jardin. les tulipes et narcisses peinent, et la neige les avait couchées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;03.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
toujours le grand beau. frais. que j’aime.&lt;br /&gt;
matinée&amp;nbsp;: écriture. &lt;br /&gt;
beaucoup bossé mais à peine progressé dans &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, n’ai pas dépassé les pages où je m’étais arrêté, mais les ai précisées, et en ai dégagé une séquence. et puis la structure, en avançant dedans, se dégage, se découvre un peu plus. même si je sais où je souhaite aller, et c’est bien rare pour moi dans ce genre d’exercice, ce n’est qu’en progressant dans ce taillis que je discerne ce qui se trame, se joue ici, peu à peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
après-midi&amp;nbsp;: boulot alimentaire et gestion classique, que je mène toujours au pas de charge pour dégager du temps. sport. &lt;br /&gt;
soir&amp;nbsp;: revenir à écrire, et lire, jusqu’au coucher…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
peut-être moins à dire, plus elliptique, dans ce journal ces jours-ci parce que &lt;em&gt;ça&lt;/em&gt; passe dans le manuscrit en cours, que je &lt;em&gt;nourris&lt;/em&gt; ailleurs&amp;nbsp;? il y a comme un transfert d'énergie entre le journal et le livre, autre, en cours…&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michel Leiris&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils parlaient tous à la fois, et leurs voix insistantes, contradictoires, impatientes, rendaient l'irréel possible, puis probable, puis indubitable, comme font les gens quand leurs désirs sont devenus des mots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faulkner&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;04.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
les journées se ressemblent en ce moment, avec leur rythme relativement équilibré.&lt;br /&gt;
matin&amp;nbsp;: &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. un puzzle géant, à mille pièces, où je n’en ai que quelques unes, les autres, manquantes, à inventer. mais je travaille, enfin, une forme, et non plus &lt;em&gt;l’idée&lt;/em&gt; d’une forme, éventuelle, possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
après-midi&amp;nbsp;: gestion habituelle. de la boîte, de la vie courante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
j’écris peu dans ce journal. j'en oublie même la météo. légère pluie en milieu d'après-midi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
soir&amp;nbsp;: plusieurs lectures diverses, dont la prose superbe, violente, et l’intelligence non moins, de Grisélidis Réal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le vaste monde&amp;nbsp;: un grain de poussière dans l'espace.&lt;br /&gt;
Toute la science des hommes&amp;nbsp;: des mots.&lt;br /&gt;
Les peuples, les bêtes et les fleurs des sept climats&amp;nbsp;: des ombres.&lt;br /&gt;
Le résultat de ta méditation perpétuelle&amp;nbsp;: rien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Omar Kayyam&lt;br /&gt;
Rubayat XXVI&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trouver le subtil équilibre entre le tout émotionnel, le diktat de la pulsion, et le réfléchi, le tout contrôlé. beaucoup sont dans l’un ou l’autre, sans tempérance. trouver le point se nourrissant, avec mesure, des deux est une longue affaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;05.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: une grande difficulté la majeure partie de la matinée, et puis tout d’un coup quatre, cinq pages. mais encore bien brutes. et les pièces, le puzzle, gagne sensiblement en agencement. le chemin se trace un peu plus, encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
me suis rendu à une soirée poésie avec pas mal d’auteurs que je ne connaissais pas, espérant un peu faire quelques découvertes, mais finalement que Chiara Mulas, Serge Pey, que je connais bien, et Bas, l’allemand, dans une moindre mesure et que je découvre, qui ont été bons ce soir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
spectacles, comédiens, poètes&amp;nbsp;: ce sont toujours les plus mauvais les plus longs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au soir, relecture de Pessoa, de Khayyam…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;06.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
beau temps, assez frais au matin (5 degrés).&lt;br /&gt;
épuisé encore. et je n’arrive pas à gagner sur la fatigue des heures de repos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
journée au sommet des arbres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;07.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau, mais toujours très frais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'homme a besoin de cette demeure étroite, à condition qu’elle soit perméable à l'étendue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jaccottet - en ses Taches de soleil, ou d’ombre&amp;nbsp;(21)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
la peur dans cette petite ville de banlieue bourgeoise, comme dans beaucoup d’autres, lisible à leur police municipale aux allures de pays totalitaires&amp;nbsp;: à pied, en voiture, en vélo, montée sur des chevaux noirs, ou encore en segway customisés et écussonnés (si l’on se renseigne un peu on constate même que l’un des arguments de vente de ces appareils auprès de la police est, je cite, «&amp;nbsp;position debout et en hauteur pour dominer son interlocuteur&amp;nbsp;»), et enfin flash-balls et autres fanfreluches minables à la ceinture… quelle dégoût, quelle tristesse. c’est que sans doute ils ont du bien à défendre, et leur petit confort inquiet, étroit, cloîtré…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
seconde journée dans les arbres. une immense fatigue, ravagé même. avoir tellement parlé, que je n’ai plus qu’une grande envie, celle de la fermer.&lt;br /&gt;
retrouver enfin le soir l’écritoire. et un petit whisky…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;08.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
ai un peu récupéré. suis arrivé à travailler dans le calme, le complet silence ce matin. &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: j’ai fini de poser toute la première partie, brute. et puis ai attaqué de suite, dans la foulée, la composition de la partie 2 dont les éléments premiers, élémentaires, d’ossature sont, en fin de matinée, déposés. encore une fois c’est un matin de grosse avancée, structurelle.&lt;br /&gt;
je referme le fichier, et ensuite, le reste de la journée, je n’y touche plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mes primevères crevaient de soif. je les regarde&amp;nbsp;: ils leurs faut à peu près quatre à cinq heures pour se redresser. et m’en foutre plein les yeux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
de l’intérêt de ce journal ces temps-ci, alors même qu’une grand partie de ce que j’ai «&amp;nbsp;à dire&amp;nbsp;» passe dans le manuscrit en cours&amp;nbsp;? je ne sais pas trop, mais ne jamais trop oublier de se la poser cette question…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yourcenar&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;une des premières choses nécessaire pour l’écrivain&amp;nbsp;: l’attention (…) et puis être clair (…) ce que l’on fait n’est pas si important.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» (entretien filmé &lt;em&gt;Le paradoxe de l'écrivain, &lt;/em&gt;1981)… tiens, tiens… j’aime entendre dire ça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;09.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
gros temps gris. des averses de pluie, de grêle.&lt;br /&gt;
le matin encore une fois sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. il n’y a qu’à ce moment-là semble-t-il que j’ai assez d’énergie, de fraîcheur pour saisir l’ensemble, les enjeux et les contours, et parvenir, peu à peu, pas à pas, à avancer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
dans ce si peu&lt;br /&gt;
qu'est devenu le journal ces jours-ci&lt;br /&gt;
pourquoi tenir encore&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
c'est que c'est le temps&lt;br /&gt;
et qu'il est aussi parfois &lt;br /&gt;
là ainsi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;10.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
à 6 h 30 du matin sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, avant de partir bosser dans les arbres. j’avais mis le réveil à 5 h, mais n’ayant pas réussi à m’endormir hier soir, il a été vraiment trop rude, avec moins de 4 h de sommeil, de se lever aussi tôt. mais j’ai tout de même réussi ainsi à glaner quelques heures d’écriture avant de partir bosser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ce volume, &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, écrit effectivement avec ce qui &lt;em&gt;reste&lt;/em&gt;, subsiste des images, des impressions rétiniennes, des ambiances, des sensations affectives, ancrées, fournies par des lieux, des moments, qui nourrissent alors le livre. modelé avec les traces qui demeurent et marquent dans la souvenance profonde, et non avec l’actualité des faits. bel et bien une écriture d’après, comme je le soupçonnais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il ne faut pas s'astreindre à une œuvre, il faut seulement dire quelque chose qui puisse se murmurer à l'oreille d'un ivrogne ou d'un mourant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emil Michel Cioran &lt;br /&gt;
De l'inconvénient d'être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1272&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;11.04.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
longue méditation fenêtre ouverte.&lt;br /&gt;
matinée&amp;nbsp;: sur le manuscrit. toute la partie 2 posée, non plus seulement dans sa structure, mais maintenant dans une grande partie de sa «&amp;nbsp;chair&amp;nbsp;». le manuscrit atteint 220 pages.&lt;br /&gt;
après-midi&amp;nbsp;: gestion courante et boulot alimentaire.&lt;br /&gt;
soirée&amp;nbsp;: écrire encore un peu, lecture…&lt;br /&gt;
ce rythme devient récurrent. sans doute j’y trouve un équilibre.&lt;br /&gt;
l’intérêt d’en rendre compte ici, avec ces données brutes, sans analyse, sans conclusion, sans méditation particulière&amp;nbsp;? sans doute que cela témoigne encore de ce que c’est que de vivre… car il s’agit de ça, essentiellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à commencer à penser à ce que peut être une lecture publique de &lt;em&gt;cabane d’hiver&lt;/em&gt;, accompagnée d’une improvisation musicale : quelque chose de calme, sobre, épurée, avec beaucoup de silence derrière les mots. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>le lent travail en soi</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/03/28/le-lent-travail-en-soi</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b54cac134fc702b32e2f8f08b2017c8b</guid>
    <pubDate>Thu, 28 Mar 2013 22:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
19.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
écrire calme le matin. dans le silence tout autour. et dans la tentative de silence en soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la charnière oui est là. dans ce temps de pensée, de latence, de travail pour soi, en soi. où m’enfoncer et plus calmement et plus profondément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la différence de ton, de timbre, de voix, de langue entre le journal et le poème, le livre. tenter de la cerner. peut-être. &lt;br /&gt;
comme si ça ne parlait pas tout à fait exactement depuis le même endroit. les deux depuis la perception sensible, mais l’un plus avec la pensée, pesée, l’autre depuis les tripes, peu domestiqué. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
déjeuner avec Mathieu Brosseau. nous sommes bien en accord sur la futilité d’une certaine dynamique de milieu courant, entre autre, après une «&amp;nbsp;actualité&amp;nbsp;» (comme j’ai couru moi aussi à une époque). et cela fait un grand bien de se savoir ne pas ressentir cela seul.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
équinoxe (le 20 mars, jusqu'en 2044, le calendrier grégorien étant un calendrier solaire se basant non sur la révolution de la Terre autour du Soleil, mais sur le retour au point vernal du soleil chaque printemps, occasionnant donc un progressif et léger décalage de date)…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
le prunier met ses premières et toutes petites pousses de feuilles, entre chaque fleur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je file dans l’Isère.&lt;br /&gt;
journée d’enterrement&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
retour à la terre… et peut-être d’autant plus sensible, vivace pour des agriculteurs / retourner aux herbes, aux arbres, à l’humus / le cercueil scellé de cire rouge / la tante E a perdu sa fille, puis son mari, avant de retourner dimanche à l’étang, &lt;em&gt;la serve&lt;/em&gt;, reproduisant le geste même de sa mère, il y a quarante ans, dans la ferme voisine / l’église, noire de monde, gens debout, au fond, sur les côtés, derrière l’autel, dehors… plus de gens dehors qu’il n’a pu en rentrer dans l’édifice / une dignité touchante de l’assistance, soutien massif / lecture où trouver le ton sobre, et laisser, par du silence, légèrement résonner les mots, ceux de joie, en particulier / la route départementale coupée par le policier municipal (l’ex garde champêtre) pour laisser passer la procession, qui la remonte jusqu’au cimetière, à pas très lents / le caveau ouvert, le cercueil de dessous, de G, placé là il y a quatre ans, encore peu abîmé, quelques larges tâches sur le bois seulement / les deux amies de mes cousins, les «&amp;nbsp;conjointes&amp;nbsp;», à embrasser le cercueil, la dernière fois, ensemble, de concert, se tenant les mains. «&amp;nbsp;l’intelligence&amp;nbsp;» de ce geste, rassemblant, englobant, constituant cercle autour de ceux dans la peine / la grande intelligence de cœur aussi, comme l’on dit, des cousins&amp;nbsp;/ mon père et JC, s’étreignant, longuement / boire un verre, ensuite, et être tous &lt;em&gt;ensemble&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
une parole claire oui nécessaire. &lt;br /&gt;
après des années de pâte de langue malaxée, travaillée, peut-être ai-je atteint un point où, d’une recherche, je pourrais savoir sortir une parole accessible, entendable à toute oreille, simple, au-delà d’une certaine illisibilité courante&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
c’est l’un des «&amp;nbsp;enjeux&amp;nbsp;» maintenant aussi. &lt;br /&gt;
je l’ai cherché, et parfois obtenu, cette possibilité ouverte de partage large, par la scène, la parole portée. mais je souhaite désormais y parvenir aussi dans ce qui se dit par l’écrit.&lt;br /&gt;
cela est sans doute une étape d’importance dans mon cheminement… des choses se jouent en ce moment. je fais de grandes découvertes, extrêmement simples. comme souvent, en joignant l’évidence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
en fait, même ici, en ville, je suis encore comme en retraite ces temps-ci, à poursuivre là ma pensée comme un continuum lent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au retour, dans le train, je prends de nombreuses notes, que je rentrerai le soir dans l’ordi. et que je retravaillerai sans doute demain.&lt;br /&gt;
je lis Sylvain Tesson, &lt;em&gt;Dans les forêts de Sibérie&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;
retrouver dès le début de son livre les éléments qui m’ont été primordiaux aussi, dès l’arrivée dans la yourte au mois de janvier. presque étonné, mais à la réflexion cela est bien normal de retrouver de suite les mêmes simples gestes, les mêmes importances. le feu, en premier lieu, dans sa nécessité et puissance ancestrales, celui-là même qui nous a fait basculer sur la pente tendant à l’homme moderne, debout, Homo erectus. autre exemple&amp;nbsp;: le fait de donner des noms aux choses aussi, peu à peu.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
le printemps donc, depuis hier…&lt;br /&gt;
méditation. longue, comme depuis plusieurs jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
cela ne m’étonne guère que certains perçoivent dans l’entreprise d’un journal un «&amp;nbsp;je&amp;nbsp;» omniprésent, omnipotent. pourtant c’est un «&amp;nbsp;nous&amp;nbsp;». Montaigne&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» (Essais, 3, II, Du repentir)… tirer d’un intérêt intime une possible portée générale. sinon ne pas publier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le silence est notre langue maternelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
allez, Beckett encore…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
22.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
ciel blanc, très lumineux. 10 degrés dehors.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mon cousin, pilote d’avion, qui me dit qu’il a regardé mes livres. mais ce qu’il me décrit de sa tentative de lecture (comme beaucoup d’autres) serait un peu comme si moi-même j’essayais de me plonger dans des manuels techniques d’aéronautique. or, comme lui, dans son domaine, si nos ouvrages servent à échanger entre «&amp;nbsp;professionnels&amp;nbsp;», on se propose aussi de transporter du monde. et dans ce cas il vaut mieux sans doute, sans perdre en exigence ni oublier de jargonner quand nécessaire, savoir aussi s’exprimer en parole simple. je ne suis pas en train de dire qu’il faut rendre simpliste la recherche, le sens et la portée, mais éclaircir le trait.&lt;br /&gt;
sans doute est-ce sa remarque qui me fait basculer&amp;nbsp;: la chiquenaude finale d’un murissement latent depuis longtemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
il y a la ponctuation blanche (espaces, retraits, paragraphes…) et la ponctuation noire (les signes typo de ponctuation «&amp;nbsp;classique&amp;nbsp;»). (in Michel Favriau - &lt;em&gt;Quelques éléments d'une théorie de la ponctuation blanche par la poésie contemporaine&lt;/em&gt; - in &lt;em&gt;L'information grammaticale&lt;/em&gt; - 2004&amp;nbsp; n° 102)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
presque hâte de retourner en cabane. &lt;br /&gt;
là-bas, il me semble que je &lt;em&gt;voulais&lt;/em&gt; moins. &lt;br /&gt;
ici je suis infecté de désirs.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
ça sent violemment le printemps. température douce, les oiseaux chantent à tue-tête, le prunier passe doucement des fleurs aux feuilles, ses pétales blancs recouvrent le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
toute l’agitation de notre cervelle est visible dans l’agitation de nos mots. avec un peu de recul, c’est tout de même assez étonnant cette grouillance de vocables et concepts.&lt;br /&gt;
de la même façon, lorsque je vois une foule excitée j’y vois comme une assemblée d’amibes frétillant dans une boîte de pétri. question d’échelle. question de recul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beckett n’a pas mieux réussi que les autres. par contre il n’a pas trop mal échoué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
intrinsèquement, chaque être, en soi, a tendance à croire que le monde tourne autour de lui. la conscience, pour la plupart d’entre nous, est tout d’abord souvent construite ainsi au cours des âges. chaque être, parce que le point de source de sa conscience est en lui, se perçoit presque toujours comme le centre de la vision, donc du monde, alors qu’il n’en est qu’une parcelle, minuscule.&lt;br /&gt;
le détachement, c’est aussi tenter de percevoir détaché de soi. d’élargir son appréhension du monde, moins le «&amp;nbsp;nez dans le guidon&amp;nbsp;» du moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;L’ermitage resserre les ambitions aux proportions du possible. En rétrécissant la panoplie des actions, on augmente la profondeur de chaque expérience.&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
Avoir peu à faire entraîne à porter attention à tout chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie&lt;br /&gt;
éd. Gallimard, p. 134 et 166&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
toujours attentif à cette histoire d’attention. et de constater que l’attention, l’ouverture, simplement, peut rendre heureux. &lt;br /&gt;
mais il est tout de même un paradoxe dans cette ouverture&amp;nbsp;: c’est que, si elle développe bien l’attention, elle développe du même coup l’acuité à la futilité, la bêtise, les comportements malheureux, et en conséquence la difficulté à les supporter, les tolérer.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la parole claire c’est un dépouillement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
progressivement ne plus parler depuis le point d’agitation des clapots de surface mais depuis le calme de fond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ce que me laisse la cabane un gros mois après être rentré&amp;nbsp;: une sensation d’avoir habité le temps. pour un moment. et de là en particulier la qualité de l’écoute. les autres souvenirs, ceux des faits (le froid, la neige, le seul, couper du bois, batailler, les longues marches…), restent, leur goût puissant subsiste, mais leurs présences s’estompent, ils perdent en prégnance, en importance de sens comparés au rapport au temps, à l’écoute, découverts, vécus là-bas… &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau, frais.&lt;br /&gt;
et moi un peu sombre.&lt;br /&gt;
levé tôt, se cravacher pour bosser quand même. essayer de faire face, léger, détaché. faire profit de ce temps qui devient presque trop libre plutôt que de s’en angoisser.&lt;br /&gt;
après plusieurs heures ternes, je me mets alors au soleil, j’essaie de lire. j’essaie d’agir encore, de ne pas végéter. ou alors ne rien faire. et si c’est le cas que ce soit dans une grande insouciance. méditer. laisser penser, vagabonder.&lt;br /&gt;
il s’agit de se détacher plus, non pas du monde mais des affectations que le monde provoque en nous. se désamarrer ne signifie pas se retirer complètement, il ne s’agit pas en se déprenant de s’enfermer, de s’isoler, mais au contraire d’être dans une ouverture légère. &lt;br /&gt;
de profiter même de ce temps «&amp;nbsp;libre&amp;nbsp;» pour être plus vaporeux, aérien, se desserrer, accepter, d’autant plus que je suis moins pressé par les faits, les travaux et les urgences…&lt;br /&gt;
excellent exercice devant moi du coup, en ce moment, pour profiter d’apprendre à désaffecter parfois, et par là, ouvrir, élargir l’attention. être libre c’est cela aussi.&lt;br /&gt;
sourire de ça. arrêter de parler, de bosser, de tenter de bosser, d’être productif toujours. et, quand on ne l’est pas, de culpabiliser. laisser faire. ne rien faire. savourer sa liberté. le soleil qui entre dans la pièce. le silence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pour l’accueil de mes travaux je me sens entre deux mondes, alors même que je m’éprouve centré, en moi et sur mon axe de travail. c’est un peu déchirant. hâte de pouvoir publier ces livres en parole claire que je souhaite, et dont &lt;em&gt;cabane d’hiver&lt;/em&gt; est peut-être l’un des premiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je suis convaincu du bien fondé de mon cheminement à tenter d’être d’esprit libre. de toute façon c’est ainsi, pas choisi. alors cela signifie peut-être un isolement, mais que je crois temporaire, car ensuite me sera sans doute révélé le bénéfice d’une telle position, façon de penser, d’agir, de construire. peut-être aussi que je me trompe, que sur ce chemin je ne rencontrerai que peu âme vive qui vive, et que l’instinct grégaire, moutonnier de l’homme, majoritaire, ne peut s’y reconnaître.&lt;br /&gt;
et puis, si je suis dans une charnière aujourd’hui, il s’agit de ne pas en faire une rupture mais au contraire une continuité, une évolution douce, mûrie, dans l’absence de certitude mais dans la conviction de poursuivre son chemin, librement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pas évident avec ces pensées un peu sombres que j’ai depuis quelques jours de les «&amp;nbsp;sublimer&amp;nbsp;», d’en tirer profit, enseignement, moins grande ignorance, sagesse, calme, plutôt que d’y sombrer, les nourrir.&lt;br /&gt;
se dépouiller un peu affectivement pour soutenir une appréhension posée, une écoute fine, une vision ouverte des choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
bref, aujourd’hui je me débats.&lt;br /&gt;
j’ai même perdu le petit humour, latent, sous-jacent, qui sauve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
entretien avec O. F. qui prépare une thèse sur l’influence des outils logiciels sur la littérature, en particulier numérique. je conclus en déclarant que je ne suis pas un auteur d’outils mais un auteur à outils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
lecture du soir, moisson du jour&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;4.3.1995&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je traîne un peu sur le chemin du bureau. C’est samedi. Il fait un aigre temps de nord-ouest, qui emplit le ciel de cumulus étincelants et de vapeurs grises chargées de grésil. Et puis je suis au seuil d’un chapitre, dans l’incertitude grandes des commencements. Il s’agit de jalonner la route, qui est le difficile par excellence. Je m’efforce de tirer de l’ombre tragique où elle avait sombré la figure du cet artiste peintre, photographe de profession, qui se pendit, une nuit, de l’autre côté du mur des chambres où nous dormions, Gaby et moi. Il me semble, maintenant, comprendre ce qui l’a désespéré, acculé au suicide. Comme nous tous, il vivait trop loin, hors de portée de l’accomplissement dont, pourtant, il rêvait. Bien des drames obscurs dont je fus le témoin tenaient à ce qu’on ne disposait pas, à B., des moyens assortis aux fins prestigieuses, centrales qu’on avait osé envisager, à commencer par la clairvoyance qui nous aurait permis de nous procurer les premiers ou dissuadé de poursuivre les secondes. Tel était notre sort, tels cet âge intermédiaire, cet univers médian, entre la stupeur rurale environnante, oppressante, et l’attrait soudain de la grande ville lointaine, de Paris. Nous avions rompu avec la société agraire mais non pas atteint le seuil démographique à partir duquel une agglomération offre des chances sérieuses de succès dans les domaines rares, magiques, de l’invention artistique. Nous étions sortis de l’analphabétisme mais trop peu frottés de culture savante pour nous connaître nous-mêmes et remédier à l’insuffisance profonde dont nous étions frappés par le développement inégal&amp;nbsp;; Au-delà des figures chétives, tragiques que j’ai rappelées des rives du Léthé, c’est à l’histoire du monde que je touche, à la sourde pulsation de la longue durée, aux structures pluriséculaires de la production matérielle et des représentations collectives. c’est parce qu’ils ne pouvaient pas, ne savaient pas, et malgré cela, voulurent, que les hommes à qui je n’ai rien dit, quand nous vivions, et dont je parle, aujourd’hui qu’ils ne sont plus, furent malheureux, désespérèrent et moururent avant l’heure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre Bergounioux&lt;br /&gt;
Carnets de notes, 1991-2000 – éd. Verdier, p. 533&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
26.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
au réveil, méditation quotidienne. &lt;br /&gt;
puis à écrire &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; en tentant de m’isoler au maximum. il avance, mais lentement, difficilement. 75 toutes petites pages (ai choisi un format très étroit, contenant l’équivalent d’un tiers de feuillet, et certaines sont à peine couvertes, peu de mots). 75 pages donc à peu près stabilisées, et une centaines de plus d’éléments en vrac. je pousse ces pages devant, comme une machine un remblai, puis nivelle. &lt;br /&gt;
c’est peut-être une suite, une continuité de &lt;em&gt;la plui&lt;/em&gt; qui est en train de se construire… 3 h 30 dessus, focalisé, concentré, suis foutu comme une brute ensuite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
après-midi aux tâches de gestion quotidienne.&lt;br /&gt;
18 h&amp;nbsp;: revenir à écrire, un petit moment, avant de sortir.&lt;br /&gt;
poursuivre l’effort. dedans de plus en plus. jamais moins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la puissance du recul je ne m’en dispenserai plus maintenant. me rappelle ces moments où j’allais au jardin des plantes regarder les singes vivre. et, par là, nous voir parfois.&lt;br /&gt;
peut-être, y faut-il un petit pessimisme, une légère blessure initiale pour obtenir ce retrait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je pourrais tout passer au numérique, mais, à la réflexion, garder au moins les carnets manuscrits, de premières notes, pour conserver le savoir d’écrire à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;27.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
lever tôt. méditation.&lt;br /&gt;
ensuite, à tenter d’écrire &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. mais je suis maintenant devant le tas de remblais et je bataille sur le front des matériaux accumulés, bruts, pêle-mêle. plusieurs heures sur un seul tout petit paragraphe de moins de dix lignes…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
après-midi, à nouveau, aux tâches de gestion quotidienne. les premières dates de grimpe qui s’annoncent, à préparer, signe que la saison arrive.&lt;br /&gt;
le soir, je n’arrive à rien écrire de nouveau, alors je corrige.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;28.03.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
lever tôt. méditation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S vient d’apprendre que D, un jeune dont elle s’est occupée dans le cadre d’ateliers théâtre dont l’objectif était social, vient de se faire descendre dans sa cité. du 9 mm dans le crâne… et le dos.&lt;br /&gt;
le drame révoltant, ulcérant du déterminisme social. d’autant plus concernant une personne qui avait tenté souvent de s’en «&amp;nbsp;sortir&amp;nbsp;», mais sans avoir eu les possibilités réelles de s’extraire du milieu toxique où il baignait, et se noyait, et qui, dans le même temps, était son environnement d’attache, où ses origines avaient racines… ce «&amp;nbsp;gâchis&amp;nbsp;», choquant, je l’avais déjà plusieurs fois vécu lorsque je travaillais dans l’insertion, la médiation, avec de nombreux jeunes que j’avais pu suivre plusieurs années, avec parfois des avancées notables, en particulier lorsque l’on partait s’extraire, lors de stages, de camps en pleine nature, mais dont le bénéfice malheureusement se dissolvait le plus souvent assez vite dès le retour. ça n’est pas pour cela que nous abandonnions, que nous ne soutenions encore la personne dans ses efforts, mais le poids, la pression phénoménale du milieu, du terrain pourri, trop souvent venait à nouveau presser, écraser, annihiler les tentatives. un pas en avant était alors fréquemment suivi de deux en arrière, mais, ensemble, inlassables, nous recommencions, espérant que quelques grammes de bénéfices subsisteraient, de la tentative d’attention, de repères, de cadre donnés, et si ce n’était dans l’immédiat, en tout cas pour le futur, que la personne pourrait grandir, faire profit de ce petit bout de bagage sain.&lt;br /&gt;
mais c’est qu’il y avait aussi communément un autre déterminisme qui «&amp;nbsp;enrichissait&amp;nbsp;», augmentait le précédent, qui, par le fait d’avoir grandi, de s’être construit dans la déliquescence sociale, la carence éducative, la violence relationnelle, de s’être confronté plus souvent que de raison à l’échec, finissait par constituer comme un interdit inconscient de réussite. alors les perches tendues, les opportunités, les ouvertures ne pouvaient être prises, voire même rejetées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
matinée sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. à travailler dix, quinze phrases, à peine pleinement satisfaisantes. pas arrivé à avancer plus. le matériau brut, très dense, résiste, il est difficile d’y pénétrer, d’y frayer une sente praticable, à peu près carrossable.&lt;br /&gt;
après-midi de folle gestion administrative… peu d’intérêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>peut-être impossible</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/03/19/peut-etre-impossible</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:06d7f5527bb8a04e61d5f5c2a4cb9b0e</guid>
    <pubDate>Tue, 19 Mar 2013 17:54:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
-1. grand beau sur la neige accumulée sur env. 10 cm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Ce que je fais m’apprend ce que je cherche&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» dit Soulages. et cela illustre ma pensée d’hier, à savoir que le journal, n’est pas projection ou témoignage à postériori de la recherche, mais le front de taille lui-même, &lt;em&gt;sur&lt;/em&gt; le front de taille de lui-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;à travailler.&lt;br /&gt;
(je suis parfois dans 4 ou 5 manuscrits ou articles de front.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
2 au réveil dehors.&lt;br /&gt;
méditation quotidienne, où je n’arrive pas à lâcher complètement depuis quelques temps. à 8 h à la table, et cela depuis 3 ou 4 jours alors que je suis essentiellement un noctambule. un peu nauséeux de fatigue tout de même, et je n’arrive pas à travailler.&lt;br /&gt;
du coup je lis, je regarde des entretiens (dont Juliet), et c’est lire aussi.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ça rend sauvage l'écriture. On rejoint une sauvagerie d'avant la vie. Et on la reconnait toujours, c'est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut pas écrire sans la force du corps…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Marguerite Duras&lt;br /&gt;
Écrire&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour poursuivre encore (la note du 12 en particulier)&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
le journal est probablement une forme de longue méditation&amp;nbsp;: sur le monde, pour le connaître moins mal, sur soi, pour se connaître mieux. et cela est d’abord une tentative de voir plus largement, d’accueillir plus ouvertement et plus amplement ce qui nous constitue, ce qui constitue ce qui &lt;em&gt;est&lt;/em&gt;. et donc, autant qu’il est possible, avec, d’abord, une bienveillance. ensuite éventuellement peut être décidé une résistance, voire une opposition (mais peut-être cette résistance est-elle aussi, en amont, le levier, le moteur d’une telle méditation, de cette volonté de tenter, au-delà du déjà convenu, de recevoir, de &lt;em&gt;voir&lt;/em&gt; vraiment, d’entendre, de comprendre, par soi-même).&lt;br /&gt;
le journal devient une partie du travail central, la marque, l’empreinte du continuum de la pensée, de la méditation, de la sensation du toucher au monde&amp;nbsp;; et donc aussi l’empreinte de l’écriture, celle autre, qui se joue autour, ailleurs, dans d’autres volumes et qui font livres, indépendants, autonomes peut-être. central aussi évidemment parce que ce qui s’y mène là est sans apprêt je crois, dans la simplicité sans mensonge d’être face à soi et à ce que l’on tente de pénétrer, embrasser, saisir, déchiffrer, entendre…&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Être à la fois dans le singulier et l'universel, c’est cela l’œuvre d’art.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;C. Juliet&lt;br /&gt;
entretien avec Jean-Paul Hirsch&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’ai trop voulu être, et j’ai oublié de vivre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Cocteau&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je suis en train de me déplacer, me transporter ailleurs. &lt;br /&gt;
je m’isole peut-être…&lt;br /&gt;
je me mets de moi-même à l’écart.&lt;br /&gt;
je veux mener le lent travail en soi.&lt;br /&gt;
descendre plus dans cette recherche. &lt;br /&gt;
où écouter mieux.&lt;br /&gt;
cela m’est maintenant encore plus nécessaire.&lt;br /&gt;
cet enfoncement.&lt;br /&gt;
c’est irréversible.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: l’écrire à l’abri, au retrait, par devers soi, et dans le temps patient qu’il lui faudra, quand il se dira de lui-même.&lt;br /&gt;&lt;p&gt;
je sais ce que je cherche à dire là-dedans. et c’est peut-être impossible.&lt;br /&gt;
et peut-être est-ce pour cela même que je continue. pour ce manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;grand beau aujourd’hui. et je suis à peine sorti…
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jour de rien, cette impression que rien ne se passe mais où il se passe quand même quelque chose… jusqu’au soir au café…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
rentré à 6 h du mat avec quelques amis tout proches. ai écrit encore un peu, couché à 6 h 30. &lt;br /&gt;
quelques heures de sommeil, et le soleil le matin sur mon bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;glaner des éléments pour sa recherche, partout, tout le temps…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;journal&amp;nbsp;: lieu qui peut, presque, tout recevoir, tout accueillir.&lt;br /&gt;
juste quelques morceaux, moches ou trop intimes, que je ne publie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on ne réussit pas tout. statistiquement c’est même assez faible la réussite. l’échouage serait plutôt la règle, et peut-être même la condition de l’essai, de la tension vers avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;être dans la rue pour manifester contre les massacres en Syrie. une foule qui crie, scande «&amp;nbsp;assassin&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», c’est tout sauf commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lecture de Valéry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
journée à travailler. sauter d’un projet à l’autre, ça commence à être un peu épuisant. j’essaie du coup d’en clore le plus possible, et ainsi tenter de centrer un peu plus l’énergie. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pas grand chose d’autre à dire aujourd’hui.&amp;nbsp;
&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce que l'écriture veut dire - elle veut dire que je ne m'en tire pas… &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;D. Fourcade&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;D'être seul et de se taire, on voit les choses autrement qu'en société ; en même temps qu'elles gardent plus de flou elles frappent davantage l'esprit ; les pensées en deviennent plus graves, elles tendent à se déformer et toujours se teintent de mélancolie. Ce que vous voyez, ce que vous percevez, ce dont en société vous vous seriez débarrassé en échangeant un regard, un rire, un jugement, vous occupe plus qu'il ne convient, et par le silence s'approfondit, prend de la signification, devient événement, aventure, émotion. De la solitude naît l'originalité, la beauté en ce qu'elle a d'osé, et d'étrange, le poème. (Et de la solitude aussi, les choses à rebours, désordonnées, absurdes, coupables.)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Thomas Mann&lt;br /&gt;
La Mort à Venise&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il pleut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;j’ai eu cette chance cet hiver de n’avoir eu que écrire à faire, quasiment. mais je fatigue je crois. c’est que &lt;em&gt;book 0&lt;/em&gt; est sorti (ce qui a signifié travail intense de corrections et de maquette)&amp;nbsp;; j’ai retravaillé &lt;em&gt;UUuU&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; écrit, puis remanié &lt;em&gt;cabane d’hiver&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; donné 4 ou 5 articles à des revues&amp;nbsp;; rédigé de nombreux dossiers de résidences et bourses, sans suite favorable pour le moment&amp;nbsp;; et, parallèlement à tout cela, comme en tâches de fond, mené la pensée qui se dépose ici dans ce journal&amp;nbsp;; et tenté de circonscrire et avancer, avec peine, difficulté, ce que je considère peut-être comme le travail central&amp;nbsp;: &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;
mais je ne sais que mal m’arrêter, quand un peu d’air frais, d’autres activités, me feraient du bien, réalimenteraient le bocal cérébral en fluide neuf. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aller au café, &lt;em&gt;Chez karole – café afghan&lt;/em&gt;. vivre autre chose, que le seul travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
soleil et pluie mêlés, température douce. pendant ma méditation, un premier plan de primevères, puis un second de pluie et de jardin, et un arrière-plan de soleil.&lt;br /&gt;
giboulées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; avance ce matin, à tout petits pas, menus.&lt;br /&gt;
toute la journée dessus même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;marche sous la pluie, les giboulées. un homme dans «&amp;nbsp;sa&amp;nbsp;» cabine téléphonique, et son amoncellement de bagages, &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; là.&lt;br /&gt;
il existe un homme, une vie là qui se déroule.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si tu veux voir écoute d’abord, l’audition est un degré vers la vision.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Saint Bernard&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je n’aurai pas eu le temps de vivre, occupé de savoir en quoi cela consistait.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Pierre Bergounioux&lt;br /&gt;
13.10.1994&lt;br /&gt;
Carnets de notes, 1991-2000 – éd. Verdier, p. 480&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la tante de mon père, ce matin, s’est jetée dans l’étang de la ferme familiale. c’est mon cousin qui l’a retrouvée, trop tard…&lt;br /&gt;
cela ne me brasse pas immédiatement, mais je re-prends conscience, comme régulièrement, ce que l'on oublie pourtant souvent dans le quotidien, du bonheur que c'est de vivre avec S, mes filles, les tout proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je goûte profondément l’exposition et l’interaction publique, par ses possibilités de présence, de partage, mais c’est tout de même un peu une traversée du désert en ce moment de ce point de vue. ceci dit cela n’est pas l’important fondamentalement (et je ne cherche plus la visibilité égocentrée, vaine, à tout prix, non plus que l’actualité coûte que coûte). je mets alors cela à profit pour travailler, écrire… pour poursuivre, plus profondément, une maturation, une conscience qui est l’objet, le fond de mon travail, de mon effort.&lt;br /&gt;
cette pratique de conscience, progressive, cette pratique d’une connaissance se veut tout à la fois simple, continue, bienveillante… et l’écriture, outre son travail d’une pâte de langue, de son éperdu questionnement sur notre béance de parole, en est aussi l’outil.&lt;br /&gt;
cet effort que je porte, constant, a également sans doute de plus en plus à voir avec «&amp;nbsp;servir&amp;nbsp;». dans ce sens où tenter de se comprendre mieux, de nous comprendre moins mal, c’est dégager, favoriser nos potentialités d’attention, d’harmonie, de concordance avec soi, donc avec autrui… là où il est si facile d’encourager l’inverse, l’égocentrisme ou le penchant néfaste, pervers, des pulsions collectives, apeurées, d’agressivité, d’oppression, parfois historiquement concentrées en de larges groupes socialisés par la violence.&lt;br /&gt;
c’est que nous avons cette conscience, unique probablement ou quasiment dans le règne vivant, de notre finitude… qu’elle génère la peur constitutive, l’inquiétude intrinsèque, intuitive, fondamentale, (con)substantielle à notre lucidité, notre lourde clairvoyance. &lt;br /&gt;
et cette inquiétude, se diffusant, préside alors à beaucoup de nos pulsions de défense, de défiance, de méfiance de l’inconnu, du non maîtrisable, de l’autre… alors qu’il est, avec cette même conscience, moyen, avec quelques efforts dépassant le pulsionnel et la peur, d’en faire un usage raisonné, un allié clair et transparent, puissant, d’un calme et d’un un peu plus sage discernement.&lt;br /&gt;
ce mûrissement c’est participer, contribuer à comprendre, à étendre, à désencombrer une écoute fine du monde, et de notre humanité dedans, en tant qu’entité globale, interdépendante, et, accessoirement, d’une existence statistiquement miraculeuse (ce que nous démontre la cosmologie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
je me lève exténué&amp;nbsp;: insomnie, puis cauchemars. l’image de l’étang et de son Ophélie.&lt;br /&gt;
à travailler toute la journée avec cet épuisement, à «&amp;nbsp;ramer&amp;nbsp;», à pousser, se forcer, sans faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>entretien radio 17 janvier 2013</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/03/15/entretien-radio-17-janvier-2013</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:bcacc259d294d3ec1be7de08ae091c39</guid>
    <pubDate>Fri, 15 Mar 2013 22:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>plateau</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
chez radio Poitou&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?pf=player_mp3.swf&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;
&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?pf=player_mp3.swf&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;showvolume=1&amp;amp;loadingcolor=ff9900&amp;amp;bgcolor1=eeeeee&amp;amp;bgcolor2=cccccc&amp;amp;buttoncolor=0066cc&amp;amp;buttonovercolor=ff9900&amp;amp;slidercolor1=cccccc&amp;amp;slidercolor2=999999&amp;amp;sliderovercolor=0066cc&amp;amp;mp3=http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/sons/radio_poitou_20130117.mp3&amp;amp;width=200&amp;amp;height=20&quot; /&gt;
Fichier audio intégré&lt;/object&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>sans trop de bruit</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/03/11/sans-trop-de-bruit</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:02743689b8f49389004a2c37eeef3f7c</guid>
    <pubDate>Wed, 13 Mar 2013 11:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;01.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
gris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;s’atteler à la tâche tous les jours. même les jours de fatigue (la nuit précédente a été une belle insomnie).&lt;br /&gt;
travailler jusqu’à 15 h, puis arrivée d’amis proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de plus en plus encore, besoin d’être à mon travail — et même quand les vieilles amitiés sont là. qu’est-ce à dire&amp;nbsp;? clos dans ce que je mène&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
ce penchant pour un léger recul auquel j’incline depuis des années, et qui va s’accentuant, me conduit à cette façon de regarder toute chose avec une petite distance, associée à ce goût spontané, instinctif, involontaire mais assuré de franc-tireur, à ce besoin d’indépendance constitutif.&lt;br /&gt;
ainsi les amis discutent, et je les écoute, surtout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
temps gris clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;couché à 5 h 30 du matin, levé à 9 h. peu de temps après la réveil ma fille subit une légère agression avec vol d’argent. mais elle a riposté, a &lt;em&gt;pu&lt;/em&gt; le faire, il y a eu peu de violence au final, et les passants ont répondu à ses appels en venant à son secours. toutes choses importantes pour se remettre du choc. la faire parler, «&amp;nbsp;sortir&amp;nbsp;» ça, puis commissariat et plainte (elle réagit avec une grande noblesse, en particulier quand il s’agit devant la police de décrire la «&amp;nbsp;typologie&amp;nbsp;» des agresseuses, elle évite soigneusement de les &lt;em&gt;typer&lt;/em&gt; justement par trop).&lt;br /&gt;
revenir ensuite à travailler, alors que je suis encore dans les brumes de la nuit…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de mon séjour sur le Causse, dans la yourte, me reste le silence. l’écoute. essentiellement.&lt;br /&gt;
le reste disparaît peu à peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;03.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la vie. calme aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;04.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau. il fait très doux.&lt;br /&gt;
à travailler fenêtre ouverte, au sud. on avance doucement vers les jours longs, de lumière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;expédier les affaires courantes puis bosser sur l’article que l’on me demande sur la grotte Chauvet. je trace les grandes lignes, puis place, selon ces axes, le contenu et&amp;nbsp; les éléments extraits de ma nombreuse documentation et de mes précédents écrits. 4 h de boulot au minimum aujourd’hui ont été nécessaires pour avoir toute la matière, il restera à écrire, agencer.&lt;br /&gt;
essayer ensuite de sauver du temps pour le travail central personnel. puis sortir marcher, respirer l’air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je laisse reposer &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, dans lequel je ne vois plus rien de clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;05.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau encore, temps extrêmement doux. les premières fleurs (trois) du prunier ont éclos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;à écrire sur Chauvet. avancer, comme au bulldozer, pour niveler l’énorme tas de matériaux que j’ai accumulé, mais j’arrive à peu près à frayer le chemin. 3 ou 4 h plus tard la voie est tracée entièrement, restera pour les jours suivants à l’aplanir, débroussailler, dégraisser, réduire, éclaircir, polir…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ce soir je découvre en fermant les volets que le prunier a mis une grande partie de ses fleurs, en une seule journée. dans la nuit, au travers des rais de lumière de la chambre, c’est une explosion soudaine de neige.&lt;br /&gt;
c’est une petite joie de sentir ainsi le printemps revenir pas à pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cette décision de ne faire qu’écrire cette saison d’hiver, qui est dans les faits en ce moment… je suis presque étonné d’être dedans, dans ces jours consacrés à l’écriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;06.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
un peu gris mais toujours très doux, aux alentours de 13 degrés dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;matinée à travailler sur Chauvet, après-midi à commencer un peu à préparer la saison grimpe.&lt;br /&gt;
un peu épuisé par les couchers trop tardifs, par l’enchaînement des textes produits, par l’aspect mono-tâche peut-être aussi, mais pas de quoi se plaindre puisqu’il se passe exactement ce que je voulais, à savoir dédier l’hiver à écrire, presque uniquement. mais je m’inquiète tout de même, en arrière-plan, du peu de projets prévus avec rémunération, alors même que je travaille sans arrêt. j’en ai lancé beaucoup, mais je ne saurai pas avant plusieurs mois comment ils vont «&amp;nbsp;retomber&amp;nbsp;», s’ils seront acceptés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et toujours cette bizarre impression de ne pas voir les jours passer, de ne pas bien savoir ce que l’on en a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lecture d’Adorno. et poursuite de lectures de journaux (Bergounioux, Kafka) et de celles sur l’espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;07.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
légère pluie, température douce toujours.&lt;br /&gt;
au réveil, après avoir méditer devant le prunier, avant dernier «&amp;nbsp;repassage&amp;nbsp;» sur l’article sur Chauvet. il en faudra encore au moins un autre. il est arrivé à une vingtaine de feuillets.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quelque chose cherche à naître. Mais je ne sais pas ce que c’est. Je ne pars jamais d’un savoir. Il n’y a pas de savoir possible. Le vrai n’est pas un savoir. &lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
Les mots ne sont rien. Ils ne sont que du bruit. Il faut beaucoup s’en méfier. Quand je vais vers la toile, je rencontre le silence.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Bram Van Velde &lt;br /&gt;
in Charles Juliet, rencontres avec Bram Van Velde - POL&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;quand j’écris je vais aussi vers un silence. l’écriture est muette, elle ne fait pas de bruit.&lt;br /&gt;
j’écris pour écouter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;08.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
temps doux. les primevères sont éclatantes sur le rebord des fenêtres&amp;nbsp;: rouge pourpre profond, bleu roi et indigo, jaune, violet. les tulipes et narcisses ne sont encore qu’en feuilles. le prunier déploie ses fleurs blanches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;du mal à avancer les autres écrits que je dois donner, il faut dire que depuis mon retour des Causses j’ai enchaîné les créations ou corrections de textes. c’est un peu de la production en série… un peu sec&amp;nbsp;du coup.&lt;br /&gt;
et puis finalement, après avoir rassemblé pendant plusieurs heures, plusieurs jours, un grand nombre d’éléments épars pour l’un des derniers textes, sur le passé, le premier jet, l’axe, la colonne centrale se compose soudainement en une petite heure… restera encore à fignoler. ceci dit j’ai l’armature, le plus dur est fait, mais je suis passé en force.&lt;br /&gt;
épuisé après une telle décharge, à laquelle s’ajoute sans doute les nuits trop tardives depuis quelques jours et cette série de textes, je m’accorde des vacances quelques heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Maintenant tu demanderas : qu'est donc le détachement, pour qu'il cache en lui pareille puissance ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Maître Eckhart&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nous tout petits&amp;nbsp;; voir l’horizon comme le bord de la terre, et sa courbure&amp;nbsp;; se sentir sur une boule flottant dans l’espace&amp;nbsp;; en regardant le ciel de nuit non pas voir le ciel seul se déplacer mais aussi la terre tourner… tout cela ce ne sont plus des «&amp;nbsp;figures&amp;nbsp;» pour moi, mais des sensations.&lt;br /&gt;
c’est sans doute, en partie, le fruit de mes lectures et des nombreux visionnages de films sur le sujet depuis quelques temps. la conscience évolue, et le regard, la perception en conséquence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;09.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
large bleu, plus de 15 dehors. on entend les abeilles qui butinent dans le prunier pour le premier jour. tout le jardin bourdonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;soudain dans l’après-midi, seul, toute la famille partie, le silence arrive, juste le bombillement des abeilles, un très léger bruit de la ville, au loin, et le soleil, grosse étoile blanche aujourd’hui, traverse les fleurs blanches du pruniers, translucides devant le ciel entièrement bleu.&lt;br /&gt;
et on annonce de la neige pour les jours à venir…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;regarder vivre les autres, les écouter, les lire parfois, ça participe à la tentative, intime, d'être moins étroit, moins indigent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en soirée, au café, comme hier.&lt;br /&gt;
le plaisir d’être avec les «&amp;nbsp;autres&amp;nbsp;», parler, discuter avec eux, et les voir aussi, vivre, les voir faire, les voir être, j’aime ça. &lt;br /&gt;
une perle de comptoir ce soir dans les discussions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;l’ignorance c’est la base du camping&amp;nbsp;». il est vrai que parfois il vaut mieux avant de camper ne pas connaître les conditions que l’on rencontrera.&lt;br /&gt;
dans ces conversations de bar, assez souvent à bâtons rompus tout de même, l’on se rend compte aussi là que savoir écouter, autrement dit la capacité d’ouverture, est probablement l’une des choses les moins bien partagée dans l’humanité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
nette baisse des températures. nous avons perdu pas loin de 10 degrés. il fait 7 en milieu de journée. les abeilles ne sont plus là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: ai éclairci, nettoyé le fichier du tapuscrit, pour tenter d’y travailler dans les jours à venir. j’y vois un tout tout petit peu plus clair. mais écrire mes trucs quand ça s’écrira. y bosser mais ne pas forcer, je ne pense pas que ce soit la bonne chose.&lt;br /&gt;
la structure est là, mais l’argument est mince, mince, c’est que &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2008/10/23/195-minimum&quot;&gt;j'écris maigre&lt;/a&gt;, et puis je veux juste traiter de quelques grandes choses essentielles, et de la manière la plus simple, épurée, dépouillée possible.&lt;br /&gt;
faire un petit monde.&lt;br /&gt;
sans trop de bruit.&lt;br /&gt;
peut-être ai-je trouvé la manière avec laquelle je veux de parler. peut-être.&lt;br /&gt;
rien ne presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ma luné ce soir, et cela n’est guère apaisé lorsque je vois qu’un lien posté en soutien au peuple syrien sur les réseaux sociaux récolte quelques rares «&amp;nbsp;j’aime&amp;nbsp;» ou partages, quand n’importe quel autre truc insignifiant, débilitant en déclenche des centaines…&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ne peux pas écrire une phrase qui ne contienne pas une dose de rébellion. Sinon elle ne m'intéresse pas. Je suis toujours indigné de tout ce que je vois…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Albert Cossery&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La recherche du moyen de faire cesser les choses, taire sa voix, est ce qui permet au discours de se poursuivre.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Beckett – L’innommable&lt;br /&gt;
éd. de Minuit p. 21&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
levé très tôt, pour tenter d’écrire, et me pencher sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, avant de travailler aux tâches quotidiennes.&lt;br /&gt;
gris, pluie, froid (4°). le prunier, en fleur, comme une boule de neige. le soir c’est une grosse pluie qui tombe, au lieu de la neige annoncée. ça ne m’étonne guère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;passé une partie de la journée sur &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. je peine, mais j’ai désormais une partie 1.1 non définitive mais à peu près propre. la rampe de lancement est grosso modo dégagée. ensuite, il faudra lier cela à la suite dont je n’ai que des bouts, fragments, nombreux mais épars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;j’ai très peu d’invitations pour cette année à des festivals, conférences, interventions… je ne sais pas s’il faut que je m’en affecte, car c’est à prendre peut-être du coup comme l’opportunité d’avoir du calme,
et le mettre à profit. et puis j’ai déjà la chance de voir mes livres publiés, mes textes reçus. je me rappelle bien cette époque, longue, où personne n’en voulait de ce que j’écrivais.&lt;br /&gt;
ne pas chercher la gloriole. ça commence par là. abandonner tout ça. qui est vain, futile, faux, toxique même pour la véritable recherche de fond, mais après laquelle nous sommes tant à courir, et qui est même le moteur principal, affectif, affecté, de la constitution de nombreux «&amp;nbsp;milieux&amp;nbsp;». ceci dit je dois avouer qu’il m’en reste des traces de cette poursuite, et elle me pollue encore. &lt;br /&gt;
se (con)centrer plutôt, sur le travail central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12.03.13&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
levé tôt. méditation, puis dès 8 h à la table.&lt;br /&gt;
0 degré. il neige. suffisamment pour blanchir le sol et le jardin. et c’est étonnant de voir les fleurs blanches du prunier ourlées de neige, on dirait de grosses boules de coton, flocons de fleurs sous flocons de neige. j’ai dû rentrer les primevères. leurs délicates couleurs se détachent sur la neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;après écrire, repérage sur les toits de l’école des Mines pour une descente en rappel. retour à pied par le Luxembourg tout blanc.&lt;br /&gt;
il neige toute la journée. ça commence à pas mal déposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ai terminé l’article sur Chauvet. 13 feuillets. ça aura aussi été l’occasion, pour moi, de faire une synthèse de mes quelques connaissances sur le sujet. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos du journal de Bergounioux&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ma 16.12.1980&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce cahier parce que je sens que s'effacent, à peine posées, les touches légères qui confèrent aux heures de notre vie leur saveur, leur couleur. Il ne subsiste plus, avec l'éloignement, que des blocs de quatre ou cinq années teintés grossièrement dans la masse. J'aimerais bien avoir conservé quelques lignes du temps d'avant — d'avant la conscience du monde et de soi, de la fièvre et de l'urgence, de la certitude de mourir. Mais c'est parce qu'elles m'étaient épargnés que je n'ai pas éprouvé le besoin de rien noter.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Pierre Bergounioux&lt;br /&gt;
Carnet de notes, 1980-1990 - éd. Verdier&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;il y a bien sûr, d’abord, le fait que je le lise, et apprécie l’ouvrage, parce que sa réflexion est d’une clarté et tonicité achevée. et puis que nos entreprises, modestement, s’y ressemblent.&lt;br /&gt;
s’y ressemblent en particulier dans le fait qu’il y faut un grand ordre et mouvement maniaque, pointilleux, monomane. toute chose que je connais bien.&lt;br /&gt;
mais, si mener une telle affaire littéraire relève d’une discipline que l’on s’impose férocement à soi-même, ce n’est pas pour moi une astreinte du même ordre&amp;nbsp;: je ne ressens pas qu’il y ait «&amp;nbsp;tourment&amp;nbsp;» mais plutôt une nécessité passionnée, même s’il y a de grandes différences entre une page sortie dans l’excitation, ou dans le calme profond, ou bien dans le travail acharné, dur, répétitif, que l’on sait sans achèvement possible.&lt;br /&gt;
même si l’exercice, la pratique du journal viendrait d’une conscience de notre finitude, il n’y a pas pour moi la même ombre jetée dessus l’entreprise, pas de ce même «&amp;nbsp;pessimisme&amp;nbsp;» ontologique&amp;nbsp;; ombre, on le sait, que toute la faible lumière acquise par la conscience, la connaissance ne saurait atténuer, faire reculer pleinement, pourtant.&lt;br /&gt;
alors, évidemment ce genre de livre, de «&amp;nbsp;projet&amp;nbsp;» est une influence, mais essentiellement diffusée dans l’exigence de comprendre, dans l’exigence de clarté. et dans le ton aussi, simple, bas. pour l’astreinte à la tâche, infinissable, je m’en charge déjà assez bien tout seul.&lt;br /&gt;
pas non plus, dans ce que je tente, de cette recherche angoissée de la compréhension du «&amp;nbsp;temps d’avant&amp;nbsp;», et de l’en extraire ainsi de l’ombre, de l’oubli&amp;nbsp;: c’est que, sans doute, nos ascendances, nos modes de vies d’origines ne sont pas les mêmes, et que pour lui elles n’ont pas perduré.&lt;br /&gt;
je suis dans une écriture de l’actuel, du présent sans fin (j’écris d’ailleurs quasiment dans l’instant même de la survenue du fait, de l’idée, de la pensée, et non, comme lui, le lendemain. cela peut paraître anodin, mais il y a là une différence d’approche d’importance).&lt;br /&gt;
mais serait-ce vraiment la certitude acquise de mourir qui ferait le moteur de la tenue d’un journal&amp;nbsp;? je ne crois pas, pas chez moi, ou en tout cas pas du tout d’une manière inquiète, plutôt calmement lucide, mais le mobile, le ressort serait plus précisément l’absorption dans ce fascinant cours du temps (et non forcément le sentiment, cru, de sa fin), sur lequel inscrire ses menues avancées.&lt;br /&gt;
évidemment cela est lié au mourir, je le sais là celui-là, mais ce journal n’est pas, essentiellement, pour lutter contre l’écrasement des faits, des heures, dans les strates du temps, du souvenir vague, qu’accompagne une mélancolie légère. mon travail est d’évidence un travail du temps certes, mais, originellement, de la notation de ce qui se joue à l’instant, de là où l’on en est, ici, aujourd’hui, et non pas de celle consignée pour préserver de la disparition, pour &lt;em&gt;garder&lt;/em&gt; trace, comme témoin, et en retrouver la marque, l’empreinte, plus tard. bien sûr cela peut servir à re-trouver, et souvent le journal m’est le lieu où re-connaître tel passage, telle pensée déjà pensée, mais il constitue plutôt, plus que son simple témoignage, le front de taille lui-même, il est l’avancée sur la ligne d’ouvrage. sur la présence brûlante du présent.&lt;br /&gt;
il y aurait là dans ces mots comme pour solder quelque chose… une influence, une dette&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 h 30. claqué. en suis à 14 heures de boulot. arrêter quelques heures de travailler. un petit whisky. lire. manger. m’y remettre un peu, 1 heure ou 2. puis dormir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>après</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/02/28/apres</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:eb7826f0f833d8f0c626cf5b00ca8dda</guid>
    <pubDate>Fri, 01 Mar 2013 11:40:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;20.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
soleil, léger voile de nuages fins.&lt;br /&gt;
le prunier est là. il a de toutes petites pousses fraîches de feuilles, vertes, tendres, presque blanches. les tulipes et narcisses ont fait aussi de grandes feuilles. la mousse a envahi le gazon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
retour dans la &lt;em&gt;multitude&lt;/em&gt; des villes.&lt;br /&gt;
la densité. &lt;br /&gt;
la subtilité et la complexité des organisations, et des schémas sociétaux. la rapidité, célérité aussi des échanges, des déplacements, de toute activité. une accélération par rapport à ma vie du Causse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
retrouver aussi quelques futilités, dans la recherche du confort et de la distraction en particulier, dès l’observation des gens dans le TGV. mais rend-il heureux ce mouvement de l’homme, de l’animal homme, vers ce désir-là&amp;nbsp;? ressent-il ensuite, une fois satisfait, à satiété, du bonheur&amp;nbsp;? où n’est-ce qu’une fuite, toujours, en avant, affrétée, armée par le désir, insatiable, insatisfiable&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
j’ai été aussi, fortement, violemment, dans ces élans-là. le suis-je encore aujourd’hui&amp;nbsp;? j’ai la sensation, peut-être fausse, mais d’avoir atteint un détachement, relatif encore, de ce type de mouvement-là, violent, frénétique, exacerbé, en partie illusoire… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
boulots de retour, courriers, mails, messages, gestion… même si j’avais déjà avancé en grande part cela dans la cabane. puis violent coup de barre, revenir alors à écrire comme activité calme, de fond, lente… l’occasion aussi de penser, réfléchir un peu, essayer de chercher en soi à ressentir ce que j’ai vécu là-bas. même s’il est sans doute encore trop tôt, bien trop tôt, pour saisir ce qui a pu s’y passer, s’y jouer.&lt;br /&gt;
j’ai repris le rythme d’ici de façon quasi immédiate&amp;nbsp;: est-ce les situations, les habitudes que l’on y a qui impriment aux lieux leur rythme, ou les lieux qui induisent eux-mêmes des rythmes&amp;nbsp;? une conjonction des deux plus sûrement, mais, en tout cas, les rythmes sont fortement attachés aux lieux, et on les retrouve de suite. et puis ce sont souvent les cadences prises dès les premières heures, les premiers jours qui perdurent ensuite, et font loi et genre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
lecture d’extraits de &lt;em&gt;Walden ou la vie dans les bois&lt;/em&gt; de Thoreau, que je n’avais encore jamais lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;21.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
beau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
sur le Causse j’ai finalement pas mal écrit&amp;nbsp;: environ 80 feuillets, mais pas complètement là où je l’attendais, puisque ce ne fut quasi exclusivement que dans le journal&amp;nbsp;. cela sans compter les relectures, qui sont d’un autre ordre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
presque étonnant d’être en soi si vite passé d’un univers à l’autre, sans période de réadaptation… peut-être que, par le fait d’être seul, on a plus le loisirs, la possibilité de penser au retour, de savoir que l’on rentre dans 5, 4, 3 jours, de s’y préparer…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
moins ici dans l’observation attentive de toute chose, petits faits, petits bruits… c’est que je suis ici probablement plus dans l’action, et qu’il n’y a pas ce silence de fond, qui amène à écouter autant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
qu’est-ce qui s’est passé là-bas&amp;nbsp;? je ne sais pas bien. peut-être le saurai-je mieux, plus, lorsque j’attaquerai la relecture des pages du journal de la cabane d’hiver pour le projet d’édition papier que l’on m’a proposé…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ne pas parvenir à se taire, c’est peut-être ça écrire.&lt;br /&gt;
collecter tout. babiller toujours. dire et nommer, maniaquement. au contraire du silence des bêtes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;22.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
parution de &lt;em&gt;book 0&lt;/em&gt; aujourd’hui, aux éditions Dernier Télégramme. agréablement étonné du rendu, supérieur à ce que je j’espérais, même si j’avais relativement confiance dans les nombreuses études de maquettes que nous avions faites. paru donc deux ans et demi après la fin de son écriture, c’est la moyenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
le voyage décante peu à peu… le rythme plus lent, plus posé pour être exact, que j’avais là-bas… ici vite emporté dans des vitesses supérieurs, pour tout faire… mais peu de temps pour moi, libre, ces jours-ci, pour regarder, penser, laisser faire cette décantation…&lt;br /&gt;
ceci dit, ces rythmes ce sont essentiellement ceux que l’on a en soi-même, que l’on crée, s’impose en soi-même. ce sont les rythmes d’une personnalité, sans doute bien plus qu’imposés par les faits extérieurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'indifférence fait les sages et l'insensibilité les monstres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diderot&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
fin de soirée à écouter Bertina, puis repas avec lui, Boutouillet, Chatellier, Rongier, Taïeb…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;23.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
gris, froid.&lt;br /&gt;
à ne pas faire grand chose, mais au calme. &lt;br /&gt;
à continuer de lire le journal de Bergounioux et c’est amusant d’y retrouver parfois des amis, mais là ce sont certains qui sont déjà passés à la maison, et qui plus est avec qui il passe du temps sur une partie des Causses que je connais particulièrement bien pour y avoir travaillé, et d’où je reviens.&lt;br /&gt;qui plus est, et c’est assez étonnant, et je le découvre que maintenant, il en parle dans les exacts mêmes termes que j’ai pu utiliser : il voit, lui aussi, les Causses comme un vaste &lt;em&gt;memento mori&lt;/em&gt;… coïncidence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
soirée avec les amis traducteurs, auteurs&amp;nbsp;: Cillaire, Taïeb, Lemonde…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
24.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
quelques flocons, très rares, dispersés. certaines des feuilles des tulipes et narcisses ploient sans raison apparente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à retravailler la partie du journal sur le Causse&amp;nbsp;: &lt;em&gt;cabane d’hiver&lt;/em&gt;, pour son édition, à part, en livre papier. relire, unifier, poser dans l’espace ainsi le texte avec, déjà, un léger recul, et ce n’est plus une écriture «&amp;nbsp;à chaud&amp;nbsp;» mais passer d’une écriture dans le temps de sa réalisation, qui contenait alors déjà dans le temps-même de son émergence les perspectives des lignes, des bords, du volume, de l’espace narratif d’un objet se modelant mais sans en avoir la vue générale, «&amp;nbsp;détourée&amp;nbsp;», à la réalisation d’un objet autonome, en soi, «&amp;nbsp;détaché&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
mais je peine&amp;nbsp;: je n’arrive à revoir qu’un chapitre par jour, et c’est truffé de fautes, de redites. c’est que c’était une version «&amp;nbsp;work in progress&amp;nbsp;» même si je m’étais attaché à relire, corriger, modifier au mieux. c’est la période du travail ingrate, laborieuse, ennuyeuse où il faut se cravacher pour se tenir à l’ouvrage.&lt;br /&gt;
ceci dit les redites, les répétitions sont la marque d’une réalité, et aussi celle du temps, de son tempo de base, appuyé, réitéré, lancinant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ce qui reste 5, 6 jours après ce voyage, qui semble si loin déjà, c’est le silence. c’est l’écoute.&lt;br /&gt;
ce que j’étais allé chercher. ça tombe bien.&lt;br /&gt;
et toujours aussi curieux de voir que tout le reste s’efface si vite, la quantité des petits faits quotidiens, des petits ressentis quotidiens, déjà, perdus, alors que sur place, au moment de les vivre, ils étaient si prégnants, et constituaient même ce que l’on sent, ce qui passe dans notre chair des jours.&lt;br /&gt;
les objets que l’on touchait avec la peau, qui concrètement parfois nous heurtait, nous blessait, nous caressait, que notre rétine avait concrètement «&amp;nbsp;sous les yeux&amp;nbsp;», les situations que l’on éprouvait, disparaissent déjà dans le brouillard, dans les strates sédimentaires du cerveau, de la mémoire, constituant une nappe, vague, de la souvenance, étymologiquement qui «&amp;nbsp;vient sous&amp;nbsp;», une couche recouverte par les autres faits, actuels, ceux vécus, surgis dans le vivace actuel. comme disait Schrödinger, et je le répète ici, «&amp;nbsp;le présent est la seule chose qui n’ait pas de fin&amp;nbsp;», qui ait une constante de l’actualité. le passé lui passe, s’efface, trépasse, a traversé (c’est son étymologie). mais me reste donc cette sensation, cette expérience de l’écoute, centrale.&lt;br /&gt;
mais elle peut se pratiquer partout. il n’y a pas que le silence à écouter.&lt;br /&gt;
l’écoute c’est l’attention. une tentative, une tension, une aspiration vers une attention, pleine, ouverte, sans limite, sans dualité, sans différenciation, sans le filtre des images à priori que nous avons de tout.&lt;br /&gt;
de ce passé, l’écriture en garde certes une trace, mais une seule, parcellaire, choisie, sélectionnée, travaillée, et qui donc ne correspond qu’en très peu au présent de la sensation vécue. mais cela aussi sera oublié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;bref&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: une écriture d’après, et qui ne peut se faire qu’avec ce qui &lt;em&gt;reste&lt;/em&gt;, reste de ce voyage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La parole figure dans notre équipement génétique, et les formes de pensée qui lui sont assorties. Pas l’écriture, ni les arcanes qu’elle permet d’atteindre, de dévoiler.
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Pierre Bergounioux&lt;br /&gt;
conférence «&amp;nbsp; l'écriture comme révélation et libération&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;
Les Actes de Lecture n°107 - sept 2009&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;25.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
bruine.&lt;br /&gt;
à faire des dossiers, et corriger&lt;em&gt; cabane d’hiver&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
les jours rallongent.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Personne n’a d’identité que cette espèce de centre vide de la parole. Quand il n’y a pas trop de monde, j’aime aller dans le métro. Vous touchez du bras quelqu’un qui est assis à côté de vous, dont vous ignorez absolument tout, qui est dans lui, de manière centrale, qui a l’ensemble de l’univers qui l’entoure de toutes parts, exactement comme vous. Et vous ne savez rien de lui. Je ne crois pas en dieu, mais je crois en ça. C’est tellement mystérieux, tellement étonnant, que j’en suis baba.&lt;br /&gt;
Personne n’a d’identité, sauf celle-là. Celle d’être dans la non-mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Georges-Arthur Goldschmidt&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.editions-verdier.fr/v3/auteur-goldschmidt-3.html&quot;&gt;http://www.editions-verdier.fr/v3/auteur-goldschmidt-3.html&quot;&amp;gt;entretien avec Thierry Guichard&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
j’écris en même temps qu’une pensée me vient, ou pour être plus exact immédiatement après, ou, pour le journal, pratiquement dans le temps-même de ce que je vis… je n’écris pas le lendemain ou plusieurs jours après, mais au fur et mesure de l’apparition des idées, qui deviennent phrases écrites quasi de suite. et c’est même une difficulté, car je ne sais pas les retenir, les retarder un peu ces phrases. j’ai toujours le besoin violent de les noter aussitôt, sans pouvoir en freiner ou en retarder l’élan. par exemple c’est pour cela que je ne vais plus jamais au bain sans de quoi écrire, comme partout où je me rends d’ailleurs.&lt;br /&gt;
vous voyez, comme beaucoup de bricoleur, je suis un peu maniaque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
temps&amp;nbsp;: Chronos, chez les grecs, le dieu du temps&amp;nbsp;: celui qui mange, dévore ses enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;26.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
soleil timide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
troisième journée à retravailler&lt;em&gt; cabane d’hiver&lt;/em&gt;. et du mal à me mettre à autre chose tant que ça ne sera pas fini.&lt;br /&gt;
la journée passe en coup de vent. 19 h et pas eu l’impression qu’elle ait défilé, à peine à se souvenir ce que j’ai fait le matin.&lt;br /&gt;
à travailler aussi un texte pour le festival maelström en Belgique&amp;nbsp;: encore une fois sur le thème du temps. décidemment ce thème devient premier, obsédant, continu, il court dans le journal tout du long, et l’on m’a demandé déjà, il y a peu, du papier là-dessus pour une autre revue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pourquoi le travail montré sous la forme de &lt;em&gt;work in progress&lt;/em&gt; m’attache, m’importe autant, puisque c’est dans le journal, encore une fois, cette forme qui s’y joue, comme pour la plupart de mes autres travaux&amp;nbsp;? écrire, et puis publier en temps quasi réel&amp;nbsp;: bien sûr c’est l’internet qui le permet, et peut-être l’induit, mais est-ce pour le bénéfice du mouvement que cela crée, la célérité, l’avancée, la poussée en avant, ou alors pour s’en délester vite, et pouvoir passer, maniaquement, au travail suivant, dans un bouillonnement constant&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
c’est, encore là, un rapport au temps, un jeu avec lui, second, par-dessus celui qui s’y joue dans le corps-même du texte, de publier ainsi dans la quasi immédiateté, et peut-être cela est-il finalement l’une des grandes nouveautés de l’écriture via le numérique et le réseau. non seulement construire à vue un ouvrage, mais de l’alimenter dans ce rapport «&amp;nbsp;présent&amp;nbsp;», là où autrefois, ou par le livre papier, l’on donne à lire ce que l’on a écrit que plusieurs mois ou années après, et en un objet clos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;27.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
gris, humide, mais relativement doux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
juste cette bizarre impression de bosser toute la journée et de ne pas savoir vraiment ce que l’on a fait. peut-être est-ce dû au fait que j’ouvre des chantiers, des projets, et n’en referme aucun&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je reçois de nombreux messages concernant mon journal, et en particulier ces dernières semaines au sujet de celui sur le Causse &lt;em&gt;cabane d’hiver&lt;/em&gt;. il y a quelque chose qui parle donc là aux autres. je ne sais pas exactement quoi (probablement la tendance du propos à une portée générale, une universalité qui nous concerne tous), pourtant je perçois bien la teneur du ton et la nature du lieu, de la source, la «&amp;nbsp;qualité&amp;nbsp;» du terrain d’où vient le propos lorsqu’il fonctionne à peu près, et porte, alors même qu’il ne fait que tenter, et cherche sans certitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ai opéré une sélection de photos pour le livre sur le Causse, après avoir remanié, corrigé le texte. longues séances, travail pénible, une fois l’écriture faite, d’ainsi finaliser, fignoler, relire, revoir…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;28.02.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
gris. le prunier continue à pousser ses bourgeons. le fusain a ses fruits rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à travailler toujours, tous les jours, sans savoir cesser, mais ça ne rentre pas de sous en ce moment.&lt;br /&gt;
on me demande un article sur la grotte Chauvet.&lt;br /&gt;
réfléchir à un disque avec &lt;em&gt;parl#&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>parution de book 0 (éd. Dernier Télégramme)</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2012/12/07/parution-de-book-0</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:cda728855327447f0a5f82cd754a6ace</guid>
    <pubDate>Fri, 22 Feb 2013 11:41:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>A la une</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.derniertelegramme.fr/spip.php?id_article=131&amp;amp;page=article&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/.couv_book0_def_contours_m.jpg&quot; alt=&quot;couv_book0_def_contours.jpg&quot; title=&quot;couv_book0_def_contours.jpg, déc. 2012&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.derniertelegramme.fr/spip.php?id_article=131&amp;amp;page=article&quot;&gt;le site des éditions Dernier Télégramme (et achat)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
112 pages - 13 € &lt;br /&gt;
(isbn&amp;nbsp;: 978-2-917136-64-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec &lt;em&gt;la chasse au fuck&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;tout leur noir&lt;/em&gt; et les &lt;em&gt;conséquences Tarkos&lt;/em&gt; dedans...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;extraits :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;48&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;pis tu r'prends encore. comme ça qu'on salope tu dis. qu'on salope à plein'mains tout ce qui passe. fuck de fuck. ça peut plus. faudrait vraiment. parce que là pas poss d'encore nous dire toujours que quoi merde.&lt;br /&gt;
(...)&lt;br /&gt;
moi j’te dis. c’bon patois de pleine terre là faut pas le. déjà qu’on l’défriche cultive malaxe pétris gâche salope. qu’on l’scule dans la boue à longueur de. mais faut pas oublier hein jamais. faut pas oublier qu’il existe c’moment où. c’moment où l’on voit. l’ciel. l’cul du ciel. en plein centre là d’l’œil.&lt;br /&gt;(...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;40&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;et c’est du silence encore et c’est encore matin. quand part pour à jamais et vers nulle part peut-être.&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;44&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
et c’est du souffle commun. d’la matière commune. c’est fait avec d’la matière commune. c’est du souffle d’mo d’base. c’est de la poésie de bête.&lt;br /&gt;
(...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;65&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;jusqu’où quand possible encore dire encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>cabane d'hiver (un mois sur le causse)</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/02/20/cabane-d-hiver-%28un-mois-sur-le-causse%29</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:fc297d2ba21b45fda9ebc273ab0eea49</guid>
    <pubDate>Wed, 20 Feb 2013 12:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
le journal du 21 janvier au 19 février est diffusé sur la Revue des Ressources :&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.larevuedesressources.org/-partir-fred-griot,159-.html&quot;&gt;cabane d'hiver (partir / écouter / le cap / rentrer)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;A paraïtre prochainement en livre papier aux éditions de la Revue des ressources.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à la demande&amp;nbsp;: lecture intégrale avec impro musicale par le &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/parl/&quot;&gt;trio parl#&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/larzac/photo-5-21ce5.jpg&quot; alt=&quot;photo-5-21ce5.jpg&quot; title=&quot;photo-5-21ce5.jpg, fév. 2013&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/larzac/.148717_10151388846659834_1495208823_n-16cce_m.jpg&quot; alt=&quot;148717_10151388846659834_1495208823_n-16cce.jpg&quot; title=&quot;148717_10151388846659834_1495208823_n-16cce.jpg, fév. 2013&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>partir</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/01/19/partir</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c679d4111a926fc14bf59d8fb840529d</guid>
    <pubDate>Sun, 20 Jan 2013 19:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;14.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;froid. la bouche fume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pas trop envie de causer aujourd’hui ici. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;toujours cette velléité de mettre en scène l’écriture en train de se faire, et si ce n’est pas par le texte lui-même qui est exposé à vue sous forme de work in progress (comme pour mes précédents volumes), c’est finalement par ici, dans le journal, que cela se joue, comme malgré moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il ne s’agit pas tant de professionnaliser la poésie (bien que j’entende par là bosser dur et sérieux et sauvage, et non en faire une fonction) que d’éviter l’amateurisme trop fréquent, et principalement sur scène, l’oralisation débutante, le port de parole bredouillant, l’implication complaisante…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;15.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;insomnie. épuisé au réveil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;envie d’un jour silence du crâne. le faire.&lt;br /&gt;enfin… le laisser faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;avec Antoine Wauters, le soir, et Louise Desbrusses, David Giannoni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;16.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;froid, dans les négatifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; :&lt;br /&gt;du fond d’abord. simple et d’une précision terrible. et la langue qui dira ça.&lt;br /&gt;je me mets cette exigence. on verra bien. mais sinon à quoi bon avoir cette prétention de dire, si ce n’est pas pour tenter cette précision rudimentaire, primitive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;17.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;départ Poitiers pour radio, conférence, etc…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;interventions aux côtés d’Alexandra Saemmer&amp;nbsp;: écrire numérique, mise en scène numérique de l’écriture…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;plus tard&lt;br /&gt;l'est 2 plombes du mat'&lt;br /&gt;je mets un peu de zique (surgit soudain, volume à fond) &lt;br /&gt;dans ma piaule&lt;br /&gt;grand hôtel de poitiers&lt;br /&gt;beurré au bon sky écossais&lt;br /&gt;du oban, siroté au bar du théâtre natiÔnal de poitiers city&lt;br /&gt;où j'ai échoué &lt;br /&gt;après un petit speech &lt;br /&gt;sur mes bidouilles internaut&lt;br /&gt;tiques&lt;br /&gt;à la média&lt;br /&gt;thèque&lt;br /&gt;de la cité&lt;br /&gt;bien beau bled&lt;br /&gt;frontons d'églises &lt;br /&gt;épurés&lt;br /&gt;tous forts&lt;br /&gt;simplement beaux&lt;br /&gt;pierre claire&lt;br /&gt;tous grandioses&lt;br /&gt;éclairés dans le soleil rasant&lt;br /&gt;tout à l’heure&lt;br /&gt;et l'air pur à -3°C&lt;br /&gt;je fume dans la piaule&lt;br /&gt;en contrant le &lt;br /&gt;règlement&lt;br /&gt;interne terne&lt;br /&gt;dernier moment de&lt;br /&gt;petite arène&lt;br /&gt;publique&lt;br /&gt;avant passage paname&lt;br /&gt;et la yourte enfin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lundi, je serai chez les sioux du plateau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;18.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Poitiers. Paris.&lt;br /&gt;il neige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;départ dans l’affection et la neige neuve. le vivifiant clair air glacé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ne pas subir, ne plus subir, n’avoir plus à subir. peu en sont capables, peu ont cette absence de choix de ne savoir être autrement que non subissant. et même quand ils endurent, qu’on leurs infligent un joug, ils ne savent être soumis.&lt;br /&gt;c’est essentiellement &lt;em&gt;créer sa vie&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;avec cela, concomitant et corrélatif, il est aussi une liberté expressive, centrifuge, ex-citée, extérieure, que je pourrais prendre plus largement encore&amp;nbsp;; et puis une intime, que je soigne à étendre tendrement, reposant sur une connaissance de soi, une libération des distractions, de l’illusion et du futile, le développement de l’attention à l’essentiel, un accord avec soi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;parvenir à travailler efficacement en travaillant peu et simplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;19.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;méditation devant la neige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;départ après-demain.&lt;br /&gt;là-bas, il ne s’agira pas de faire un portrait du Causse, mais de se servir des ressources du terrain, de la matière et de «&amp;nbsp;l’essentialité&amp;nbsp;» d’un lieu comme celui-ci pour nourrir l’écriture, les fondements du propos&amp;nbsp;: dépouillement du plateau, gestes simples, «&amp;nbsp;basales », rudesse parfois, immense beauté de ce «&amp;nbsp;désert », silence, isolement relatif, grand ciel…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les gens comprennent peu, prennent parfois mal mon besoin de silence, de simplement être là, dans mon boulot, devant le jardin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Antoine Emaz, &lt;a href=&quot;http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/01/feuilleton-antoine-emaz-planche-620-.html&quot;&gt;Planche&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;préparation des sacs&amp;nbsp;: habits de montagne, une bibliothèque d’une vingtaine de volumes papier, 3 manus en cours, des crayons et fusains, beaucoup de livres, de musique et quelques films dans l’ordi…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lecture du &lt;em&gt;Journal de nuit&lt;/em&gt; de Jan Fabre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;suis de plus en plus partagé entre une créativité rugissante (qui peut être égocentrée), et une énergie puissante de fond calme. les deux en tout cas toujours présentes, disponibles là en moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;20.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;la neige continue. elle tient depuis 3 jours&amp;nbsp;: très rare de voir ça à Paris. 10 cm environ, un peu plus en cumulé. &lt;br /&gt;le prunier est surligné de blanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le Causse va être dans des conditions bien hivernales… &lt;br /&gt;j’ai à dire et j’ai à dire là-bas. &lt;br /&gt;écrire en parole claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je viens de finir un carnet (6 mois de travaux), passe à un autre… doit-on croire au hasard ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;départ donc demain pour les grandes steppes ondulées… causse du Larzac… un mois, sous yourte… écrire, méditer, marcher, casser mon bois pour le poêle, quelques gestes simples…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
les buis, les grandes collines bombées, les grandes herbes, dolines, avens, les colonnes de roches ruineuses comme des chapelles romanes de cailloux secs, les pierres claires concassées des sentes, les pins sous la neige, les hommes… une terre pour laquelle je pourrais lutter.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>composition - structure</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/01/14/composition-structure</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7d9fd48667ffc6f862ca97dd59d11027</guid>
    <pubDate>Mon, 14 Jan 2013 16:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;05.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;gris. comme d’hab.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'écriture est l'image de la parole, et la parole est le son, tant bien que mal, de la pensée…&lt;br /&gt;oui, mais pas sûr que l'on parle tout à fait comme l'on pense... le langage biaise toujours, même si l'on pense probablement avec du langage.&lt;br /&gt;mais ne pense-t-on qu’avec du langage&amp;nbsp;? autrement dit, sans langage pourrait-on avoir et mener une pensée ?&lt;br /&gt;avec les fonctionnalités de notre cerveau, est-ce les capacités de pensée qui donnent les capacités de langage, ou le langage qui permet la pensée ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;J'écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrais penser, et ainsi jusqu'au plus profond de l'obscurité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franz Kafka (correspondance, 1920 ?)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à la piscine, les corps… &lt;br /&gt;à nus, dans leur misère et leur splendeur…&lt;br /&gt;cela me fait toujours penser aux corps que l’on trouve dans les photos des camps, dépouillés, sans plus d’appareil ni d’habit social, à nus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;fallait-il atteindre un certain âge pour tenir ce journal (au-delà des «&amp;nbsp;simples&amp;nbsp;» notes d’écriture)&amp;nbsp;? commencer à sentir le travail du temps en soi pour mener et tenir ce travail de temps (et ce n’est pas ici mémoires, je le répète), pour tenter de saisir le temps par la note tenue des jours, séquences rythmiques en déploiement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l’impossibilité fondamentale à sortir de soi. à sentir être comment l’autre est, à sentir être pour l’autre, à sentir ce qu’est être pour l’autre.&lt;br /&gt;toujours être en soi, trop en soi parfois, soumis à ce que l’on est. &lt;br /&gt;la plupart du temps soit l’on n’y pense pas du tout (c’est inconscient), soit on l’accepte très bien (non pas amour propre mais acceptation simplement de ce qui est et ne sera pas autrement), mais l’on se sent aussi parfois trop en soi, dans ses travers, incapable d’en sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;un gars, une bouche qui parle, ça veut dire «&amp;nbsp;tu&amp;nbsp;» ? «&amp;nbsp;il&amp;nbsp;» se parle, donc «&amp;nbsp;tu&amp;nbsp;» ?&lt;br /&gt;revenir à l’écriture à la main, au papier, pour tenter d’avoir une vue d’ensemble, de saisir&amp;nbsp;? mais est-ce saisissable ?&lt;br /&gt;à mes marottes toujours, mes obsessions&amp;nbsp;: tenter de, essayer, arriver à dire.&lt;br /&gt;incapable d’en sortir&amp;nbsp;? peut-être-ce parce que cela a une certaine importance ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de la matière de langue&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;skuza-moi. Za m’eskuze. A vous déranzement n’est pas mon vouloir, défouloir de zens malaizés, mélanzés dans la tête, mélanzés dans la mélasse démoniacale et folique. Eskuza-moi. Za m’eskuze. Si ma parole à vous de travers danse vertize nauzéabond, tango maloya, zouk collé serré, zetez-là s’al vous plaît, zatez-la ma pérole, évidez-la de ses tripes, cœur, bile et rancœur, zetez-la ma parole mais ne zetez pas ma personne, triste parsonne des tristes trop piqués, triste parsonne des fric à bingo, bongo, grotesque elfade qui s’égaie dans les congolaises, longue langue foursue sur les mangues mûres de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Luc Raharimanana&lt;br /&gt;extrait de Za, éd. Philippe Rey&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;06.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;aller gris encore…&lt;br /&gt;hiver&amp;nbsp;: nous ne sommes pas des animaux faits pour la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;viens de recevoir une nouvelle livraison de bouquins&amp;nbsp;: l’impression que ma chambre devient une chambre d’écho, pleine de voix, multiples, envahissant l’espace, criant dans les livres… la maison est pleine du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;comme chaque jour, sport ou marche. ce soir, aller marcher dans la nuit, même peu de temps, m’est nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Pourriez-vous définir le processus même de votre écriture?&lt;br /&gt;&lt;em&gt;C'est un souffle, incorrigible, qui m'arrive plus ou moins une fois par semaine, puis disparaît pendant des mois. Une injonction très ancienne, la nécessité de se mettre là à écrire sans encore savoir quoi&amp;nbsp;: l'écriture même témoigne de cette ignorance, de cette recherche du lieu d'ombre où s'amasse toute l'intégrité de l'expérience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marguerite Duras, La Passion suspendue&lt;br /&gt;entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre,&lt;br /&gt;traduits de l'italien par René de Ceccaty, éd. du Seuil&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;07.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l’écrivain ne «&amp;nbsp;reluit&amp;nbsp;» pas toujours, il n’est pas une étoile («&amp;nbsp;star ») qui brille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;discussion passionnée, houleuse avec cette femme que j’aime, mais toute la difficulté, l’impossibilité peut-être d’&lt;em&gt;entendre&lt;/em&gt;, comprendre, ressentir tout à fait ce que l’autre ressent. &lt;br /&gt;l’autre… l’affection, l’amour, l’inimitié… l’autre…&lt;br /&gt;plutôt que de se dire qu’il est difficile d’entendre l’autre, essayer de l’&lt;em&gt;entendre&lt;/em&gt; véritablement. peut-être est-ce là que l’on commence à entendre ?&lt;br /&gt;se pose aussi du coup la question de se faire entendre, se faire comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;08.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;toujours le même gris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;construire une œuvre ce n’est pas créer un objet clos mais suivre un mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; :&lt;br /&gt;une étape de plus pour &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, parmi des milliers de micro-étapes&amp;nbsp;: la typo trouvée pour le corps de texte (une &lt;em&gt;Avant Garde Book&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;c’est ainsi, besoin de travailler la matière de langue graphiquement également, et dans le même temps. dans ce «&amp;nbsp;volume&amp;nbsp;» de matière… boule d’argile dont le sujet pour moi ne peut être séparé de la forme de l’objet global. je crois que c’est Yourcenar qui disait que lorsque sa graphie était belle son écriture l’était aussi en général.&lt;br /&gt;ai également réintégré des éléments, que j’avais tout d’abord extraits pour les retravailler isolément.&lt;br /&gt;risque pris ici d’y porter les notes d’un livre en chantier, absolument pas sûr de sa réussite, à l’état de matériaux premiers informes, gravas, à écrire, à assembler. car tout ça peut planter évidemment. après, si jamais plantage il y a, il faudra essayer de faire de ce plantage un bénéfice, une leçon. pour le moment il s’agit d’avancer, précisément si possible, mais en y voyant goutte quasiment pour l’instant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;09.01.1&lt;/strong&gt;3&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pourquoi encore écrire un livre&amp;nbsp;? parce que pas arrivé. pas près de…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: &lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/.IMG_2175_copie_m.jpg&quot; alt=&quot;IMG_2175_copie.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;IMG_2175_copie.JPG, janv. 2013&quot; /&gt;&lt;br /&gt;il faut un axe, une structure désormais. une structure simple dépouillée, des sujets simples universaux (deux, trois suffisent pour nous dire à peu près je pense). &lt;br /&gt;ça se compose peu à peu, s’organise, les éléments, chutes, bouts épars, les fichiers même du coup, soudain entre eux se recomposent, s’agrègent, évacuent les doublons, s’épurent, se dégagent, s’aèrent. peut-être j’y vois un tout petit plus clair, mais ne saurai jamais véritablement où ça, ce truc, va.&lt;br /&gt;ensuite le laisser parler (le livre, «&amp;nbsp;&lt;em&gt;lui&lt;/em&gt; », celui qui parle). reprendre où il en est. laisser glisser écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l’un des enjeux de ce livre est aussi de dépasser la «&amp;nbsp;coloration&amp;nbsp;» Beckettienne que l’on y trouve. cette «&amp;nbsp;coloration&amp;nbsp;» m’est naturelle (ce qui me rapproche de lui&amp;nbsp;: peut-être un dépouillement «&amp;nbsp;protestant », pas de pratiquant mais d’ayant baigné dedans enfant), mais je voudrais y introduire aussi :&lt;br /&gt;une réflexion sur l’homme (nourrie, menée dans mon journal &lt;em&gt;Refonder&lt;/em&gt;, et permise par lui) comme étant un être quelque part dépouillé, dérisoire certes, comme chez Beckett, mais ayant aussi, autre part, la possibilité d’une grande sérénité en lui (paix intérieure, capacité à dire, capacité à ressentir ce que l’autre ressent, compassion, etc...). là où le bât blesse c’est qu’il a toutes les peines du monde à la trouver cette sérénité, alors qu’elle est là.&lt;br /&gt;un calme profond, dans le seul, le nu, le gris, le désert où nous sommes.&lt;br /&gt;la presque réussite, peut-être, dans la difficulté de dire.&lt;br /&gt;je repense alors à ce qu’Emaz dit &lt;a href=&quot;http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/01/feuilleton-antoine-emaz-planche-120-.html?utm_source=feedburner&amp;amp;utm_medium=feed&amp;amp;utm_campaign=Feed%3A+typepad%2FKEpI+%28Poezibao%29&quot;&gt;sur le même sujet&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;je ne peux me passer du questionnement et de la résolution de ces enjeux. c’est même l’axe fondamental de l’entreprise, avec la forme, la langue, sa concision qui permettra, portera, parlera cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un livre ne vaut pas tant par sa perfection formelle, même si elle en est le langage, le sceau indispensable, que par la puissance libératrice des pensées qui y sont enfermées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre Bergounioux&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lexpress.fr/culture/livre/entretien-avec-pierre-bergounioux_807026.html&quot;&gt;entretien pour Lire avec Catherine Argand, 2002&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;énormément bossé dessus aujourd’hui, journée «&amp;nbsp;dédiée&amp;nbsp;» même.&lt;br /&gt;c’est proprement vertigineux de commencer-continuer un livre…&lt;br /&gt;cela me dépasse même un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;du risque pris aussi de montrer ici l’exposition en train de se faire d’une pensée en train de se faire. «&amp;nbsp;casse-gueule&amp;nbsp;» même peut-être parfois.&lt;br /&gt;car ici je reprend cette façon que j’affectionne de fonctionner sous forme de&lt;em&gt; work in progress&lt;/em&gt;, comme je le faisais pour mes recueils, écrits «&amp;nbsp;à vue&amp;nbsp;» : en avançant à vue, et à la vue des autres… mais ici à une toute autre échelle, celle de la recherche d’une vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;retraite causses  du Larzac&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;dans le sac emporterai&amp;nbsp;: carnets, trois manus, ordi, whisky écossais, fusains, stylos, habits de montagne, une lampe de chevet pour écrire, pas mal de livres, les «&amp;nbsp;grosses&amp;nbsp;» de marche, etc…&lt;br /&gt;pourquoi si important pour moi ce projet d’aller m’y retirer, cette portée réelle et symbolique&amp;nbsp;? sans doute parce que, souvent, il y a eu pour tout mes livres des lieux importants pour avancer de façon décisive ou pour les finir&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/plui/plui_sommaire.php&quot;&gt;la plui&lt;/a&gt; en bord de mer dans les dunes du Cotentin, &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/trace/&quot;&gt;UUuU&lt;/a&gt; dans la vallée des Merveilles, &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; sur les Causses ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;10.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;10h&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;plafond uniforme gris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11h&lt;br /&gt;hier soir me suis endormi tout habillé, ce qui ne m’arrive jamais, et passé la nuit à entendre tourner et ronronner le disque dur cérébral . ça travaillait sans cesse mais en rond visiblement. peut-être là-haut ça digérait la journée passée, très productive.&lt;br /&gt;au lever, épuisé, et humeur fracassante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16h&lt;br /&gt;ai aussi mal travaillé aujourd’hui que j’ai bien avancé hier.&lt;br /&gt;envie d’écrire&amp;nbsp;; et rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;19h&lt;br /&gt;ces jours où l’on a l’impression de ne pas avancer et pourtant ça avance. où l’on n’est pas sûr d’y arriver et pourtant ça arrive toujours quelque part. au pire à la toute fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dans les jours de rien et de «&amp;nbsp;renfoncement », de renfrognement, accepter aussi. pour que cela soit plus facile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le journal une prise de distance par rapport à la vie, dans la vie. &lt;br /&gt;un recul. un dézoom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pour un livre, ses «&amp;nbsp;dossiers&amp;nbsp;» et fichiers principaux&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;carnets de poche manuscrits&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;tapuscrit de travail&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;structure et notes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;éléments et fragments à joindre&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;tapuscrits d’archives et brouillons&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;essais maquettes et typos&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;journal&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&amp;nbsp;laisser écrire »… mais toujours comme surseoir, résister, échapper à l’entrée dans l’écriture par diverses distractions, comme par peur de s’y confronter. écriture qui est pourtant l’une des choses qui m’est de la plus grande jouissance.&lt;br /&gt;par contre, quand elle arrive enfin, on ne résiste plus&amp;nbsp;: on fonce, on laisse tout le reste tomber… et on prévient l’entourage&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;je suis dans une phrase ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;en ce moment, à ce stade du livre, c’est découvrir de quoi j’ai vraiment le désir d’écrire, savoir la nécessité inéchappable, dangereuse, car il s’agit de savoir dans quel risque, galère, piège je m’enchaîne, m’embarque tout seul.&lt;br /&gt;c’est quoi ce désir MONSTRE ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Chaque œuvre porte en elle sa forme qu’il faut trouver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Flaubert ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;ai toujours oscillé entre proème et poèmes. tous mes livres sont de l’une de ces deux formes.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;(cf&amp;nbsp;: quand je dis «&amp;nbsp;proème&amp;nbsp;» je ne parle pas de l’exorde d’un texte, mais d’une prose poétique, c’est-à-dire d’une poésie continuum)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;savoir que c’est infinissable. oui. mais s’en souvenir pour ne pas désespérer les jours où ça avance peu. c’est ainsi. se dégager de l’impatience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;21h&lt;br /&gt;je sais pourquoi je veux m’isoler&amp;nbsp;: pour écrire, mais je ne savais pas c’était pour écrire ce livre, où sera dedans, intimement, le lieu, la terre où il va en partie être travaillé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;23h&lt;br /&gt;à travailler toujours. une maladie. basta pour ce soir. sortir au café.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;11.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;grand beau enfin. froid.&lt;br /&gt;méditation dehors comme chaque matin. beaucoup d’oiseaux dans le jardin.&lt;br /&gt;reposé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;me suis beaucoup pris la tête dessus ces derniers jours, obsessionnel peut-être, mais quand ça viendra je veux de l’écriture simple, nue, et fluide. ça viendra quand ça viendra. mais désormais j’ai une composition, armature, cadre. maintenant off. &lt;br /&gt;je ne m’étais pas du tout rendu compte sur le coup combien la journée du 9, où j’ai trouvé les grandes lignes de la structure, simple, de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, avait puisé en moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;12.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/.index_manus16w_m.jpg&quot; alt=&quot;index_manus16w.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;index_manus16w.jpg, janv. 2013&quot; /&gt;le prunier nu, et désormais malade. (cela aussi dit le temps).&lt;br /&gt;ai toujours eu une grande affection pour cet arbre au port magnifique, aux troncs multiples, bras ouverts, qui accompagne mes médiations du matin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
curieux comme dans certaines écritures on reconnaît immédiatement la voix qui parle. et si l’on connaît cette voix de façon sonore, que l’on connaît l’auteur personnellement par exemple, comme elle apparaît alors de suite et baigne aussitôt l’écriture de sa sonorité, de son timbre. on l’entend. et elle n’en est plus séparable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l’un des arts les plus difficiles de la vie, et de la médiation, est d’aller chercher, lorsque l’on est dans l’anxiété, l’agitation ou la distraction, le calme qui est toujours déjà là.&lt;br /&gt;aujourd’hui, après plusieurs heures, j’arrive enfin à me souvenir de cela, et d’en faire «&amp;nbsp;usage ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le silence fait partie des attributs de la perfection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kafka, Journal.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;tout ce livre dira peut-être où j’en suis — c’est-à-dire pas loin, juste à avancer — dans un proème nu et sauvage, dépouillé et fluide, resserré, concis et ouvert.&lt;br /&gt;en ce moment, ça se nourrit, par minuscules brides, de l’intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;13.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l’importance, l’enjeu, le sens du journal n’est pas tant de dire raisonnablement, avec pondération, «&amp;nbsp;scientifiquement&amp;nbsp;» les choses&amp;nbsp;; ou poétiquement, en comportant et soutenant une émotion en puissance&amp;nbsp;; mais de contenir tous les potentiels. d’y recéler, par le constat, posé, une entière potentialité du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je n’ai jamais écrit sur le sexe, étonnant. mais &lt;em&gt;avec&lt;/em&gt; sûrement, dans la pulsion créative…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;regardé un film où John Cage parle du silence&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;les gens attendent de l’acte d’écouter qu’il soit plus que simplement écouter », et un autre où l’on voit des hommes marcher sans fin de long en large, dans les couloirs d’une institution psychiatrique. &lt;br /&gt;fasciné par les deux. ces deux documents nourrissent mon livre.&lt;br /&gt;ai écrit en quelques secondes une pièce très courte, sur ces hommes qui marchent ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; :&lt;br /&gt;travail permanent en «&amp;nbsp;tâche de fond ».&lt;br /&gt;la structure me permet (enfin) de construire. de poser les morceaux, fragments à une place. de monter les murs.&lt;br /&gt;faire un livre, je ne sais plus si c’est inventer une forme nouvelle. j’ai surtout l’envie de dire quelques fondamentaux, humblement communs, de façon sobre. donc avec une forme toute simple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>le présent n’a pas de fin.</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2013/01/05/le-present-na-pas-de-fin</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:84ecdb44ec88a699612ce1ea301a428d</guid>
    <pubDate>Sat, 05 Jan 2013 00:15:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;26.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Lyon, Isère.&lt;br /&gt;grand beau mais on perd une dizaine de degrés.&lt;br /&gt;méditation dehors, peu de temps après le soleil levant, le chat posé à mes côtés. la lumière orange sur les pans de murs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la lumière orange sur les pans de murs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;causer écriture avec mon paternel. le besoin qu’il ressent de raconter, laisser trace de certains éléments de sa vie, mouvementée, qui ont aussi une portée excédant l’intimée d’une narration de son parcours pour ses seuls proches&amp;nbsp;: paysannerie, ancrage à la terre, ouvrier, guerre à 20 ans, déchirures, choix de vie obtenus à l’arrachée… de la difficulté d’une telle entreprise, qui devient forcément littéraire, de la difficulté de trouver la structure devant une telle abondance de matière, et dont de nombreux éléments pourraient être paraboles. &lt;br /&gt;et puis comment gérer les souvenirs qui remontent crus, trop crus parfois pour pouvoir encore aujourd’hui être dicibles… ceux de l’Algérie par exemple, et ce qui ne peut être dit, n’a jamais été dit, de ce qu’il a vu, vécu là-bas, il y a 50 ans. certains sortent, aujourd’hui, parfois dans les larmes, d’autres encore cruellement verrouillés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;s’il me fallait mourir aujourd’hui j’aurais la sensation d’avoir accompli déjà une bonne part de la tâche qui m’importe, en tout cas d’être sur le chemin qui me convient&amp;nbsp;; et d’accompagner mes proches du mieux qu’il m’est possible de le faire, c’est-à-dire pas tout à fait parfaitement.&lt;br /&gt;je sais ces phrases possiblement niaises, gênantes, mais il importe de dire ce que l’on sent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lune énorme au bout de l’horizon, flottante. encore une fois, se sentir habiter sur une boule, la pente de la terre, sa courbure descendant devant moi, la lune au bout, au-devant, à un jet de pierre. de la difficulté de dire cette impression, cette conscience concrète, physique, claire, de se sentir habiter là, &lt;em&gt;parmi&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;27.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Isère.&lt;br /&gt;méditation dehors dans le vent froid, entre potager et prés d’herbes.&lt;br /&gt;balade sur la crête, avec mon père qui marche un peu moins bien, dans le vent fort et la pluie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;.../ pour ce qui est d'une notice biographique, je n'y arrive pas — je ne peux t'expliquer pourquoi — ou bien quel problème ça me pose exactement — mais je n'y arrive pas, ou plus — quand je cherche sur le net des choses que j'ai pu faire et/ou qui parlent de moi je ne me reconnais pas — c'est à la fois moi, et pas moi, ou juste un bout de moi, ou des fois encore pas du tout — mais c'est peut-être ce qu'il faudrait juste que je dise de moi — que je n'y arrive pas — il faudrait peut-être seulement ajouter que, le langage — tous les langages dans ce qu'ils tendent de mains vers d'autres mains — me préoccupent — me questionnent — me portent vers des horizons inconnus de moi — ce geste-là, je veux dire le langage comme geste, me fait traverser tant de territoires, qu'il n'est pas utile de nommer ici — peut-être juste ajouter ça et ça irait, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manuel Daull&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ça me revient&amp;nbsp;: écriture est une image de la parole. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à lire de front &lt;em&gt;L’homme penché&lt;/em&gt; de Thierry Metz, le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de Kafka, le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; d’Annie Ernaux, l’&lt;em&gt;Ethique&lt;/em&gt; de Spinoza…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;28.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Isère.&lt;br /&gt;méditation dehors sous une petite pluie fine. le soleil blanc à travers les nuages translucides qui le diffuse comme un papier calque. &lt;br /&gt;l’averse claque légèrement sur mes genoux, devient sonore sur les feuilles… au bout des quelques dizaines de minutes, le chéneau se met à couler, les arbres à dégoutter, le bassin à se remplir, les herbes à se couvrir de perles de pluie comme disait l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;29.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Isère, Belledonne, montagne.&lt;br /&gt;journée de grand beau en altitude. &lt;br /&gt;étonnement peu froid malgré le vent violent sur les pentes, créant des tourbillons de neige, dégringolant, glissant dans les combes, ou arrachés comme cheveux d’anges, fouettant le visage, un fin grésil, et montant dans le soleil en panaches de poudre arrachée aux crêtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;terrible accident sur la route, une voiture ayant sauté quelques 100 mètres de ravins. arrivés sur les lieux, on trouve la conductrice quasi indemne, son véhicule pourtant réduit de moitié en hauteur. images prégnantes, qui restent sur la rétine, mais que je ne veux pas trop imprimer, pas trop nourrir, car ce genre d’images m’a déjà trop marqué par le passé, lors de cette étrange année où à différentes reprises j’ai ramassé plusieurs blessés et un homme mort, sur la route ou en montagne. donc ne pas trop s’appesantir sur cette vision dure (qui parfois impacte, remue, traumatise plusieurs années après). avancer. s’en détacher, ne pas l’alimenter&amp;nbsp;: bizarre et concret exercice de lâcher prise, de méditation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;après la journée dans la neige, écrire un peu le soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;30.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Belledonne. &lt;br /&gt;journée en montagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je n’ai pas lu l’ouvrage, mais appelle à commentaires brutes, phrases qui tombent, que l’on écrit avec le soupçon d’une pertinence et celui, à la fois, de quelque chose qui vous échappe. &lt;br /&gt;«&amp;nbsp;qui vous échappe&amp;nbsp;» : échappe en partie à votre entendement, et échappe &lt;em&gt;de&lt;/em&gt; soi, par l’écrit, &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; ce que vous dîtes.&lt;br /&gt;les citations sont de chez &lt;a href=&quot;http://poezibao.typepad.com/flotoir/2012/12/les-choses-de-langue-naissent-de-la-d%C3%A9composition-des-choses-du-monde-.html&quot;&gt;Florence Trocmé&lt;/a&gt;, échos de journal à journal :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Bernard Noël (&lt;em&gt;Livre de l’Oubli&lt;/em&gt;)&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Que l’oubli soit en expansion signifie qu’à tout moment il est fini et à tout moment en train de progresser vers l’infini.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» (59) &lt;br /&gt;analogie avec la cosmologie&amp;nbsp;: l’univers.&lt;br /&gt;à rapprocher de la phrase de Schrödinger&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;l&lt;em&gt;e présent est la seule chose qui n’ait pas de fin&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;il y a du fini car le présent est infini. le présent ne peut être infini qu’en créant le fini.&lt;br /&gt;le présent, l’infini progressif, crée le temps (l’épaisseur de durée) en se nourrissant de lui-même, se dévorant, et rejetant derrière lui des petites choses finies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;La langue contient sa propre histoire depuis ses origines mais son emploi courant n’utilise que son présent.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» (63) &lt;br /&gt;la langues est pleine de son «&amp;nbsp;bagage », de son passé, mais ne peut exister qu’actualisée, sur l’extrême front du présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les choses de langue naissent de la décomposition des choses du monde.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» (63) &lt;br /&gt;la langue elle aussi se nourrit de la dévoration du présent, rejeté ensuite en petits tas de choses décomposées, finies…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;quand elle obéit à la mémoire, l’écriture reproduit&amp;nbsp;; quand elle est tournée vers l’oubli, elle invente.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» (67)&lt;br /&gt;le travail du temps c’est le travail par l’effacement&amp;nbsp;; le travail de temps, à l’œuvre dans le journal, c’est inventer, devant, sur la ligne de taille du présent, la vaine tentative de le mesurer en le regardant passer.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;31.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Belledonne, montagne.&lt;br /&gt;grand beau, froid.&lt;br /&gt;ski encore. cuit pour les dernières pentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;01.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Belledonne, montagne. Lyon.&lt;br /&gt;méditation sur le balcon face aux sommets qui se couvrent. peu froid, le plafond descend, ça sent la neige, mais il pleut en–dessous de 1100/1200m.&lt;br /&gt;dix jours quasi continus de fêtes&amp;nbsp;: trop grande fatigue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;arrivée à Lyon. exténué. cuit, barbouillé.&lt;br /&gt;quelques minutes de sommeil éclair (j’avais écrit «&amp;nbsp;quelques minutes de soleil éclair ») puis, un peu mieux, revenir écrire la note du 30 sur le temps qui n’était que brouillon, Schrödinger, etc… en poursuivant la pensée aujourd’hui, écrite à avant-hier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;gardant l’habitude&amp;nbsp;: écrire dehors, sur le balcon, fumer… assis en tailleur, avec la doudoune, l’ordi sur une table basse. il doit faire 5, 6 degrés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;02.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Lyon. Paris.&lt;br /&gt;méditation sur le balcon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;puis retour à la maison.&lt;br /&gt;la note du 30 court encore, 3 jours après…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;03.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;temps gris, humide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;boulot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vient d’écrire un &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;version ultra brève de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, déjà pas bien gras. une collection de 4, 5 éléments, sans doute la colonne. sais pas où ça va.&lt;br /&gt;vraiment pas.&lt;br /&gt;sais pas bien ce que je fais, mais un truc sans doute important, pour moi…&lt;br /&gt;un personnage puis deux se sont ramenés il y a quelques temps. passeront fugitivement. ou pas. dépouillés. parleront ou pas. parlera dans sa tête, l’un, le premier. lui qui dit. ou plutôt qui se fait dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;aussi, une grand difficulté à voir l’ensemble. d’abord sur l’ordi, mais aussi sur le papier. une vue d’ensemble. l’impression d’être chaussé d’un télescope et de ne pouvoir voir que partie après partie, jamais le tout synoptique du volume, de son enjeu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;fatigué. j’aimerai arriver reposé dans le Larzac, dans la yourte, ne pas d’abord avoir cette fatigue à écluser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;lu &lt;em&gt;Journal du dehors&lt;/em&gt; d’Ernaux, &lt;em&gt;Nouvelles du front de la fièvre&lt;/em&gt; de Jean Marc Flahaut, toujours dans le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de kafka.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;04.01.13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;ciel très gris comme si souvent ici, plafond uniforme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;journée rien. des tâches menées, sans intérêt, que l’on oublie dans la foulée.&lt;br /&gt;ai tout de même travaillé au dossier pour une résidence à la Villa Yourcenar, un peu travaillé à &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, ai fini &lt;em&gt;À quoi bon encore des poètes ?&lt;/em&gt; de Prigent, et regardé des films de clowns… &lt;br /&gt;écouté Patti Smith aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>dehors voir s’il pleut vente ou nuit</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2012/12/27/dehors-voir-sil-pleut-vente-ou-nuit</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4c2856a564d715ddd2098debd0f46804</guid>
    <pubDate>Thu, 27 Dec 2012 22:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;17.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;épuisé&amp;nbsp;: les couchers trop tardifs, plusieurs jours à 3 ou 4h du mat, font leur effet, &lt;em&gt;travaillent&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;cité par l’ami Manon&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ne vois pas de différence de principe entre une poignée de main et un poème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul Celan - lettre à Hans Bender&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;18.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;ciel gris, clair. peu froid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;perdu une bonne partie de la journée dans des tâches administratives, et la rédaction de projets et arguments artistiques très divers, trop variés, avec bien du mal à y trouver parfois la conjonction propice avec ce que je veux véritablement mener. une grande difficulté, le soir arrivé, à y voir encore clair.&lt;br /&gt;revenir au carnet, au journal est alors un moment précieux, isolé, où l’on se sent retourner au travail de fond, à celui qui fait le plus sens, au «&amp;nbsp;véritable&amp;nbsp;» chantier. même si, le cerveau embrumé, on n’est pas au plus efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l’occasion du coup de faire un petit point de la décision de passer son hiver à écrire&amp;nbsp;: sans doute j’arrive à lire (littérature, poésie, journaux d’écrivains, méditation…), à me documenter (espace), à assister à des lectures, rencontres ou spectacles plus que d’habitude (et donc d’y rencontrer des formes nouvelles, et nombre de gens ayant des goûts et recherches comparables), et que j’apprends beaucoup par là&amp;nbsp;; qu’une écriture de fond se mène, avec régularité, mais avec tout de même une assez grande difficulté à s’isoler d’avantage des tâches et sollicitations du trivial quotidien, mais probablement est-ce un leurre de croire pouvoir s’en affranchir plus…&lt;br /&gt;le travail de journal, celui donc de mener une pensée, est sans doute ce qui bénéficie le plus pour l’instant de ce temps «&amp;nbsp;libre ». les poèmes, très peu sont sortis, le projet de &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; est trop frais pour avancer amplement, la fin de l’écriture de &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/trace/&quot;&gt;UUuU&lt;/a&gt; sans doute trop proche encore…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;les citations, leurs places dans le journal, dans le travail, la façon dont elles nourrissent&amp;nbsp;: elles sont là pour être retenues, mêmes si leur accumulation les rend paradoxalement moins mémorisables. le journal est alors comme une vaste base de données de la recherche, où l’on peut assez facilement retrouver trace des éléments collectés, analysés, utilisés, des moments, des phases, des périodes. le vaste corpus textuel qu’il constitue devient alors, une fois passé dans les couches, les stratifications, empilements, accumulations des notes passées, à nouveau explorable dans son épaisseur par une recherche par mots-clés.&lt;br /&gt;et cela va permettre de s’y re-trouver, va permettre quand nécessaire, plus tard, le suivi des préoccupations, des durées, des mouvements progressifs-régressifs, de la recherche, de l'écriture… de sa genèse…&lt;br /&gt;l'épaisseur d'un corpus sert alors aussi de matière pour le poursuivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et c’est là que l’on sait bien que l’on recycle tout de ce que l’on a lu, pour avancer dans sa propre écriture, et que sans doute l’on n’écrit que comme ça&amp;nbsp;: réutilisation, redite toujours, autrement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;23h&amp;nbsp;: pas mangé, l’impression que l’on est encore la fin d’après-midi, tellement j’ai été enfoui dans des quadratures à gérer, et qu’en ressort l’impression de n’avoir rien éclairci, rien dégagé, rien extrait de tout ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;19.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paname.&lt;br /&gt;flotte.&lt;br /&gt;autre journée écrasante.&lt;br /&gt;l’épaule droite en feu&lt;br /&gt;celle côté souris&lt;br /&gt;après 10 heures de boulot &lt;br /&gt;passées à l’ordi.&lt;br /&gt;fumé des dizaine de clopes.&lt;br /&gt;besoin sauvage de…&lt;br /&gt;sais pas quoi&lt;br /&gt;de sortir un poème sale.&lt;br /&gt;de siphonner l’ciboulot ainsi.&lt;br /&gt;ça y est c’est démarré&lt;br /&gt;c’est fait&lt;br /&gt;c’est déjà fait&lt;br /&gt;c’est parti&lt;br /&gt;sur la pente savonneuse&lt;br /&gt;de de quoi&lt;br /&gt;sais plus&lt;br /&gt;l’cerveau farci&lt;br /&gt;comme l’oignon d’une dinde de noël.&lt;br /&gt;arrive plus à quitter c’foutu écran&lt;br /&gt;bosser &lt;br /&gt;écrire encore&lt;br /&gt;mais aller&lt;br /&gt;aller marcher aussi&lt;br /&gt;dehors voir s’il pleut vente ou nuit&lt;br /&gt;aller marcher respirer l’oxygène froid&lt;br /&gt;de notre petite atmosphère&lt;br /&gt;terrestre&lt;br /&gt;qu’elle me rentre dans la cervelle&lt;br /&gt;et la siphonne jusqu’au dernier neurone&lt;br /&gt;et que la marche use &lt;br /&gt;mes dernières pensées&lt;br /&gt;jusqu’au calme&lt;br /&gt;pour recommencer.&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;et puis&lt;br /&gt;dehors&lt;br /&gt;il pleut&lt;br /&gt;sais pas ce qui me touche dans la pluie&lt;br /&gt;m’imprime me marque&lt;br /&gt;il pleut&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;bosser comme un fou&lt;br /&gt;quel sens&lt;br /&gt;la destinée est la destination&lt;br /&gt;l’important &lt;br /&gt;d’être libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le seul pouvoir que vous ayez est de décider maintenant ce que sera votre vie. A cette minute, à cet instant. Le pouvoir n'est ni dans le passé, ni dans l'avenir. C'est aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dan Fante&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;20.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;flotte.&lt;br /&gt;mes filles ont dix-huit ans. déjà, pourrait-on dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Refonder&lt;/em&gt; - journal&amp;nbsp;: dans son tempo quotidien c’est un ouvrage sur le temps, avec le temps, soumis au temps.&lt;br /&gt;l’apparition quotidienne de la note, mais aussi sa parution tout les dix jours grosso modo donnent un rythme, puis c’est une disparition graduelle dans les couches. cela constitue juste alors un instant, un petit instant, un affleurement de pensée, l’effleurement d’un moment de pensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
reprendre et essayer de préciser, rassembler les idées concernant &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, quitte à se répéter :&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/.couv_capt_s.jpg&quot; alt=&quot;couv_capt.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;couv_capt.jpg, déc. 2012&quot; /&gt;manuscrit débuté en mai 2012.&lt;br /&gt;composition&amp;nbsp;: ce n'est pas un agencement, un recueil de poèmes séparés distincts, mais un long poème continu, un monologue, continuum quasi narratif, rythmiquement séquencé. le tempo, la pulsation, la cadence d'ensemble sont constitués par les espaces entre les poèmes, le saut de page. à l'intérieur de cela, dans le texte, la phrase frissonnante pianote les variations-divisions rythmiques, le phrasé déroule les modulations.&lt;br /&gt;le sujet, la forme, l’axe et la matière se dégagent peu à peu en ce moment&amp;nbsp;: dire notre indigence, notre dérisoire, mais sans les dire par explicitations. &lt;br /&gt;parler de l'homme. avec peu de moyens. peu de choses à dire. mais dire pleinement. dire ce qui importe. la vie la mort pas beaucoup d'autres choses. rien de grave. le commun. la nature. la modestie de notre place. le dérisoire, l'humour ontologique. dire tout. tout cru.&lt;br /&gt;montrer cette indigence, dire notre drame sans qu'ils soient l'objet d'une gravité mais d'un humour. je voudrais que ce soit un homme pauvre qui parle, tente de parler, essaie encore, un pauvre homme, modeste, &lt;em&gt;humain&lt;/em&gt;. qui échoue. qui échoue toujours. principe du clown. et cet échouage quelque part est drôle. tragi-comique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;21.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris, Lyon.&lt;br /&gt;solstice. changement d’ère, selon les croyances des mayas, cristallisant les phantasmes les plus basiques et activant les dires les plus débiles, infondés, excités, ne se référant même pas aux sources. ce qui est sûr c’est qu’il ne serait pas mauvais d’en finir avec quelques uns de nos  fonctionnements actuels, et d’opérer des changements profonds, comme les mayas justement s’en imposaient lors de ces périodes de bascule.&lt;br /&gt;ciel blanc.&lt;br /&gt;départ, break.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;gros concert amplifié hier autour de &lt;em&gt;La face cachée de la lune&lt;/em&gt;, donné par des amis. je le sais depuis bien longtemps, mais quand je lis, vois, entend quelque chose de fort, à chaque fois je sens, à nouveau, que «&amp;nbsp;ma vie est là&amp;nbsp;» (la formule est à la fois niaise et pleine d’un sens profond), dans le travail de ces matières, dans les façons de vivre induites par le fait de suivre une vocation et une motivation, cette injonction de travail qui ne peut être que passionnant et prenant que l’on se lance à soi-même, nécessitant d’être à la fois plus ouvert que la plupart me semble-t-il, et plus centré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;poursuivre sa route, sa trace, en délaissant l’avis, la perception, l’attente de signes d’autrui. pas que ma ligne soit influencée ou subordonnée à l’opinion des autres, mais l’on reste souvent encore trop dépendant affectivement des signaux de réception de son travail. or d’une part, l’axe de recherche n’est pas modifié par cela, et il n’en a pas besoin, mais, s’il n’est pas mis en doute, c’est l’ego qui est alors encore parfois fébrilisé. ceci dit je peux laisser, abandonner cela un peu plus, et mon axe, dans ce cas, sera alors sans doute encore plus profondément sûr, paisiblement sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;22.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Lyon.&lt;br /&gt;ciel bleu, blanc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soir :&lt;br /&gt;Belledonne, Alpes.&lt;br /&gt;flotte sur la route difficile, et neige qui fond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;une inaptitude profonde au psychodrame des fêtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;23.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Belledonne.&lt;br /&gt;levé tôt après nuit très courte.&lt;br /&gt;grand beau. grand bleu sur les crêtes de neiges blanches liserées jaune sur la face est par le soleil levant.&lt;br /&gt;bouffe de famille dans la salle des fêtes du village.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;24.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Belledonne, Lyon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Marcher, toujours, sans s’éloigner. Être celui qui est là, qui vient et qui revient, qui n’arrive nulle part. Maigre et las. Comme si tout l’attendait, les êtres et les choses, pour passer. Jusqu’à la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thierry Metz – L’homme qui penche&lt;br /&gt;11 - nouvelle édition, pleine page éditeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;s’en servir pour &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;. l’axe est là. notre ontologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l’enchaînement des repas de famille. après une demi-journée d’énervement parvenir enfin à vivre cela calme.&lt;br /&gt;arriver même à écrire-lire au milieu de tout ça.&lt;br /&gt;la fatigue des digestions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;25.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Lyon.&lt;br /&gt;température étonnement douce.&lt;br /&gt;très longue méditation dehors.&lt;br /&gt;écrire aussi, dehors, au calme, dans la petite brise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;balade en forêt. ruisseau, coucher de soleil, nuages roses. l’odeur du chêne fraîchement coupé, une odeur légèrement fumée.&lt;br /&gt;ramener cela dans le carnets, quelques sensations, faits, comme les petits trésors (cailloux, bouts de bois, fleurs, coquillages…) que ramènent les gosses.&lt;br /&gt;à 17h30 la nuit tombée. solstice&amp;nbsp;: nous avons passé la ligne de partage. nous allons vers l’été. après un léger plateau, les jours vont rallonger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>poésie ? (nature de la)</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2012/12/17/poesie-nature-de-la</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:cf79acd25b31a1ef1e2e1d5b4d1084d0</guid>
    <pubDate>Mon, 17 Dec 2012 12:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;07.12.12&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;
il a neigé dans la nuit, comme en de nombreux points en France. il ne reste que quelques rares flaques blanches sur quelques
surfaces froides. la pluie maintenant. lumière sombre, quasi nuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;méditation : contempler comment l’on
fonctionne, prendre recul, essayer de sentir, comprendre la nature de l’esprit,
la production de nos pensées : les pensées comme des vagues, et l’on se
fait emporter à chaque fois comme du sable… aimerais parvenir à être plutôt
cette roche-mère qui est lentement façonnée par les vagues, mais qui ne soit
pas toujours roulée, emportée comme le sable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;08.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Marcher assez longtemps jusqu'à user en soi
ce qui alourdit le corps et raccourcit le souffle.&lt;br /&gt;A l'intérieur, de la peur, là. Savoir que
l'on porte en soi quelque chose qu'on ne sait pas. Une sorte de gros paquet.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Achevé, contigu. Pas plus. Parler n'en
portera pas davantage. Par
les mots, on s’éloigne — on gagne on perd, du même coup.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Antoine
Emaz - C'est&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;rencontre &lt;em&gt;Insistance de la poésie&lt;/em&gt; au petit palais. il n’est pas si mauvais parfois de réfléchir, et de
dialoguer, &lt;em&gt;ensemble&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;papotages sur le parvis avec Demarcq, Emaz, Guerre, Batalla, Sauvage, Brazil…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;la poésie est-elle anté-lexicale et/ou post-lexicale ? en aval du langage articulé on sait, mais en amont ? dans la bouche, dans la voix, dans l’expression de la voix,
murmure, mélopée et cri, en amont de la langue ? pas
sûr en fait qu’il soit si important de savoir où elle est, avant, après, encore
musique ou déjà plus, etc…&lt;br /&gt;
en tout cas pour moi, c’est travail de langue (comme un art plastique du
langage ?) et exercice d’une liberté, avec et dans cette langue. et cette langue pourrait bien commencer avant le langage
grammatical, dans la bouche, la voix…&lt;br /&gt;
étonnant en tout cas tous ces poètes qui se
posent la question de savoir ce qu’est la poésie…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;poésie, poème : faire, créer. l ‘étymologie
peut suffire comme définition.&lt;br /&gt;mais ensuite ça se complique, l’aporie : &lt;br /&gt;&lt;em&gt;aller
à l'invention d'une lang adéquate à cet énorme bruit du silence, qui est notre
impossible dire (Refonder | book 0 - fin - 10.11.09)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Prigent (&lt;em&gt;Thèses sur la
poétique&lt;/em&gt; - conférence 1998) : la poésie comme « &lt;em&gt;la symbolisation paradoxale d’un trou&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;
Prigent toujours&lt;em&gt; (À quoi bon encore des poètes ? &lt;/em&gt;1994&lt;em&gt;) : &lt;/em&gt;le poésie est par définition ce qui &lt;em&gt;« est toujours-déjà-disparu ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Prigent,
même endroit :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;« dans la
marginalité quasi aphone (de la poésie…) pourquoi y a-t-il quand même &lt;/em&gt;ça&lt;em&gt;, plutôt que
rien ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;et plus loin :&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;qu’est-ce qui pousse à écrire (entre autre de la poésie) ?&lt;br /&gt;
– (...) l’expérience que la vie non
écrite (non symbolisée personnellement) est une vie misérable, une vie soumise
au parler faux&lt;br /&gt;
– (...) le constat que la langue de tous n’est celle de personne, et
qu’il y a donc à se “trouver une langue” pour verbaliser l’expérience que nous
faisons intimement du monde (...)&lt;br /&gt;
– le savoir que la langue, qui nous fait hommes, nous délivre du monde en
prétendant nous le livrer (...) la poésie (pour cela inéluctable) est le lieu névralgique
d’exposition et de traitement de cette contradiction qui structure le parlant
(...)&lt;br /&gt;
– (...) rendre la sensation que nous avons du discontinu des temps et des
choses. »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
la poésie réduite (ou augmentée) à être la place symbolique, iconique de
cette impossibilité à réduire la distance du langage au réel.&lt;br /&gt;comment la poésie est-elle passée du &lt;em&gt;joli&lt;/em&gt;, d’une certaine célébration de
l’humain, de l’altération-manducation-malaxage de la
langue pour tenter la
création de formes équivalentes à nos expériences sensorielles individuelles du
monde (que le langage « habituel » échoue à dire, à médiatiser), au fait de dire l’inadéquation du langage aux choses, et enfin à ne plus savoir ce qu’elle est ?&lt;br /&gt;nous sommes donc en ce siècle où même les poètes (tous, et c’est là un de
leurs rares points communs) s’inquiètent de sa nature, ne savent plus bien ce qu’elle
est, savent qu’elle est mais ne savent plus bien où et quoi ; tout
comme les physiciens et les cosmologistes savent qu’il existe quelque chose
qu’ils savent ne pas connaître, et qui &lt;em&gt;tient&lt;/em&gt; tout : la matière noire et l’énergie noire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;avec tout ça comment pourrait-elle être encore &lt;em&gt;parole claire &lt;/em&gt;? comment lui trouver
cette possibilité, cette lisibilité ?&lt;br /&gt;est-ce pour cela que l’on en lit peu, mais en écrit beaucoup ? &lt;br /&gt;et si elle n’est pas lue, cela est-il un bien grand problème ? l’important n’est-il pas d’en écrire ? de résister avec, ainsi ? et
il y a là un bien grand dynamisme…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;reprise de la lecture de &lt;em&gt;Tel Quel&lt;/em&gt; de Valéry.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce qui est le meilleur dans le nouveau est
ce qui répond à un désir ancien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Paul
Valéry - Tel Quel&lt;br /&gt;folio essais - p. 150&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
lorsque l’on commence à
avoir un léger recul, un &lt;em&gt;passif&lt;/em&gt;, on
peut être assez étonné de la diversité des formes que prennent nos livres,
alors même que les préoccupations de fond restent quasi identiques, et que l’on
y entend une (probable) identité de voix. entre
les différents volumes (par exemple pour causer de ceux sortis de mon atelier :
&lt;em&gt;VISIONS&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;la voix ça&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;du seul
s’enfoncer&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;town town&lt;/em&gt;, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;&gt;VIA&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;la
plui&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;rouge kwoma&lt;/em&gt;, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;&gt;plateau&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;book 0&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;UUuU&lt;/em&gt;, et
maintenant &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;…) c’est en partie
toujours le même souci, la même marotte qui s’y travaille (est-ce là que l’on
dit n’écrire qu’un seul livre ?) et pourtant les formes, voire les tons,
diffèrent assez largement il me semble. probablement
est-ce tout bêtement parce que c’est la même matière travaillée toujours, mais de différentes manières… mais qu’est-ce qui
fait, induit alors ces variations de manières dans une même voix ? le besoin, conscient en partie seulement, d’aborder le même
front mais depuis différents axes d’attaque, différents emplacements de vue,
différentes périodes de vie et de compréhension de ce qui s’y joue ? il reste qu’il est difficile de réaliser un véritable
renouvellement des formes dans sa propre matière…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;je suis dans l’étude à nouveau depuis quelques
années, mais bientôt revenir à du plus brute, sauvage…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;le luxe d’avoir du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;le rythme de mes journées en ce moment : lever
– toilette – méditation – petit-déjeuner – écriture,
café, clope – tâches alimentaires sur l’ordi – déjeuner –
travail sur ordi, évacuer les tâches pratiques - revenir à écrire - lire le
net, lire des livres – courses, sortir, marcher - revenir travailler
– bain avec lecture de livres – repas – écrire –
coucher - lire – film parfois – sommeil.&lt;br /&gt;ces journées se répètent, l’importance d’un tempo de
base, sans pourtant sombrer dans la routine asphyxiante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;09.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
coucher très tard, lever donc très tard. ciel sombre.
n’aurais vu que trois heures de jour aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;bien se souvenir les jours sombres que la joie est en partie un choix, ne
pas se laisser aller, parfois par trop facilement, à l’ombrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;10.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
tâches quotidiennes de gestion. à 17h s’accorder une pause pour lire-écrire. n’y arriver en définitive qu’à 18h30, mangé par l’ordi et
les messages.&lt;br /&gt;
on avance dans sa journée, et au bout d’un moment on se dit « elle
sera donc &lt;em&gt;ça &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rentrer enfin dans le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de
Kafka (qui pourtant traînait par là depuis bien longtemps, mais que je n’avais
encore que partiellement abordé), y rentrer à 42 ans, ayant déjà un an de plus
que ce que la vie a accordé à l’auteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;au bain : lire, et écrire avec un tout petit bout de crayon, la
feuille en l’air, sur les pages blanches et les fausses couvertures des livres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;curieux que ce journal ici devienne ouvrage, corpus à part entière. que l’objet(if) d’une vie, que le sujet d’une vie, fasse
livre et voix, deviennent &lt;em&gt;projet&lt;/em&gt;. devienne un exemple (non exemplaire) d’une existence, d’une
condition. cette conscience était là, mais elle ne
produit un fait, acte concret que maintenant, alors qu’il y a déjà 23 ans que
je tiens notes, mais ça n’était pas encore un journal. ce
n’est que depuis cette année. conséquence de
l’âge ? peut-être, pourtant cela est tout sauf
mémoires ou biographie, c’est le constat du &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt;
de vivre : ce que cela est. ce que cela est
d’être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;évidemment je ne sais pas dans quoi je
m’embarque, du boulot, de la constance que cela peut réclamer, si cela est
destiné à durer toute une vie. austère et addictif
boulot.&lt;br /&gt;alors comment proposer ça en unité &lt;em&gt;lisibles &lt;/em&gt;? en unités pas trop longues mais rendant compte tout
de même de la continuité et de l’&lt;em&gt;épaisseur&lt;/em&gt;,
volume rendant l’impression d’étendue, de densité, de continuum de notre perception &lt;em&gt;cénesthésique&lt;/em&gt; dans le flux du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;11.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau. à la différence du petit mauvais de ces jours derniers…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;12.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
grand beau froid.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;s’isoler (mon départ dans la yourte dans quelques semaines), certaines
résidences, etc… alors que l’une des peurs archaïques est celle de la solitude
(il n’est que de voir mon chat, si souvent à chercher à être près de nous),
mais qu’elle peut aussi être propice à se centrer sur un ouvrage, et à goûter
le silence… toute la différence entre être solitaire, souhaité, et la solitude,
imposée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le travail en soi, en « tâche de fond », régulier, continu,
constant, qui est nécessaire pour penser, par soi-même, et pour trouver ses
propres mots (ce que nous rappelle Ludwig Hohl)…&lt;br /&gt;
tout le contraire ici d’un acte sauvage, impulsif, comme peut l’être le
poème — et bien que la pensée surgisse aussi parfois par &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;&gt;accès&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;poussées&lt;/em&gt; instinctives — mais au contraire un dépliement
soigné, précautionneux, lent, poussif souvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;le travail de &lt;em&gt;pensées&lt;/em&gt; est tout
sauf « écrire comme sans soi ». ça &lt;em&gt;n’échappe&lt;/em&gt; pas comme le poème. pas que cela ne procède pas parfois
aussi d’une urgence, d’un « hasard » dans sa venue, mais ça ne se
joue pas comme au-delà de l’auteur, au-delà de sa maîtrise, c’est l’auteur
poussant qui est là, ahanant, transpirant, ruisselant, cherchant, très présent.
on le sentirait presque…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;le fait de reprendre, assez souvent en somme, des éléments de phrases, de
texte, d’un livre à l’autre. le jeu de la répétition
interne à un même texte certes, mais aussi de livre en livre. comme des échos, des ricochets des mêmes obsessions et souci
principaux pour soi qui résonnent de place en place, rebondissent de volume en
volume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;essayer à nouveau d'écrire en parlant avec l'enregistreur qui retranscrit mes
paroles. étonnant toujours, se sentir empêtré, lent, d'écrire ainsi en parlant.
la grande différence donc d’écrire et de parler. en écrivant on peut &lt;em&gt;revenir &lt;/em&gt;;
en parlant on ne revient pas dessus, ça continue, toujours. en
parlant on ne rature pas, on n’efface pas. on ne peut &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;&gt;qu’en rajouter&lt;/em&gt;. parler
c’est encore plus être soumis, subir la ligne irrattrapable du temps. parler ça file et c’est irrémédiable. parler
ça accumule. ça entasse sans possibilité de retour. je
ne sais pas en quoi cette expérience me fera comprendre un peu plus les liens,
l’articulation entre parole et écriture, entre voix et signe(s). entre ces deux formes possibles du langage, les deux &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style:normal&quot;&gt;seules&lt;/em&gt; formes possibles. sans doute cette différence entre « revenir
dessus » et ne pas pouvoir est-elle liée à l’enregistrement. la parole, hormis à l’aide d’un outil (enregistreur :
stylo ou magnéto), ne se retient pas, ne peut être rattrapée, ne peut « se
reprendre ». à la différence de l’écriture : son apparition
signifiant déjà l’utilisation d’un outil, extérieur à la langue, la servant, la
&lt;em&gt;retenant&lt;/em&gt;. répondant
à la nécessité de retenir. &lt;br /&gt;
la parole alors n’inscrit pas, elle &lt;em&gt;dé-crit&lt;/em&gt;,
elle dés-écrit. elle est par définition volatile,
fuyante. &lt;br /&gt;
ici c’est une espèce d’étonnante parole, de « fausse » parole,
entre deux, puisque l’on peut la reprendre là. y
revenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;une page de notes déjà aujourd’hui. alors que je pensais n’avoir rien à
dire… en tout cas incapable de pré-voir ce que l’on a dans le bide, en tête…
incapable de savoir chaque jour ce qu’il va se passer, ce qui va passer… et
donc de savoir si ça va sortir, ce qui va sortir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;parfois ne pas être bien compris même par les plus proches… et pourtant ils
ont une compréhension bien plus intuitive et concrète que le lecteur, en tout
cas non construite exclusivement sur le texte (on ne lit pas toujours ce que
font les tout proches, et on ne les connaît pas d’abord par là), ou sur l’image
que l’on se projette de l’auteur. intuitive parce que
connaissant intimement la personne, et sachant par là la ramener parfois au bon
sens ; concrète car confrontée au réel trivial quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Reste ceci : la note existe. Elle est très proche de
l’objet. Elle dit
à peine ce qu’elle veut dire. Elle est naïve parce que confiante. Elle laisse
l’intelligence de l’autre libre de la finir, de la commencer, ou de l’avaler.
Elle est paresseuse et ne tient pas absolument à se faire
entendre. A être prise aux mots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Georges
Perros - Papiers collés, p. 12&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Poète
celui qui accepte d’être esclave attentif de ce qui le dépasse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Georges
Perros - Papiers collés
III&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
« &lt;em&gt;Elle
est naïve parce que confiante…&lt;/em&gt; » oui, du risque pris de donner à voir,
mettre à jour une recherche &lt;em&gt;en cours&lt;/em&gt; d’une part, et en laquelle on a l’ingénuité
de croire d’autre part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La note,
entre la perception et la pensée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Ariane
Lüthi - Pratique et poétique de la note chez Georges Perros et Philippe
Jaccottet (éd. du Sandre)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;jouer me
manque…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;aujourd’hui,
contre toute attente, avoir tant dit, beaucoup parlé… et sentir peu à peu avoir
moins à dire, avoir assez dit pour aujourd’hui, alors que la fatigue arrive et
que le milieu de la nuit avance… ce n’est pas toujours que l’énergie et l’heure
sont ainsi aussi concordantes, en accord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;peut-être faudrait-il délaisser un peu les notes, le journal, pour pouvoir
avancer plus dans &lt;em&gt;bref &lt;/em&gt;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;13.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
ciel
gris bleu. le plafond assez haut, car le ciel lui
reste à sa place…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;trier des papiers, sentir que l’on a pris quelques années en se voyant,
comme mon propre père, retrouver des papiers déjà jaunis, sertis d’élastiques
cuits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;14.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
lumière très faible. pluie. peu
froid.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;étonnant la pluie, somme toute. ce liquide qui nous tombe dessus. regardé
sous un certain angle tout peut-être vu comme pour la première fois. la pluie, nous y sommes habitués, nous avons toujours
« baigné » dedans. mais il suffit de changer
le regard, ou un élément et on la redécouvre : imaginons les pluies de
méthane sur Titan,
satellite de Saturne…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;oublier les jours qui passent.&lt;br /&gt;
si l’on se souvenait de tout…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La véritable nuit est dans le cœur des fleurs,
des grandes fleurs noires qui ne s’ouvrent pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;René
Daumal - Chaque
fois que l’aube paraît&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Hommes à la parole trouée, saccagée de
silence, ici et là inextirpable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Lorand Gaspar - Egée&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;15.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
bleu. quelques très légers nuages faisant des
petites pirouettes, puis ça se couvre. et pleut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;premiers signes de l’âge encore : plusieurs décès ces jours-ci de
connaissances de mon âge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;belle soirée chez Tiffany et Xavier, elle fille de
Bertrand Tavernier, une quinzaine de bien bels gens à discuter
ici : sculpteurs, écrivains, scénaristes, peintres, réalisateurs… on
« s’entend » bien vite. la sensation, rare,
de se sentir à sa place, avec ces personnes inconnues il y a encore quelques
heures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;16.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Paris.&lt;br /&gt;
lever très tard. aurais vu peu de jour. essaie de méditer puis écrire, pour aller ensuite marcher
avant que la nuit tombe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;des envies de poèmes, d’écriture vive, sauvage, féroce, mais rien ne
vient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>médite</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2012/12/06/medite</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5a68627f8810a937d39a4b93f3164294</guid>
    <pubDate>Thu, 06 Dec 2012 22:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;27.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;il arrive qu’après avoir évolué dans des domaines, des milieux dans lesquels on a fortement investi, après en avoir fait le tour, avoir atteint un certain point, on les délaisse. et même si ces domaines ont été plutôt périphériques que centraux, bien que liés et nourrissant la recherche principale, c’est un fonctionnement qui a été trop récurrent chez moi, dont je me méfie désormais. bien plus centré désormais sur quelques axes cardinaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;En tant que fille de 22 ans qui portait une énergie très intense, j’écrivais de la poésie avec déjà le désir de la dire, de l’amplifier, et ç’a été un processus très organique de passer de la lecture à la fusion avec le rock’n’roll. Ça reflétait cette agitation qui m’habitait. (…) Je trouvais ma signature en insufflant dans le mot écrit l’immédiateté et l’attaque frontale du rock’n’roll.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patti Smith&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/culture/musique/364743/l-attaque-frontale-du-rock-n-roll&quot;&gt;entretien avec Catherine Lalonde – le devoir&lt;/a&gt; - 23 novembre 2012&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;c’est cela&amp;nbsp;: la parole portée publiquement comme «&amp;nbsp;amplification&amp;nbsp;» de la poésie. d’ailleurs c’est même ce qui se passe concrètement, puisque l’on amplifie la voix et la musique avec des moyens sonores. et c’est tout sauf une vaseline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et (pour répondre à certains) &lt;br /&gt;non &lt;br /&gt;la poésie même amplifiée dans un spectacle n’est pas un spectacle&lt;br /&gt;mais un acte. &lt;br /&gt;elle n’est pas de la poésie qui se regarde poésie&lt;br /&gt;mais qui vit, crève, sue, échoue, et parfois touche. &lt;br /&gt;qui porte. &lt;br /&gt;porte notre sens d’être là&lt;br /&gt;dans une incompréhensibilité qui est l’état même de l’univers &lt;br /&gt;pour l’homme les bêtes les plantes &lt;br /&gt;et la caillasse. &lt;br /&gt;que c’est un engagement complet.&lt;br /&gt;que c’est indomptable. &lt;br /&gt;et indompté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;mon poème n'est pas fait pour être compris mais il est fait pour comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Serge Pey – avertissement d’incendie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;quelque chose mûrit en ce moment je sais, une action plus large.&lt;br /&gt;
une autre étape commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;28.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;faible lumière, grise, très diffuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;besoin de se déconnecter, du numérique tout ça, de partir marcher, changer de quartier, anonyme, s’isoler «&amp;nbsp;en quelque sorte ».&lt;br /&gt;travailler ailleurs, au café.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: une piste se dégage bel et bien peu à peu.&lt;br /&gt;en filigrane, en arrière-fond, quelques thèmes sont à nouveau là&amp;nbsp;: cabane, pluie. comme une suite, continuation de &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/plui/plui_sommaire.php&quot;&gt;la plui&lt;/a&gt;&amp;nbsp;? peut-être.&lt;br /&gt;comme toujours, j’ai le besoin de travailler dans un volume donné, avec un format donné, et une maquette de suite, travailler dans cette pâte-là, cette matière-là qu’induit et réclame le texte.&lt;br /&gt;pour &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;, j’écris dans une page de format très étroit et très vertical. quelques mots, peu de mots par page, taille de typo assez grosse, chercher une lisibilité (si possible immédiate, ainsi). et, dans ce besoin de travailler le volume comme une matière complète, la couv vient d’émerger hier, avec un équilibre presque immédiat me semble-t-il… c’est assez rare.&lt;br /&gt;à la différence des autres volumes, je ne veux, ne peux donner aucun élément de textes, comme habituellement sous la forme de &lt;em&gt;work in progress&lt;/em&gt; sur le net, car c’est un volume global, un seul tenant, et non pas des poèmes liés mais individuels. ceci dit, porter tout de même ici ces notes, réflexions pour soi qui accompagnent cette écriture&amp;nbsp;: peut-être cela ira-t-il au-delà d’un seul «&amp;nbsp;pour soi ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;29.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sorbonne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;reprendre ici la guillemets dictée guillemets. avec l’appareil enregistreur. dire quoi. bizarre impression de parler dans l’appareil et que ce ne soit pas l’enregistrement d’une voix qui soit retranscrit mais un écrit. réessayer de parler avec cette dictée vocale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;très grosse pleine lune panachée de nuages noirs, «&amp;nbsp;halotés&amp;nbsp;» par sa lumière blanche.&lt;br /&gt;espace&amp;nbsp;: commencer à saisir où l’on «&amp;nbsp;flotte », sentir physiquement cela, en particulier en voyant cette lune suspendue au bout de l’horizon terrestre.&lt;br /&gt;se sentir terrien, petit, sur sa boule. sentir très concrètement être ancré sur cette boule de terre et d’eau, flottante bulle dans un vaste océan, froid, spatial, clair, de vide et de matière noire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;méditation&amp;nbsp;: s’éloigner, désaffecter cette présence illusoire du moi, de l’ego. tendre à ça. être calme équilibre sans ego. ego pollue&amp;nbsp;: d’une part on se focalise sur le petit amour que l’on nous porte&amp;nbsp;; et d’autre part, on s’attache à sa vision propre alors que tout le monde, entier, est existant au-delà de la seule perception issue de l’ego. on pense l’ego comme identité centrale, mais qui n’est centrale que pour soi… l’ego n’étant qu’un concept associé au continuum d’expérience qu’est notre conscience, à une soi-disant unicité indépendante, alors que la réalité est surtout multiple et interdépendante.&lt;br /&gt;c’est tout sauf ce que je souhaite, cette prégnance de l’ego, pourtant toujours encore là…&lt;br /&gt;être nu de ça, vers les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ambition&amp;nbsp;: à bien différencier l’ambition pour soi (reconnaissance, demande d’amour) de l’ambition pour l’ouvrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;soirée avec quelques poètes et traducteurs de Berlin et de Lyon. avec Manon et Calleja aussi. fin tranquille à papoter au whisky.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la gravité n’est pas la profondeur complète. l’humour est une profondeur supplémentaire. dis-je grave…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;30.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;lumière très sombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;jour de rien. de peu de motivation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Refonder&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: en fait un livre de méditation. une façon de ramener l’esprit en lui-même, d’apaiser le flot agité des pensées qui par nature ne peuvent cesser. de témoigner de ce flot passant. il ne s’agit plus de retenir ces pensées, de les ancrer. les notes ici indiquent, signalent essentiellement ce passage, leur écoulement, et les laisse filer. &lt;br /&gt;alors c’est évidemment toujours encore un rapport au temps. de le regarder filer sans angoisse, par l’observation de son défilement, de son déroulement. de le mesurer non seulement par les actes et faits quotidiens, mais aussi par leurs traces laissées et accumulées ici. constater le temps passant, sans courir après comme on le fait si constamment. le laisser couler (comment de toute façon ferait-on autrement ?).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;méditation&amp;nbsp;: la baser, l’asseoir à nouveau sur le souffle, la respiration, ne pas oublier ça. là aussi c’est rappel du temps&amp;nbsp;: la respiration tout à la fois tempo de base du vivant, et mesure du son écoulement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;toute mon entreprise peut aller encore plus loin, mais aussi plus posément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: une étonnante façon d’y bosser, d’y bosser peu en fait. en réflexion quasi continue, mais moments d’écriture très brefs et très espacés, amenant néanmoins à chaque fois un avancée notable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;01.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;frais. beau soleil.&lt;br /&gt;méditation. jardinage. taille d’arbres. aller nager. écrire. lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ce que l’on appelle «&amp;nbsp;avoir une voix&amp;nbsp;» : la voix d’un auteur est ce qui ferait son identité. on la re-connaît. &lt;br /&gt;mais qu’est-ce qui fait que cette voix se constitue, (s’affirme), puis se dégage&amp;nbsp;? qu’est-ce qui fait l’identité de cette voix, qui elle-même fait l’identité de l’auteur&amp;nbsp;? une tonalité, un timbre, une thématique habituelle obsessive&amp;nbsp;? le fait qu’on la reconnaisse justement, qu’elle ait une singularité&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;méditation&amp;nbsp;: par cette pratique les capacités profondes de changement de nos humeurs, de nos comportements, la capacité à transformer notre esprit et façons d’être… l’effet par exemple de modification profonde de l’hyper-activité, de l’hyper-réactivité, de l’effacement des plus grandes colères, l’augmentation des capacités de con-centration (ne plus toujours être dans un «&amp;nbsp;speed », ou sauter sans cesse du coq à l’âne, diminution donc de la &lt;em&gt;distraction&lt;/em&gt;), de l’apaisement affectif et des désirs névrotiques, le développement de l’attention à l’essentiel et aux autres, la vision de la mort modifiée comme élément non-tragique, parfaitement inclus dans le vivant évidemment, mais surtout ressenti profondément en soi comme tel… &lt;br /&gt;il existe bel et bien les possibilités d’agir sur soi, de changer simplement une vie… en apaisant le flot inarrêtable de nos pensées presque toujours turbulentes, la méditation modifie nos manières d’être, cet entrainement de l’esprit agit. et sans doute ici la neuro-plasticité y est pour quelque chose.&lt;br /&gt;tout ne devient pas alors un long fleuve rose et tranquille, mais nous abordons, comprenons, et traversons plus paisiblement les événements d’une vie. nous comprenons mieux nos fonctionnements intimes, mais aussi les fonctionnements plus généraux du cérébral et de la psyché. &lt;br /&gt;tout comme l’écriture, c’est l’entreprise d’un vie. une pratique régulière, infinissable, éternellement perfectible… mais l’on peut en saisir les effets, sur soi-même et envers les autres qui nous entourent, assez vite. bien sûr le but n’est pas de rechercher un «&amp;nbsp;effet&amp;nbsp;» spécial, rapide, une «&amp;nbsp;productivité&amp;nbsp;» intéressante, mais un apaisement général. «&amp;nbsp;ramener l’esprit en lui-même, vers sa nature profonde », disent les tibétains depuis leurs 2 000 ans d’histoire, d’expérience et de pratique de la méditation.&lt;br /&gt;pour atteindre progressivement cela, c’est aussi visualiser, ressentir la non-dualité des choses&amp;nbsp;: pour résumer, les choses ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont. &lt;br /&gt;il s’agit également essentiellement d’un lâcher-prise sur les désirs et les craintes, sur les attachements et les turpitudes de l’ego, toutes choses qui nourrissent nos conflits intimes (le &lt;em&gt;samsara&lt;/em&gt;). ainsi il s’agit de ne plus nourrir nos instabilités intérieures, névrotiques. il ne s’agit pas d’une introspection, d’un &lt;em&gt;travail&lt;/em&gt; sur soi, d’un chantier nourris d’efforts pour se «&amp;nbsp;corriger », ce qui renforcerait alors ce névrotisme, mais d’un &lt;em&gt;abandon&lt;/em&gt;. paradoxalement peut-être, c’est sur cet abandon, ce lâcher, que l’on peut alors commencer à édifier, édifier quelque chose de plus équilibré, de plus léger, de plus serein.&lt;br /&gt;c’est accéder à plus de liberté d’être moins soumis à ces contraintes, de savoir un peu mieux agir dessus, de les dissoudre en les laissant couler, en ne les considérant plus comme bonnes ou mauvaises, mais pour ce qu’elles sont vraiment&amp;nbsp;: comme &lt;em&gt;étant&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;il ne s’agit en aucun cas d’un recueillement centré sur soi-même, sur son plaisir propre, d’une recherche égoïste de moins de souffrance pour soi seul&amp;nbsp;: l’apaisement et l’ouverture intime ne peuvent se toucher que par le souci d’autrui, et cette pratique a d’ailleurs une importante influence sur la relation à l’autre. c’est l’un de ces autres fondements&amp;nbsp;: un mouvement large d’empathie et de compassion.&lt;br /&gt;il ne s’agit pas d’une religion ni d’une croyance, mais d’une pratique et de faits constatables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;cette pratique rejoint également celle au long cours de l’écriture, dans la mesure où la méditation offre une vision plus claire, une meilleure connaissance du monde, plus posée, moins soumise aux variations de nos émotions, et où écrire est aussi explorer, appréhender, tenter de comprendre avec justesse et enfin dire notre monde… dans cette mesure, il ne peut y avoir, à les mener parallèlement, qu’un bénéfice réciproque entre ces deux pratiques.&lt;br /&gt;et la notification des saisons, des mois, des jours, du temps qu’il fait, en plus de la connexion aux éléments premiers dans lesquels nous vivons , participe aussi à regarder avec «&amp;nbsp;sagesse&amp;nbsp;» ce qui est et passe… à nous préparer avec calme au caractère fugitif, éphémère, provisoire de tout, et d’abord de nous-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la méditation c’est centrer sa vie sur des activités et des valeurs primordiales, plutôt que sur des activités de &lt;em&gt;distraction&lt;/em&gt;. c’est délaisser progressivement le superflu pour aller vers moins de souffrance. cela peut paraître mièvre, mais qui n’a pas ce but ?&lt;br /&gt;«&amp;nbsp;c’est la plus grande chance que l'on puisse se donner », dit Sogyal Rinpoché…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;02.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Fontainebleau. &lt;br /&gt;grand beau. froid. départ pour escalade en forêt.&lt;br /&gt;soleil sur les blocs, les pins, les bruyères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le présent est la seule chose qui n’ait pas de fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edwin Schroedinger&lt;br /&gt;Ma conception du monde - éd. Mercure de France, 1982&lt;br /&gt;(traduit de My View of world, Londres, Cambridge University, 1922, p. 22)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;03.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;pluie. le prunier perle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;découverte par la sonde Messenger de milliards de tonnes d’eau, sous forme de glace, dans les régions polaires de Mercure, la planète la plus proche du soleil (la température moyenne y est de 169°C, mais l'inclinaison de 1° de son axe de rotation fait que les zones aux pôles sont constamment à l'ombre. Les températures y sont d'environ -200°C).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;04.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;grand beau. froid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le bureau. &lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/IMG_2149_retouche_capt.jpg&quot; title=&quot;IMG_2149_retouche_capt.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/.IMG_2149_retouche_capt_m.jpg&quot; alt=&quot;IMG_2149_retouche_capt.jpg&quot; title=&quot;IMG_2149_retouche_capt.jpg, déc. 2012&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;(dessin Anna Griot)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/IMG_2152.JPG&quot; title=&quot;IMG_2152.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fgriot.net/notes/dotclear/public/images_new/.IMG_2152_m.jpg&quot; alt=&quot;IMG_2152.JPG&quot; title=&quot;IMG_2152.JPG, déc. 2012&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;passé une partie de la journée à corriger les épreuves de &lt;em&gt;book 0&lt;/em&gt;, et à finaliser la couverture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dans notre tout petit milieu (de poésie, de littérature) il y a, comme dans tant d’autres, de grandes amitiés, une assez large bienveillance, mais aussi des inimités et de nombreux positionnements d’egos et de rivalité, pas toujours montrés, autour d’enjeux symboliques et de reconnaissance (brio, succès, intérêts, opinion, relations…). mais nous avons, peu ou prou, des goûts proches, une commune passion, un même souci et nécessité du travail de langue, une même lucidité quant à la puissance du verbe, alors ne serait-il pas possible d’être dans un plus fin soin d’autrui&amp;nbsp;? pour exemple, peu savent se réjouir des réussites d’un autre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;tiens, pas encore trouvé le titre de cette série de notes… peut-être qu’encore rien d’important n’a émergé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;05.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;léger gris. frais toujours. 3, 4 degrés. crachin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;deux jours pleins de gestion de la vie quotidienne, professionnelle, des projets en cours. le soir enfin revenir au travail de fond&amp;nbsp;: écriture, lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;la valeur d'une pensée se mesure aux distances qu'elle prend avec la continuité de ce qui est déjà connu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adorno&lt;br /&gt;Minima Moralia, paragraphe 50&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;l’ego se dissout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;méditation&amp;nbsp;: les chaînes de pensées qui défilent dans nos têtes, et passent comme des vagues incessantes… ce que produit le cerveau, et comment il le produit… qu’elle est la nature véritable de notre esprit&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;profondément, intrinsèquement, c’est une conscience vaste, ouverte, paisible, disent les sages tibétains.. mais à la surface de laquelle s’agitent sans cesse les pensées comme un clapot agité… et dont on peut avoir l’expérience si l’on sait justement se mettre en retrait de ce «&amp;nbsp;clapot », de ces vagues de surface, les contempler, dé-focaliser d’elles, de leurs fluctuations, croire un peu moins à l’histoire qu’elles nous racontent, et qu’on les regarde avec une «&amp;nbsp;pleine conscience ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;06.12.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;ciel bleu. froid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;dernier cours Sorbonne&amp;nbsp;: amorcer la construction d’un site, plutôt qu’un blog, mais avec un blog dedans. insisté sur l’importance primordiale de s’emparer du code, de ce nouveau langage qui véhicule aujourd’hui une grande part de nos connaissances et de notre imaginaire, en particulier pour de futurs éditeurs qui vont avoir pour charge de transmettre du savoir, donc les bases, les outils de notre conscience, de notre lecture du monde, et par conséquence de notre liberté, personnelle, citoyenne, démocratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>quand on écrit on écoute.</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2012/11/27/quand-on-ecrit-on-ecoute</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d63fb6946b79b872d15c867b896bcbb8</guid>
    <pubDate>Tue, 27 Nov 2012 00:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;18.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;la flotte. sombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le prunier noir, aux trois grands troncs vrillés, mouillés, devant ma fenêtre, chaque jour changeant, aujourd'hui feuilles dorées, sur l'arbre et à terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de ces journées tristes, où l'on sait un peu pourquoi, où l'on en sait assez.&lt;br /&gt;de ces journées où l'on se souhaite dans l'ombre.&lt;br /&gt;juste sortir. marcher. un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;quand on écrit on écoute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(parler c'est autre chose, c'est se faire entendre. éventuellement être écouté.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;19.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;ciel clair. c'est-à-dire pour ici&amp;nbsp;: clair dans les gris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;reprendre des forces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;on est seuls. toujours à courir avec nos besoins, nos demandes affectives, de réparation anciennes, de consolation, toujours que partiellement remplies, car cette réparation ne peut passer &lt;em&gt;pleinement&lt;/em&gt; par autrui. pourtant c'est ce que l'on cherche tous, le plus souvent inconsciemment, dans la relation à l'autre, particulièrement l'amoureuse.&lt;br /&gt;alors, dans la plupart des cas, on  fait avec, cahin-caha. parfois blessés. on est seuls. très peu en ont une connaissance lucide, posée, mature, et savent l'accepter, en faire un point de force, de solidité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;c'est aussi alors la question de la constance, de parvenir à ne pas flotter comme bouchon pris dans nos affects, dans le samsara.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il arrive ce moment où l'on entérine le deuil de la recherche d'une réparation affective. avec soulagement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;se voir vieillir dans la fatigue accrue du visage dans le miroir le matin au réveil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vieillir&amp;nbsp;: une aventure qui évite de faire du surplace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;si Janis Joplin me touche, m'intéresse autant, c'est, outre sa musicalité, pour son énergie, ou pour être plus précis pour son investissement&amp;nbsp;: engagement et centration d'une énergie toute dévolue.&lt;br /&gt;le &quot;destin tragique&quot; ici ne participe pas à exciter mon appréciation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;nos efforts d'hommes toujours pour vivre moins mal. et puis l'abandon de tout effort, du désir, l'état méditatif, et du coup le vivre mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;20.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;ciel bleu. quelques légers voiles de nuages transparents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;peut-être suis-je habité par une idée plus grande que moi. cette pensée revient parfois. mais je n’ai jamais senti mes yeux plus gros que le ventre.&lt;br /&gt;ma ligne est en-deçà de beaucoup de ce que j'entends, plus basse, ancrée, plus tenace peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;un ami&amp;nbsp;: l’avoir vu soudain vieux. c’est-à-dire que dans son visage ai soudain vu, dans un moment de relâchement, son visage, sa mâchoire tombante, le rétrécissement rentré des lèvres, le poids des joues, déjà là en filigrane, du vieillard. évidemment ça rappelle le «&amp;nbsp;bal de tête&amp;nbsp;» de Proust, mais ici ce n’est qu’une projection, furtive, les traits de la vieillesse dans un moment d’abandon comme déjà inscrits dans ceux du visage jeune. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de la difficulté ici de ne pas coucher de l'intime, mais d'en faire matière qui fasse portée générale. l'inverse de subsumer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;21.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;le sol du jardin trempé et doré par les feuilles du prunier.&lt;br /&gt;méditation comme chaque jour au réveil, dehors ou devant la fenêtre grande ouverte. qu'il pleuve, vente ou gèle. ce matin ma bouche fume. &lt;br /&gt;une demi-heure, trois-quarts d'heure ainsi assis, quelques moments de profonde centration, pensées qui coulent sans rétention, sans «&amp;nbsp;travail », sans tension vers, sans désir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pour soi&amp;nbsp;: ne jamais oublier que la joie est en partie un choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;nous parlons aujourd'hui de mondialisation mais elle a sans doute débutée, voire avant, avec ce que le siècle précédent a pour la première fois produit dans l'histoire&amp;nbsp;: des guerres &lt;em&gt;mondiales&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: dire notre indigence, notre difficulté à avancer et pourtant ça avance.&lt;br /&gt;montrer cette indigence, ce dérisoire sans les dire par explicitation. dire notre drame sans qu'il soit l'objet d'une gravité mais d'un humour. c'est.&lt;br /&gt;dans &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; j'aimerais que ce soit un homme pauvre qui parle, tente de parler, un pauvre homme, un homme humain.&lt;br /&gt;qui échoue. qui échoue toujours. principe du clown. et cet échouage quelque part est drôle.&lt;br /&gt;défi de taille pour moi.&lt;br /&gt;grande tendresse aussi pour les «&amp;nbsp;simplets&amp;nbsp;» que l'on rencontrait il y a encore peu dans certains villages alpins.&lt;br /&gt;tout cela est encore largement flou. mais ça finit en général par s'éclaircir. &lt;br /&gt;revoir &lt;a href=&quot;http://youtu.be/ZUpiD8vEw2Y&quot;&gt;Buster Keaton avec Chaplin&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://youtu.be/166mE6lPig4&quot;&gt;Little Tich&lt;/a&gt;, et quelques anciens clowns.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;les clowns, ces hommes en chantier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Henri Michaux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;étymo&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;Angl. clown, attesté dep. la 2emoitié du XVIème siècle. sous les formes cloyne, cloine, puis clown au sens de «&amp;nbsp;homme rustre, paysan&amp;nbsp;» d'où «&amp;nbsp;bouffon, fou&amp;nbsp;» et plus spéc. à partir du XVIIème. «&amp;nbsp;pantomime, personnage des arlequinades et du cirque ». peut-être d'orig. de l’ancien allemand parlé par les Frisiens, klönne, désignant un être vieux et malhabile, un homme rustique, balourd, depuis un mot désignant, à l'origine une motte de terre. En anglais, on trouve aussi clod et clot, signifiant aussi bien motte que balourd, plouc.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;cette anecdote&amp;nbsp;: mon grand-père, alors âgé de 5 ans, accompagnait son père à Bordeaux à un dîner d'affaires où Chaplin était présent. ce petit bonhomme, qu'était alors mon grand-père, s'ennuyant, Chaplin pris alors deux fourchettes et lui fit sur le bord de la table la danse des petits pains… pour lui seul…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;22.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;froid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;donne mon cours à la Sorbonne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à visionner des films de clowns. pas bien sérieux tout ça, mais extrêmement important.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pers 1&amp;nbsp;: bref&lt;br /&gt;pers 2&amp;nbsp;: pépin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pépin&amp;nbsp;: peut-être que&lt;br /&gt;bref&amp;nbsp;: quoi&lt;br /&gt;pépin&amp;nbsp;: on n'a plus besoin de lui&lt;br /&gt;bref&amp;nbsp;: qui&lt;br /&gt;pépin&amp;nbsp;: lui. l'auteur&lt;br /&gt;bref&amp;nbsp;: que&lt;br /&gt;pépin&amp;nbsp;: on peut parler seuls&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;ou se taire.&lt;br /&gt;… &lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;enfin essayer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;bref&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: à la différence de mes recueils où les poèmes s'accumulent les uns après les autres, le plus souvent selon leur apparition chronologique, ici c'est une collecte de matières, un amoncellement de fragments, comme l'on récupèrerait des objets, une accumulation d'éléments, d'envies, de directions, d'inattendus, qui, par agencement progressif, créeront un volume d'un seul tenant. enfin je crois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la confiance. la confiance réelle&amp;nbsp;: profonde, calme. sans plus besoin d’en rajouter.&lt;br /&gt;(ce même type de confiance qui était nécessaire lors des solos en escalade, mais ici encore plus calme, plus posée, sans excitation, ferme)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;23.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;changement d'ordi, c'est-à-dire changement d'établi, qui m'annonce 25h de migration des données (15, 20 ans de boulot + logiciels et paramètres perso). &lt;br /&gt;du coup, en attendant, je retourne au carnet manuscrit, à la menuiserie, à la construction d'une nouvelle grande bibliothèque de livres papiers, rangés par thèmes (poésie, romans-récits, littérature de voyage, du moyen-âge, philo-linguistique-pensées, peintures-pariétal, carnets-journaux, etc…), aux petites tâches de maison, au sport…&lt;br /&gt;après 7, 8 heures de transfert, je tente finalement une autre manip et je gagne 22h sur celles annoncées initialement&amp;nbsp;! la machine voulait passer mes poèmes par les airs…&lt;br /&gt;reste les réglages... 2 jours au total… tant d’heures, tellement cette machine est devenu l’atelier principal, signe de ce temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;coucher à 5h15.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;24.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;gris toujours. température fraîche très agréable.&lt;br /&gt;le prunier n’a presque plus de feuilles sur lui. on se rapproche de l’hiver à grand pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;j'écris en parlant dans un appareil qui transcrit ma parole à l’écrit. je parle ici. j'écris en parlant tout comme écrire c'est écouter. de grandes différences d’écrire en s'enregistrant. une très grande différence pour la pensée d’écrire en parlant ou d’écrire en écrivant. j’écoute au fond de moi et cette écoute je l’écris. quelle différence cela induit d’ainsi parler pour écrire, que l’on sent flagrante de suite. on pourrait peut-être même jouer sur le ton, le timbre, les débits. débit qui induirait une certaine écriture, une certaine vitesse d’écriture, une certaine respiration. ce serait là peut-être le lien entre le parler et écrire. lorsque l’on écrit ça passe de la pensée à l’écrit, directement. ici ça passe par l’étape supplémentaire, intermédiaire de la parole. c’est alors comme si l’on essayait de parler comme l’on écrit, alors qu’habituellement la parole est plus fluide, plus détachée et plus libre peut-être. ici déjà j’ai repris, corrigés mes «&amp;nbsp;paroles-écrites&amp;nbsp;» par des corrections écrites sans parole. comme s’il y avait besoin de ça. cette diffraction dont parlait Céline pour passer l’oral dans l’écrit (l’histoire de l’image du bâton tordue, rompue quand plongé dans l’eau), cette traduction nécessaire&amp;nbsp;: on ne peut passer la parole dans l’écrit &lt;em&gt;littéralement&lt;/em&gt;, ça n’en rendrait pas compte exactement. je constate alors que parler comme on écrit est d’une grande difficulté. ou, pour s’en rapprocher au mieux, il faut alors parler comme en soi, dans sa tête, comme pensée. parler se rapproche alors un peu d’écrire. mais obligé encore de reprendre un peu ce texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;j’attaque &lt;em&gt;Le rire&lt;/em&gt; de Bergson. il n’y a que l’humain qui fait rire. un paysage ne fait pas rire, un animal ne fait rire que lorsqu’il a une mimique anthropomorphique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;25.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.  grand beau. un vent très violent toute la nuit a nettoyé le ciel.&lt;br /&gt;grand calme. j’entends un clocher sonner.&lt;br /&gt;le prunier du coup est nu, quasi. quelques feuilles esseulées encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de nouveau ce matin j’écris en parlant.&lt;br /&gt;drôle d’exercice de savoir que ce que l’on dit est destiné à de l’écrit. on a peur de parler trop vite ou pas assez, il faut laisser le temps de penser, on règle son dire sur la pensée, on a l’impression que ce que l’on dit va plus lentement que lorsque l’on écrit habituellement, l’impression que la pensée arrive lentement, de ressentir son temps d’émergence (le temps de sentir ça étant probablement dû au fait que l’on ne soit pas accaparé par les tâches de scripturalité). l’impression de dire musique que l’on écrit (&lt;em&gt;tiens, cette phrase c’est la machine qui l’a écrite, interprétant mal ce que j’ai dit, mais je la garde, elle ma va. en fait la machine m’a peut-être très bien compris&lt;/em&gt;). on cherche un peu ce que l’on dit. on cherche un peu à parler comme on écrit.&lt;br /&gt;on voudrait tenter ici de parler comme on écrit. voir ce que cela fait. on voudrait tenter ici ce que cela fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;26.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. &lt;br /&gt;beau. vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;travaillé toute la journée sur un projet de résidence, découverte par hasard, qui ferait vraiment sens, sur un axe de travail «&amp;nbsp;écriture et voix ». résidence qui plus est a lieu dans le village d’un de mes amis les plus proches. pas de hasard…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Notre civilisation moderne est consacrée en grande partie au culte de l’illusion&amp;nbsp;! Il n'existe aucune information générale sur la nature de l'esprit&amp;nbsp;: les écrivains et les intellectuels n’y font guère allusion (…) En fait nous sommes éduqués dans la croyance que rien n'est réel au-delà de ce que nous percevons directement au moyen de nos sens ordinaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sogyal Rinpoché&lt;br /&gt;Le Livre tibétain de la vie et de la mort&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;méditation&amp;nbsp;: la «&amp;nbsp;déletion&amp;nbsp;» du moi qui se glisse parfois. cette sensation de voir, sentir, exister autrement que par le biais que l’on croyait central du moi. donc que le monde existe au-delà, autrement, que par le moi. &lt;br /&gt;et c’est sans doute moins d’illusion, moins d’ignorance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;c’est certes la journée contre la maltraitance des femmes, mais au-delà émerge aujourd’hui une parole, une libération de la parole (tout comme peut-être elle a pu émerger pour l’homosexualité)… cette parole de l’après viol&amp;nbsp;: cette parole se défendant contre cet acte de domination ultime, d’appropriation de l’autre (bien plus que de perversion) dans les rapports sociaux entre sexes. et donc, outre une journée dédiée, c’est peut-être plus largement une étape dans le fil de l’histoire de la maturation des démocraties. une mise en lumière de faits qui, de déniés, passent au statut de faits en tant que tels, donc non déniables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;notes, du journal&amp;nbsp;: avoir besoin de «&amp;nbsp;lâcher un paquet&amp;nbsp;» tout les 9, 10 jours… cette étonnante régularité du rythme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>rien journal</title>
    <link>http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?post/2012/11/17/rien-journal</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6af2e544b17a3611c235fda5eef78eb2</guid>
    <pubDate>Sat, 17 Nov 2012 14:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Fred Griot</dc:creator>
        <category>notes d'écritures</category>
            
    <description>

      
      	   &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;07.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;gris. air frais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;retour très tôt au matin bien pété. sommeil difficile et brassé.&lt;br /&gt;lever tard.&lt;br /&gt;méditation devant la fenêtre ouverte et le jardin, comme chaque jour. aujourd'hui&amp;nbsp;: moment clair, fluide.&lt;br /&gt;le calme revenu. sensation pleine de paix avec le corps. longue marche en soirée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;constat&amp;nbsp;: le manuscrit &lt;em&gt;bloc&lt;/em&gt; s'appelle donc &lt;em&gt;bref&lt;/em&gt; depuis quelques jours.&lt;br /&gt;c'est comme s'il s'était nommé lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le clown&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;a la langue mal&lt;br /&gt;adroite&lt;br /&gt;maigre, épuisée&lt;br /&gt;primitive mais d'une redoutable puissance&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;bref, le clown bref.&lt;br /&gt;dans le clownesque, c'est le dérisoire de l'homme qui m'intéresse grandement, sa misère. &lt;em&gt;bref le clown&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: ça pourrait bien aller par là. on ne sait décidément jamais lorsque l'on démarre où vont nous mener ces petits bricolages.&lt;br /&gt;en tout cas content que ce manus parte dans une direction si différente des précédents, de &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/book_0/index.php&quot;&gt;book 0&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/trace/&quot;&gt;UUuU&lt;/a&gt;… c'est qu'on ne parvient que rarement à prendre des chemins nouveaux, à déboîter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;08.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ce qui se joue lorsque les actions, les travaux d'un homme commencent peu à peu à être connus, qu'il focalise alors une empathie, qu'elle soit politique, poétique ou quelque &quot;ique&quot; que ce soit&amp;nbsp;: alors l'exercice d'admiration réalisé par les autres se cristallise non plus vers son seul ouvrage mais se déplace peu à peu vers le bonhomme&amp;nbsp;: il commence à constituer, à représenter le &lt;em&gt;corps&lt;/em&gt; symbolique de ce que les autres ressentent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;encore retour nocturne beurré après très bon concert hier soir à l'atelier du plateau du trio &lt;em&gt;le maigre feu de la nonne en hiver&lt;/em&gt; (Groleau, Leté, Lemoine). bons moments d'échange ensuite, de bienveillante convivialité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;09.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;après le sommeil, journée à travailler et lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;10.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris. Lyon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;départ pour lecture en librairie, puis quelques jours au vert.&lt;br /&gt;ciel bas, ras la terre en Bourgogne. les collines, même basses, baignées de nuages. terre trempée. lumière très faible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rencontres ou re-rencontres avec Undriener, Dupuy, Liron… et un bout de nuit passée avec eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;11.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Isère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les gens sérieux ont une petite odeur de charogne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Francis Picabia - Ecrit&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;certains savent évidemment que la poésie n'est pas forcément à &lt;em&gt;comprendre&lt;/em&gt;, mais le fait de ne pas la piger du tout, ça pose tout de même un problème à un moment, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;12.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Isère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ne presque rien faire. lire. discuter. écriture très peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;l'horizon noir de campagne. 2, 3 feux seulement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Une grande partie du génie réside dans la capacité de tirer profit, pour soi et sa science, de tous les incidents de la vie.&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;Se demander sérieusement tous les soirs ce que le jour nous a fait apprendre de neuf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Georg Christoph Lichtenberg&lt;br /&gt;le miroir de l'âme &lt;br /&gt;(éd. José Corti, p 470 - J 1547 et p 472 - J 1621, trad. Charles Le Blanc)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;13.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Isère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;longue méditation dans le pré. l'humidité, le brouillard du matin. &lt;br /&gt;ça pince un peu&amp;nbsp;: 5, 6 degrés. le bruit des engins agricoles au loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;plusieurs longues discussions de fond, d'importance, avec les proches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;14.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;ciel gris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;temps bouffé par la gestion. quel est le temps de gestion de nos vies pour pouvoir vivre&amp;nbsp;? si l'on enlève ce temps-là, quel temps de vie indemne, dégagée, &quot;pour soi&quot;, reste-il&amp;nbsp;? à quel moment se demande-t-on&amp;nbsp;: cela vaut-il le coup&amp;nbsp;? le temps de ces questions n'est-il souci que pour des personnes ayant déjà un certain confort de vie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;retour tard, après soirée avec Manon et Caravaca.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;15.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;rien.&lt;br /&gt;pas écrire.&lt;br /&gt;pas nécessaire de.&lt;br /&gt;toujours la même histoire.&lt;br /&gt;qui n'intéresse que.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pas grand monde.&lt;br /&gt;que toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;difficulté à sortir, s'extraire des tâches quotidiennes pour retourner au travail de fond. contrarié de ça. vers 17h, y parvenir enfin.&lt;br /&gt;mais presque perdu, ou peur de perdre, ce ton de voix, de timbre qui coulait durant les jours permettant la réflexion de fond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Des mots pour vivre ont donc traversé l’abject dans la mémoire des hommes. On se surprend alors à jurer de ne plus écrire soi aussi que dans l’inouï de cette survivance. Seulement pour cela, qui est à peine croyable&amp;nbsp;: qu’il se peut que les paroles de quelqu’un deviennent pour un autre celles qu’il avait besoin de retrouver.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Marc Dugardin - Serment&lt;br /&gt;Quelqu'un a déjà creusé le puits (éd. Rougerie)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui reste le plus souvent étranger à un critique, mais si présent presque toujours à l'auteur&amp;nbsp;: la notion de&lt;/em&gt; dépense vitale&lt;em&gt; impliquée dans une œuvre, et son évaluation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Julien Gracq - En lisant, en écrivant&lt;br /&gt;(éd. Corti, p 166)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fgriot.net/txt/trace/&quot;&gt;UUuU&lt;/a&gt;, version livre papier&amp;nbsp;: l'ai envoyé à quelques éditeurs. mais la mûrir peut-être encore. la retravailler éventuellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;quelle est cette entreprise du journal&amp;nbsp;? même si je ne me suis pas donné comme contrainte d'écrire tous les jours, que signifie-t-elle les jours creux, les jours de rien&amp;nbsp;? une réflexion sur le rien&amp;nbsp;? et ces jours où l'on mènerait une réflexion sur le rien, comment pourrait-elle être de valeur alors que le jour est creux, donc plein d'une parole faible ?&lt;br /&gt;peut-on moudre-penser aussi maigre farine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mais même dans les creux, les creux créatifs, ou quand rien ne se passe, n'y a-t-il pas encore à écouter, à entendre, à apprendre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;il y a possibilité aussi d'encore se détacher plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le corps parle, quelque soit la manière dont on veut le faire taire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yvonne Rainer (danseuse)&lt;br /&gt;Une femme qui… écrits, entretiens, critiques (Les presses du réel / Ringier, 2008)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;je ne sais pas si à force de bosser, creuser au même endroit, ça finit par créer un type, un style. ce qui est sûr c'est qu'il y a une ligne qui, par réductions, éliminations progressives, con-centration des forces, centration des moyens, finit par se dégager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;16.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;le presque froid installé depuis quelques jours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’ai cette impression, parfois, tant ce qui sort de mes mains me déçoit. Ce que je tentais d’atteindre se trouve ailleurs et reste «&amp;nbsp;intouché ». Mieux taire (…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armand Dupuy, entretien avec Mathieu Brosseau, &lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?article5523&quot;&gt;remue.net&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vaches fabriquent du paysage lents dans leurs bouches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armand Dupuy - Mieux taire &lt;br /&gt;(éd. Æncrage &amp;amp; Co, p 31)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’animalité comme puissance de contact, ce qui touche la terre au plus près.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mathieu Brosseau, entretien avec Fabrice Thumerel, &lt;a href=&quot;http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=1347&quot;&gt;libr-critique&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;pouvoir être intéressé par (un écrit par exemple), le rejoindre, s'y reconnaître en partie, et pourtant attendre et chercher autre chose… quelque chose que justement l'on ne connaît pas…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je donnerais volontiers quelque chose afin de savoir pour qui furent vraiment commis ces actes dont on dit publiquement qu'ils furent accomplis&lt;/em&gt; pour la Patrie.&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Georg Christoph Lichtenberg&lt;br /&gt;le miroir de l'âme &lt;br /&gt;(éd. José Corti, p 518 - K 292, trad. Charles Le Blanc)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;23h&amp;nbsp;: décide qu'il vaut mieux aller au bar habituel plutôt que d'essayer toujours d'avancer ce qui est infinissable, et qui ni n'avancera ni ne sera fini ce soir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;17.11.12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;matinée idées sombres. sensation de seul, sans en avoir le souhait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;novembre, le mois noir en breton (Miz Du).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de la nécessité parfois de se débarrasser au plus vite de quelques pages faibles (elles sont là, comme un fait. elles constituent aussi le cours de la recherche sans doute). ce que je fais en publiant en ligne rapidement les dernières pages du journal des jours précédents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          </description>
    
    
    
      </item>
    
</channel>
</rss>